Le voilier Iris, de l'entreprise d'océanographie Blue Observer, dans la rade de Brest
Le voilier Iris, de l'entreprise d'océanographie Blue Observer, dans la rade de Brest
Le voilier Iris, de l'entreprise d'océanographie Blue Observer, dans la rade de Brest ©Radio France - Mathilde Cariou
Le voilier Iris, de l'entreprise d'océanographie Blue Observer, dans la rade de Brest ©Radio France - Mathilde Cariou
Le voilier Iris, de l'entreprise d'océanographie Blue Observer, dans la rade de Brest ©Radio France - Mathilde Cariou
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Résumé

La première mission de l'entreprise d'océanographie Blue Observer est partie dimanche du port de Brest. Une expédition de trois mois à la voile dans l'Atlantique, avec un objectif : collecter des données précises sur l'évolution du climat.

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"Iris" : c'est le nom qu'a choisi Éric Defert, skipper et co-fondateur de la société Blue Observer, pour désigner ce voilier racheté au célèbre navigateur Jean-Luc Van Den Heede. Iris, comme la messagère des Dieux dans la mythologie grecque : "Je trouvais joli de donner ce nom au bateau, dans l'idée d'aller observer, étudier, recueillir et ramener de l'information"

L'Iris à quai, quelques heures avant le départ
L'Iris à quai, quelques heures avant le départ
© Radio France - Mathilde Cariou

ARGO, le "thermomètre du climat"

Sous la coordination d'OceanOPS, l'organisme de surveillance du système mondial d'observation de l'océan, le voilier a embarqué à son bord plusieurs dizaines de flotteurs ARGO. Disposés dans l'océan Atlantique, ces petits robots vont plonger, dériver, puis remonter à la surface et transmettre, via satellite, des données sur la température et la salinité de l'eau. 

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"ARGO, c'est le thermomètre du climat" souligne Mathieu Belbéoch, directeur d'Ocean OPS. "Si vous voulez savoir si nous aurons un hiver rude, ou une canicule l'été prochain, il faut aller voir dans l'océan". Le travail de relevé via ces flotteurs est "essentiel, en ce sens qu'il permet de nourrir les modèle et les analyses climatiques", et participe notamment à l'élaboration de rapports comme celui du GIEC. 4 000 flotteurs ARGO sont actuellement en place dans l'océan Atlantique, et la mission Blue Observer prévoit d'en poser 100 supplémentaires. 

Un laboratoire embarqué 

Eloïse Le Bras relèvera des échantillons de micro-organisme marins dans son laboratoire embarqué à bord de l'Iris
Eloïse Le Bras relèvera des échantillons de micro-organisme marins dans son laboratoire embarqué à bord de l'Iris
© Radio France - Mathilde Cariou

L'autre mission de Blue Observer consiste en des prélèvements aérosols et marins, qui permettent d'étudier les micro-organismes présents dans l'océan. "Seule une infime partie de la biodiversité des micro-organismes marins sont connus", déplore Éloïse Le Bras, chercheuse en biologie marine. "Parmi tous ces inconnus, il y a des centaines voire des milliers de molécules qui pourraient être utiles en pharmacologie, en nutraceutique ou même en cosmétique." Tout au long de l'expédition, elle procédera donc à la récolte de micro-organismes à l'aide de pompes et à leur mise en culture jusqu'au retour de la mission prévu pour janvier 2022. Ces molécules seront ensuite étudiées par les biologiste des universités de Laval et Clermont-Ferrand. 

Une expédition décarbonée 

Enfin, à objectif écologique, moyens écologiques : Blue Observer est une société qui entend "contribuer à la compréhension et à la protection des océans", selon ses statuts, "ainsi qu'au développement d'une croissance bleue respectueuse et durable". Dans cette optique, le voilier a été entièrement rénové depuis le mois d'avril 2021, et équipé d'une propulsion à hydrogène miniaturisée. Par ailleurs, et dans la mesure du possible, l'équipage entend mener son expédition à la voile afin d'en minimiser l'empreinte carbone. 

à la voile, l'équipage de l'Iris va d'abord rejoindre les Etats-Unis, avant de se diriger vers l'île de Saint-Hélène
à la voile, l'équipage de l'Iris va d'abord rejoindre les Etats-Unis, avant de se diriger vers l'île de Saint-Hélène
© Radio France - Mathilde Cariou