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Il y a manifestement un problème de violence, à l'UMP. A gauche, on trouve les « chiraquiens » qui, quand ils n'adressent pas des fleurs à Ségolène Royal, se passionnent pour les listings et envoient au front la Ministre de la Défense en personne... A droite, on trouve les « sarkozystes », qui soutiennent, avec des sifflets, le chef de la police, et qui dénoncent « l'arrogance », « l'indécision » et la « démagogie » de leurs adversaires. Bien sûr, on est en politique et on s'y bat avec des gants, mais la violence est là. C'est une lutte à mort, où l'UMP « canal historique » s'est retrouvée, malgré elle, en situation de dissidence, et réduite, pour l'heure, à la stratégie du poil à gratter. Les temps ont changé depuis 2002, et Chirac contre Sarkozy aujourd'hui, c'est David contre Goliath ; autant dire que ça n'est gagné pour personne. Pourtant, de l'issue d'un tel combat dépendent beaucoup de choses, à commencer par la façon dont la droite va se débarrasser du gaullisme ; qu'on aille à Colombey le 9 novembre, ou qu'on laisse « De Gaulle tranquille », qu'on mette le gaullisme dans un Musée, ou qu'on le range aux oubliettes, les méthodes diffèrent, les motifs également, mais le résultat est le même : quel que soit le nom du fossoyeur, De Gaulle est mort pour la deuxième fois (signe des temps : la légende raconte que le Général payait lui-même ses propres timbres, or une certaine droite, de nos jours, s'accorde à vouloir vendre la poste). Qui plus est, on assiste, en ce moment, à l'épisode supplémentaire d'un combat vieux comme la démocratie entre bonapartistes et orléanistes, ou entre républicains et démocrates, un match dont l'enjeu est aussi de savoir si la droite veut changer de république, si le libéralisme va l'emporter sur le patriotisme économique, et si un certain atlantisme va corriger une « neutralité » souvent hostile aux Etats-Unis mais plus compréhensive (ou moins exigeante) avec les dictatures russe et chinoise. Autrement dit, malgré les apparences, cette guéguerre civile entre les dinosaures du RPR et les jeunes loups d'un libéralisme sans chichi est extrêmement importante. Ancien ministre de l'industrie, puis délégué aux libertés locales, député UMP de la 13è circonscription des Hauts-de-Seine, anticommuniste fervent, guéri de la tentation du fascisme par Raymond Aron lui-même, et ancien avocat de Jacques Chirac pendant près de vingt ans (avant de devenir son procureur), Patrick Devedjian est aux premières loges de ce combat, aux cotés de Nicolas Sarkozy, avec la double casquette d'idéologue libéral et de franc-tireur inspiré. Raphaël Enthoven

Références

L'équipe

Dominique Rousset
Dominique Rousset
Dominique Briffaut
Réalisation
Laurence Jennepin
Collaboration