Emmanuel Macron en visite à Kiev ©AFP - LUDOVIC MARIN
Emmanuel Macron en visite à Kiev ©AFP - LUDOVIC MARIN
Emmanuel Macron en visite à Kiev ©AFP - LUDOVIC MARIN
Publicité
Résumé

Jeudi, Emmanuel Macron s’est déplacé pour la première fois en Ukraine depuis le début de la guerre. Accompagné de plusieurs dirigeants européens, il a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky. C'était la semaine du bac de philo et de français, un rite de passage propre à la France ?

avec :

Marc Bassets (Correspondant d'El Pais à Paris), Britta Sandberg (Cheffe du bureau à Paris de l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel"), Thomaïs Papaïoannou (journaliste grecque résidant en France, correspondante de la Télévision publique grecque, l'ERT).

En savoir plus

Accompagné par le chancelier Allemand Olaf Scholz et le Président du Conseil italien Mario Draghi, Emmanuel Macron s’est rendu jeudi à Kiev, alors que l'Union européenne doit décider la semaine prochaine si elle accorde à l'Ukraine le statut officiel de candidat. Lors de leur visite, les dirigeants européens ont soutenu cette candidature, une position confirmée par la Commission européenne hier. "L’Europe a su choisir son camp", a déclaré Emmanuel Macron. "Le message le plus important est que l’Italie veut l’Ukraine dans l’UE", a ajouté Mario Draghi. L’Allemagne espère une "décision positive", a conclu Olaf Scholz. Quel sens avait ce voyage ? L’Europe avance-t-elle désormais unie ou désunie sur la question russo-ukrainienne ?

Avec Marc Bassets, correspondant d'El Pais à Paris, Thomaïs Papaïoannou correspondante de la Télévision publique grecque, l'ERT et Britta Sandberg, cheffe du bureau à Paris de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Publicité

Britta Sandberg, "c'est un voyage très fort ce déplacement de trois membres fondateurs de l'Union de l'Europe. Ils représentent 210 millions des habitants de l'Europe, on peut dire que c'est un peu tard, c'est ce que les allemands ont reproché au chancelier.C'était la bonne manière de faire ce voyage, y aller à trois voire à quatre, c'est fort, mais ce n'est qu'un premier pas."

Marc Bassets, "L'Europe occidentale a marqué un geste important, c'est une image forte de soutien à l'Ukraine et un message d'unité. C'est arrivé tardivement, tout le monde est déjà allé en Ukraine, même Pedro Sanchez qui ne marque pas un rôle important dans la guerre y est allé il y a deux semaines."

Thomaïs Papaïoannou, "C'est une photo d'unité très joli, mais honnêtement ça veut dire 10 ans de processus pour entrer dans l'Union Européenne. C'est pour le moment la demande qui est acceptée pour être étudiée pas la suite, pendant que les Etats-Unis renvoient encore des fonds pour aider l'Ukraine. On envoie un message de bonheur mais derrière il y a un malheur."

523 199 lycéens ont planché mercredi dès 8h du matin sur les trois sujets du bac philo, et quelque 540 000 ont travaillé jeudi en pleine canicule sur les épreuves du bac français. Un bac passé dans des conditions climatiques extrêmes, et qui suscite toujours autant d’attente que d’appréhension, et beaucoup de remue-méninges, avec moult évocations dans les journaux télévisés, des corrigés dans les médias et des personnalités invitées à livrer leurs réflexions en quelques secondes devant un micro. Est-ce que cette agitation autour du bac est une spécificité française ?

Thomaïs Papaïoannou, " En Grèce il y  la même passion pour le bac qu'en France. La note compte pour entrer à l'université, les parents grecs sont obsédés par l'obtention du bac de leurs enfants, ils sont inquiets en attendant les notes, c'est une hystérie collective tout l'été en Grèce."

En Espagne c'est différent explique Marc Bassets, "chez nous cela s'appelle la selectividad, mais ce n'est pas comme en France où c'est vraiment un rite de passage à l'âge adulte, à l'art de la connaissance et de l'argumentation. L'art de la dissertation en France est primordial, cela formate la manière des jeunes d'exposer des arguments."

En Allemagne c'est beaucoup moins formaté, Britta Sadnberg, "c'est beaucoup plus libre, c'est différents dans les différentes écoles, c'est plus varié sur les thématiques, et dans notre système fédéral cela change d'une région à une autre. Mais la liberté est beaucoup plus grande qu'en France. On apprend aux élèves à apprendre à travailler en groupe pour être capable de tenir des exposés, c'est un système moins formaté qu'en France."

Pour aller plus loin :

Emmanuel Macron en visite de rattrapage à Kiev, Le Monde

À Kiev, Macron et les Européens affichent leur solidarité avec l'Ukraine, France 24

Bac 2022 : des correcteurs affirment que certaines notes ont été augmentées sans leur accord, France Info

Références

L'équipe

Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Production
June Loper
Réalisation
Roxane Poulain
Collaboration
Stéphanie Villeneuve
Production déléguée