Accueil des Ukrainiens en France : "Planter un arbre c'est facile, l'arroser c'est plus compliqué"

A Saint-Gilles-Croix-de-Vie, 85 réfugiés ukrainiens ont été accueillis chez l'habitant. Depuis deux mois, la Famille Blanchet est passée de 5 à 8.
A Saint-Gilles-Croix-de-Vie, 85 réfugiés ukrainiens ont été accueillis chez l'habitant. Depuis deux mois, la Famille Blanchet est passée de 5 à 8. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
A Saint-Gilles-Croix-de-Vie, 85 réfugiés ukrainiens ont été accueillis chez l'habitant. Depuis deux mois, la Famille Blanchet est passée de 5 à 8. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
A Saint-Gilles-Croix-de-Vie, 85 réfugiés ukrainiens ont été accueillis chez l'habitant. Depuis deux mois, la Famille Blanchet est passée de 5 à 8. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
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70 000 réfugiés ukrainiens ont été accueillis en France dans des centres d’hébergement mais aussi chez des particuliers. Les habitants de St Gilles Croix de Vie ont été parmi les premiers à répondre présents. Deux mois après, cette solution provisoire a pris des allures de cohabitation à long terme.

Selon les chiffres de l'ONU, près de 5 millions et demi de réfugiés ukrainiens, dont 2 millions et demi d'enfants, ont fui leur pays. La France fait partie des pays qui les accueille, mais moins que l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne. Depuis le début du conflit, l'office français de l'immigration a recensé fin avril 70 000 Ukrainiens qui ont demandé l'allocation pour demandeurs d'asile. La plupart de ces personnes ont été accueillies dans l'urgence dans des centres d'hébergement mais également par des citoyens français.

Saint Gilles Croix de Vie, en Vendée, a été l'une des premières communes à accueillir ces réfugiés, dès le 6 mars. Aujourd'hui, 85 personnes, principalement des femmes et des enfants, sont hébergées chez l'habitant. Elles sont venues en bus via l'association culturelle et humanitaire Les Joyeux Petits Souliers d'Ukraine, une association culturelle et solidaire qui depuis les années 1990 aide la ville de Lviv, à l'ouest de l'Ukraine.

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Depuis les années 1990, notre association aide l'école de danse folklorique de Lviv mais aussi les orphelinats, les hôpitaux et les maisons de retraite alors quand la guerre en Ukraine a commencé, nous avions tout le dispositif pour envoyer des produits de premiere nécessité, faire venir les réfugiés et les accueillir ici puisque nous avions tout un réseau de famille d'accueil qui l'avait fait pour des séjours courts et festifs. François Blanchet, président de l'association Les joyeux petits souliers d'Ukraine et maire de Saint Gilles Croix de Vie

Dans la famille Blanchet, le grand frère a laissé sa chambre à Marta, 29 ans, ses deux enfants et sa tante. Il se réjouit de pouvoir découvrir une autre langue, une autre culture et d'avoir un nouveau partenaire de jeu.

"Ce que nous avons vraiment aimé c'est découvrir la pâques Ukrainienne. Nous avons décoré des oeufs pas cuits!" Louis et Léon, 11 et 9 ans.
"Ce que nous avons vraiment aimé c'est découvrir la pâques Ukrainienne. Nous avons décoré des oeufs pas cuits!" Louis et Léon, 11 et 9 ans.
© Radio France - Cécile de Kervasdoué

Les enfants jouent au foot ou à "faire les idiots" et les parents se partagent les tâches ménagères car il y a plus de linge, plus de courses et aussi plus de bruit.

Emotionnellement, c'est aussi compliqué parce qu'on absorbe leur inquiétude et leur tristesse. Mais nous avons de la chance pour l'instant, il n'y a pas de deuil. Anne Sophie Blanchet, autrice compositrice et interprète, accueille la famille de Marta.

Anne Sophie Blanchet se réjouit des échanges entre sa fille Charlotte et le petit Ostap 5 ans.
Anne Sophie Blanchet se réjouit des échanges entre sa fille Charlotte et le petit Ostap 5 ans.
© Radio France - Cécile de Kervasdoué

En France, les familles d'accueil ne reçoivent pas d'aide publique. Ce sont les réfugiés ukrainiens qui touchent 6 euros 80 par jour et par adulte. Mais, deux mois après leur arrivée, l'argent n'est toujours pas versé. Ils comptent alors sur les collectes de solidarité pour les produits de première nécessité. Deux fois par semaine à St Gilles Croix de Vie, les femmes ukrainiennes se rendent au centre communal pour récupérer ce dont elles ont besoin : des couches, des vêtements et chaussures d'été et aussi des crayons et des cahiers car leurs enfants sont aujourd'hui presque tous scolarisés.

L'étape suivante sera donc pour elle de trouver un travail.

L'équipe