Transportons-nous à la fin de l'ère primaire

Dimetrodon incisivus, Permien inférieur, chromolithographie, publié en 1900.
Dimetrodon incisivus, Permien inférieur, chromolithographie, publié en 1900. ©Getty - ZU_09
Dimetrodon incisivus, Permien inférieur, chromolithographie, publié en 1900. ©Getty - ZU_09
Dimetrodon incisivus, Permien inférieur, chromolithographie, publié en 1900. ©Getty - ZU_09
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Nous savons que la Terre a une histoire et qu’elle n’a pas toujours eu la même tête, ni accueilli la même biosphère, mais vous êtes-vous déjà demandé s’il faisait bon vivre à la fin du Primaire ?

On appelle "Permien" la dernière époque de l’ère primaire. Le Permien court de - 299 millions d'années à - 252 millions d'années, soit sur une durée de 47 millions d’années. Ce qu’il y a de remarquable avec cette période, c’est que toutes les terres émergées étaient réunies en un seul continent, la Pangée qui formait un continent ininterrompu d’un pôle à l’autre. Par conséquent, l’océan était, lui aussi, global et on l’a nommé Panthalassa. Cela simplifie la géographie, à vrai dire. On a du mal à imaginer de telles distances terrestres. Si le Transsibérien met aujourd’hui une semaine pour parcourir les 9 000 km qui séparent Moscou de Vladivostok, il aurait mis presque un mois pour traverser la Pangée.

Qu’est-ce qui vivait dans cette géographie permienne ?

Difficile pour nous d’imaginer un monde sans oiseaux ni mammifères. Il n’y avait même pas de dinosaures. Pas de tortues, pas de lézards au sens où on les connaît aujourd’hui. Pas de fleurs, pas d’herbe, pas de papillons, ni abeilles, ni guêpes, ni fourmis. Pas de mouches ni moustiques non plus.

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Côté flore, on y trouvait les fougères, les prèles (de nos zones humides). Et les lycopodes (aujourd’hui de minuscules plantes) étaient des géants qui prospéraient. Côté faune terrestre, les animaux visibles dans le paysage étaient des insectes géants, des amphibiens géants et de gros animaux qui ne ressemblent pas aux animaux d’aujourd’hui. À titre d’exemple, citons le Dimétrodon, vedette de l’époque connue pour sa voilure dorsale. Ce carnivore est le premier prédateur de son époque. Enfin, côté mer, le Permien fut l’ère de requins géants mesurant entre 1,5 et 8 mètres de long, probablement croqueurs d’ammonites avec leur mâchoire en forme de scie circulaire comme chez Helicoprion.

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Quel climat ?

Qui dit masse continentale dit grandes amplitudes thermiques. Le climat est chaud et sec en milieu de continent, mais avec une période de pluies transitoires provoquant des inondations. Au cœur de la Pangée, on a pu calculer que dans une seule journée, la température pouvait passer de 0 °C à 40 °C. De fait, au cours du Permien, le climat a pas mal changé.

Au Permien inférieur, une calotte glaciaire s’étend encore largement. Cependant, la température moyenne globale reste supérieure à celle d’aujourd’hui. Les forêts s’étendent près des littoraux. Au centre de la Pangée se trouvent des déserts et des plaines sèches.

Au Permien moyen, un réchauffement climatique global fait fondre la calotte et le niveau marin monte. Des forêts de fougères arborescentes et de conifères prospèrent. Autour du supercontinent se forment de vastes récifs coralliens.

À la fin du Permien, les eaux marines deviennent plus chaudes. Une intense activité volcanique australienne aurait rejeté des masses considérables de CO2 dans l’atmosphère. Mais ce n’est pas encore l’heure des cataclysmes.

Au Permien terminal, 400 000 ans plus tard, les éruptions massives de Sibérie déversent des quantités spectaculaires de lave qui équivalent à 8 400 mètres sur la surface de la France. C’est le plus grand événement volcanique de l’ère primaire. Ses effets ont conduit à l’extinction de 96% des espèces marines et de 70 % des espèces terrestres. C'est la plus importante de toutes les extinctions de masse qu’a connu la biosphère. C’est ainsi qu’on peut dire que suite à cet événement, le monde Permien a bel et bien disparu.

Qu’est-ce qui était le plus surprenant au Permien ?

La rotation de la Terre sur elle-même ralentit au fur et à mesure. Effectivement, c’est chaque année de l’ordre du cent millième de seconde, ce qui fait que c’est totalement insensible pour nous depuis des millénaires… Mais rapporté à des millions d’années, ça finit par compter. Au Permien, la Terre tournait donc un peu plus vite qu’aujourd’hui sur elle-même. Conséquence de cela : une journée du début du Permien ne dure que 22 heures. Cela signifie qu’il faut plus de journées pour que la Terre termine son périple autour du Soleil. Les années du Permien duraient de ce fait 400 jours, et non 365.

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