Pourquoi oppose-t-on la bonne et la mauvaise volonté ?

Que voulons-nous dire quand nous parlons de bonne et de mauvaise volonté ?
Que voulons-nous dire quand nous parlons de bonne et de mauvaise volonté ? ©Getty - Dilok Klaisataporn / EyeEm
Que voulons-nous dire quand nous parlons de bonne et de mauvaise volonté ? ©Getty - Dilok Klaisataporn / EyeEm
Que voulons-nous dire quand nous parlons de bonne et de mauvaise volonté ? ©Getty - Dilok Klaisataporn / EyeEm
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La volonté peut-elle viser le mal ?

La sagesse populaire va parfois beaucoup plus loin que la philosophie qui se croit si profonde. Le problème philosophique classique concernant le mal est celui posé par Socrate et repris par Platon : puis-je vouloir le mal ? Peut-il y avoir une volonté méchante, qui vise délibérément le mal ? Platon répond non à cette question : la volonté ne vise jamais le mal. Si elle vise quelque chose, c’est qu’elle le juge bon. Le mal alors ne serait qu’une erreur, vouloir le mal est pour l’autre, celui qui a fait mal, il a fait le mal, mais celui qui a agi voulait un bien, même son propre bien. Ainsi, Platon et les rationalistes disent que vouloir le mal est au fond toujours se tromper sur un bien. On veut toujours un bien, mais on peut se tromper : c’est une erreur et non pas une faute.

A-t-on raison de parler de bonne et de mauvaise volonté ?

La sagesse populaire va un peu plus loin : elle admet que certains êtres, et parfois nous-mêmes, voulant le mal pour le mal. Elle va même encore plus loin, et est reprise par les plus grandes traditions religieuses : elle nous parle non seulement d’une volonté qui veut le mal pour lui-même, mais elle nous parle de la bonne et de la mauvaise volonté. Voilà une expression qui doit nous surprendre : comment peut-on dire qu’il y a d'un côté des Hommes de “bonne volonté”, comme dit l’Evangile, ou même des textes laïcs du XXe siècle, comme la grande série romanesque de Jules Romains (Les Hommes de bonne volonté), et de l'autre côté des gens qui font preuve de “mauvaise volonté”. Nous disons qu’un être fait preuve de mauvaise volonté quand il nous résiste : ce n’est pas forcément méchant, c’est peut-être une résistance motivée. Mais que voulons-nous dire quand nous parlons de bonne et de mauvaise volonté ? (...)

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