Le futur existe-t-il autant que le passé ?

Trendy look sur fond fluo
Trendy look sur fond fluo ©Getty - Cristina Annibali / EyeEm
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Se pourrait-il qu’à rebours de nos perceptions et de ce qu’indique notre mémoire, le futur existe autant que le passé ?

Des physiciens ont proposé une lecture de la théorie de la relativité qui va précisément dans ce sens. Publiée par Einstein en 1905, cette nouvelle conception des relations mutuelles de l’espace et du temps banalise la notion d’événement : aux yeux de son formalisme, tout est événement. Plus précisément, les seuls éléments de réalité qui existent selon elle ne sont pas des choses, des objets matériels par exemple, mais des événements dans l’espace-temps, chacun étant représenté par un simple point, repéré grâce à quatre coordonnées, trois d’espace et une de temps : mon ordinateur posé sur cette table à 16h54 est un événement ; mon ordinateur au même endroit une seconde plus tard est encore un événement. L’événement devient en somme la norme, la platitude relativiste par excellence. Après qu’il a eu lieu, il continue d’exister dans l’espace-temps, à la même place, et rien, absolument rien, ne peut l’effacer ou le défaire.

La thèse de "l’univers-bloc"

S’appuyant sur cet enseignement de la théorie de la relativité, des théoriciens ont développé une thèse, dite de "l’univers-bloc " qui invite à considérer l’espace-temps comme une structure intégralement déployée, au sein de laquelle tous les événements, qu’ils soient passés, présents ou futurs, coexistent. Ils y ont exactement la même réalité, de la même manière que les différentes villes de France coexistent en même temps dans l’espace, tout en étant situés en des lieux différents : tandis que je suis à Paris, Brest, Lyon, Lille, Strasbourg Marseille et Chamonix existent tout autant que la capitale, la seule différence entre ces sept villes étant que Paris et seulement elle accueille ma présence, du moins à l’instant présent.

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De la même façon, selon la conception de l’univers-bloc qui étend à l’espace-temps ce qui vient d'être dit sur l’espace, tout ce qui a existé dans le passé existe encore au sein de l’espace-temps, et tout ce qui va exister dans le futur y existe déjà aussi (en somme, on pourrait dire que "le futur existe déjà dans l’avenir". Les événements dits "présents" sont comme les autres, à ceci près qu’ils sont ceux qui se trouvent se produire là où nous sommes nous aussi présents dans l’espace-temps. Le présent ne serait en somme rien d’autre que le lieu de notre présence mobile. Quant à l’espace-temps, il contiendrait l’intégralité de l’histoire de la réalité, chaque événement passé, présent ou futur y occupant depuis la nuit des temps une place bien déterminée. C’est un peu comme pour la pellicule d’un film de cinéma : celle-ci existe sous forme statique, elle contient "en même temps et sans cesse" toutes les images du film, elle n’a pas de temporalité propre, mais dès qu’on la projette sur un écran, elle en acquiert une, par le défilement successif des images.

En somme, les événements passés et futurs seraient "là" eux aussi, mais "installés" ailleurs qu’à l’endroit où nous sommes présents dans l’espace-temps. Finalement, la seule différence entre le moment présent et les autres moments du temps tiendrait en ce qu’il accueille notre présence, alors que le passé et le futur, soit ne l’accueille plus, soit ne l’accueille pas encore… (...)

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