Pauline et Guillaume ont traversé la crise covid avec leurs deux enfants qui ont 2 et 4 ans.
Pauline et Guillaume ont traversé la crise covid avec leurs deux enfants qui ont 2 et 4 ans. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
Pauline et Guillaume ont traversé la crise covid avec leurs deux enfants qui ont 2 et 4 ans. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
Pauline et Guillaume ont traversé la crise covid avec leurs deux enfants qui ont 2 et 4 ans. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
Publicité

Deux ans après le premier confinement et alors que le protocole sanitaire s'allège, c'est l'heure des bilans. Dans les familles, même quand il n'y a pas eu trop de heurts, la crise du Covid a pourtant laissé des cicatrices. Moments partagés dans une famille de Franciliens.

"C'est le confinement de trop, le vaccin de trop, le rappel de trop, la privation de liberté de trop !" Les mots de Guillaume, 42 ans, sont forts derrière le sourire avenant. Il a eu un Covid long, avec des symptômes troublants. Pauline, sa femme, a également eu le Covid, ainsi que leurs deux enfants. Durant ces deux années, le couple confie qu'ils ont d'abord jonglé avec leur travail et leurs enfants en bas âge et qu'ensuite, progressivement, ils se sont imposés un équilibre entre télétravail et moments familiaux. Quitte parfois à se mettre en arrêt-maladie, en accord avec leur employeur pour pouvoir gérer une situation sans cesse fluctuante.

Mais il y a un moment où l'usure s'installe, où on a envie de collectif, de rassemblement de joie et où l'on sent que l'on est malgré tout dans le désenchantement. Pauline

Publicité

Ce désenchantement ne se partage pas avec les relations sociales ou amicales mais reste présent chez les adultes et bien sûr chez les enfants ; surtout lorsqu'ils sont très jeunes. Aucune étude quantitative ne le mesure, mais les psychologues cliniciens et les professionnels de la petite enfance le répètent en s'appuyant sur leur pratique quotidienne : la pandémie a des effets délétères sur le tout petit enfant qu'il ne faut pas banaliser

Pour les tout petits enfants, la crise Covid a un impact désastreux parce qu'ils sont bouleversés pour eux-mêmes mais aussi pour leur entourage. Elle a créé des troubles de l'attachement avec des enfants qui ne veulent plus quitter leurs parents et à l'inverse d'autres qui vont sans réfléchir et sans retenue vers des étrangers. Elle a aussi engendré, via le port du masque notamment, des troubles d'apprentissage du langage dont nous verrons les effets dans 4 ou 5 ans lorsque ces enfants rentreront en primaire. Hélène Romano, docteure en psychopathologie

Depuis le mois de mars 2020, l' Institut National d'Etudes Démographiques mesure l'impact de la crise santitaire sur un échantillon représentatif de la population française. Cette étude dite Coconel, pour enquête longitudinale sur le Covid et le confinement, rend compte du ressenti et du comportement des Français face à la pandémie. Les conclusions régulières sur chacune des vagues répètent que les femmes ont vu les inégalités se creuser à leur détriment, en terme de salaires de carrière et même d'installation dans les foyers pour télétravailler ; que la crise a creusé les inégalités sociales, notamment en ce qui concerne le logement et que les enfants et les jeunes payent aujourd'hui le plus lourd tribut de cette pandémie, avec des conséquences éducatives, psychologiques et financières qui risquent de les affecter durablement.

Ce tableau sombre pousse aussi certains citoyens à s'engager, notamment en politique, comme en témoigne Pauline et Guillaume.

Avant, nous étions pris par le travail mais cette crise nous a poussé à réfléchir. Moi, je n'ai pas envie que mes filles me demandent dans vingt ans : "Et toi papa, qu'est-ce que tu as fait pour lutter contre les pandémie et le réchauffement climatique ?" Alors oui, je suis aujourd'hui un citoyen plus responsable et plus engagé qu'hier. Guillaume, père de deux filles

L'équipe