Réfléchir, agir
Réfléchir, agir ©Getty - Carol Yepes
Réfléchir, agir ©Getty - Carol Yepes
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D'où nous vient cette douleur de la réflexion, cette difficulté que nous avons à réfléchir ?

Nous nous faisons de la pensée et de la réflexion une image ambivalente. Bien sûr, d'un côté, nous savons qu'une action irréfléchie, une action à laquelle nous n'avons pas pensé n'est pas véritablement une action, c'est-à-dire que ce n'est pas notre action : nous ne sommes pas capables de la justifier en amont ou de l'assumer par après. Ainsi, la réflexion fait partie de la constitution même de notre vie, de notre histoire, de la capacité de nous situer. C'est aussi ce que Paul Ricoeur attribue au pouvoir du récit : réfléchir, c'est pouvoir raconter, imputer une action à un sujet dans un temps et avec des effets, et aussi, avec la capacité d'infléchir son histoire.

La réflexion nous paraît pénible : nous aspirons à des actions réflexes

Il y a eu des philosophies de la liberté antiréflexives - ce ne sont jamais les plus profondes, et même celles qui ont l'air d'être antiréflexives ont souvent repris la réflexion en eux-mêmes. Bergson à qui on a imputé à tort cette critique de la réflexion disait lui-même que son intuition était réflexion. Mais plus profondément, d'où nous vient cette douleur de la réflexion, cette difficulté que nous avons à réfléchir ? Elle nous montre que la pensée fait partie de la vie et nous oblige à en sortir pour mieux vivre (...).

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