Satire de Londres British caricature illustrations cartoon BD : cartes à jouer les hommes préhistoriques
Satire de Londres British caricature illustrations cartoon BD : cartes à jouer les hommes préhistoriques ©Getty - Ilbusca
Satire de Londres British caricature illustrations cartoon BD : cartes à jouer les hommes préhistoriques ©Getty - Ilbusca
Satire de Londres British caricature illustrations cartoon BD : cartes à jouer les hommes préhistoriques ©Getty - Ilbusca
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Nos ancêtres préhistoriques, Homo erectus, homme de Néandertal ou encore Homo sapiens, n’étaient pas si différents de nous autres humains du XXIe siècle, car, eux aussi tombaient malades. Quelles traces ont bien pu laisser leurs maladies ?

On imagine alors un pauvre néandertalien en train de tousser au fond de sa caverne. Plus proche de nous, un Égyptien se plaint de douleurs articulaires. Il faut dire que construire des pyramides, ça use son bonhomme. Mais comment savoir scientifiquement de quoi souffraient nos lointains ancêtres ?

Comment faire pour retrouver des traces de maladies vieilles de plusieurs millénaires ?

Une science relativement récente tente de répondre à cette question : la paléopathologie. Elle se situe à l’interface entre la médecine, la paléoanthropologie et l’ archéologie. En histoire des sciences, on date le début de la paléopathologie à 1774 avec un naturaliste allemand nommé Eugen Johann Christoph Esper qui étudie les restes fossiles d’un ours des cavernes. Il remarque une excroissance sur le fémur de l’ours : il l’interprète comme la conséquence d’une tumeur et publie son interprétation. On saura, un peu plus tard, qu’il s’agissait de la trace d’une fracture cicatrisée. Il avait fait une erreur de diagnostic. Peu importe, la paléopathologie venait de naître grâce à un vieil ours préhistorique !

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La paléopathologie repose sur des approches très sérieuses qui s’appuient aujourd’hui sur des techniques de pointe. Les premières sont empruntées au domaine médical : radiographie, mais aussi scanner, IRM, endoscopie, prélèvements d’ADN. La microscopie optique comme électronique qui permet de voir les bactéries, les œufs de parasites ou les kystes. Les analyses chimiques ne sont pas en reste pour détecter les empoisonnements (volontaires ou non), notamment au plomb et à l’arsenic. N’oublions pas que les teneurs en strontium, zinc, calcium, baryum ouvrent une fenêtre sur le type d’alimentation du sujet. On s’oriente plus finement vers la paléo-nutrition avec les analyses des isotopes du carbone et de l’azote qui nous disent si l’on était plutôt steak ou salade, carnivore ou herbivore et dans quelle proportion.

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Où en retrouver des traces ?

Le squelette étant la partie minéralisée du corps, c’est elle qui se dégrade le plus lentement, et le squelette – dont les dents, riches en informations - est la plus prometteuse des pistes à suivre. Toutefois, il faut garder à l’esprit que la paléopathologie ne donne pas accès à l’ensemble du pathos d’une population passée, mais avant tout aux pathologies qui laissent des traces sur le squelette. Lesquelles sont-elles ?

Les pathologies les plus accessibles sont les traumatismes squelettiques comme les fractures ou les déformations osseuses. D’autres types de traces minéralisées – et donc conservées car fossilisables – concernent les tumeurs osseuses ou les calculs rénaux et vésiculaires. Arthrose et arthrite sont des altérations articulaires particulièrement voyantes. La première est d’origine dégénérative, liée à une usure de l’articulation. La seconde est inflammatoire, et donc pathologique. Mais sur un squelette, faire la distinction entre ces deux altérations est quasiment impossible.

Certaines carences laissent également des traces, comme la carence en vitamine D ou encore les infections comme les caries, les abcès péri-dentaires, également bien imprimées dans les mandibules ou sur la mâchoire, et la tuberculose ou l’ostéomyélite, qui peut être d’origine syphilitique, laissent aussi des traces pérennes pouvant aller jusqu’à la nécrose osseuse.

D’ailleurs, la tuberculose a laissé sa trace sur le crâne d’un Homo erectus vieux de 500 000 ans. Ce jeune homme, trouvé dans l’ouest de la Turquie, présentait, à l’intérieur du crâne, près de son orbite gauche, de petites lésions osseuses millimétriques. Cette découverte a fait du bruit et a défrayé la chronique en 2007, car on croyait préalablement la tuberculose typique d’Homo sapiens. Elle est en réalité bien plus ancienne ! Il demeure que le plus célèbre ancien tuberculeux est le pharaon Ramsès II. Le squelette de la momie montre de nombreuses traces de la forme extra-pulmonaire de la tuberculose appelée tuberculose osseuse et articulaire.

La paléopathologie contribue à ouvrir des portes vers la connaissance de nos ancêtres, relativement proches comme ce brave Ramsès II, ou franchement lointains comme ce jeune turc. Cette science participe au puzzle qui nous permet de reconstituer leurs modes de vie : étaient-ils souvent blessés, mangeaient-ils à leur faim, mourraient-ils jeunes et de quoi ? Finalement étaient-ils si différents de nous ?

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