Yves Debien, éleveur de porcs à Sèvres-Anxaumont près de Poitiers, a installé des sprinklers pour rafraîchir ses cochons ©Radio France - Olivier Vogel
Yves Debien, éleveur de porcs à Sèvres-Anxaumont près de Poitiers, a installé des sprinklers pour rafraîchir ses cochons ©Radio France - Olivier Vogel
Yves Debien, éleveur de porcs à Sèvres-Anxaumont près de Poitiers, a installé des sprinklers pour rafraîchir ses cochons ©Radio France - Olivier Vogel
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Résumé

Depuis la canicule de 2003, les éleveurs sont contraints d'adapter leurs bâtiments aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes. Car au delà de 25 degrés, les volailles, les porcs ou les bovins souffrent particulièrement.

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Le thermomètre flirte avec les 41 degrés à l'ombre dans la cour de la ferme des Petits Partenais, à Archigny dans la Vienne. Pour fuir la chaleur et le soleil, les poulets et les pintades se sont réfugiées dans leurs cabanes isolées. Graziella Bussereau, l'éleveuse, y fait circuler l'air en ouvrant les portes. "Quand il fait chaud on ouvre les cabanes au maximum", explique-t-elle, "parce qu'elles sont quand même bien isolées, on ouvre les fenêtres et toutes les portes pour que l'air circule. Le matin et la soir, elles sont dehors à picorer et la journée, elles sont toujours dans leurs cabanes". Il faut aussi veiller à ce que les volailles aient toujours de l'eau fraîche, les abreuvoirs sont alimentés par un système automatique qu'il faut régulièrement vérifier pour colmater les fuites éventuelles. Ces bâtiments ont été aménagés en 2018 et l'isolation thermique a été particulièrement soignée.

Les poulets de la ferme des Petits Partenais à l'abri du soleil et du coup de chaleur dans leur cabane naturellement ventilée
Les poulets de la ferme des Petits Partenais à l'abri du soleil et du coup de chaleur dans leur cabane naturellement ventilée
© Radio France - Olivier Vogel
20 min

"Les volailles et les porcs ne transpirent pas"

L'éleveuse souligne que les volailles sont particulièrement sensibles à la chaleur car "elles ne transpirent pas, elles n'arrivent pas à bien réguler leur température interne". C'est pour cette raison que quand les températures grimpent en flèche on les voit haleter le bec ouvert.

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Les porcs ont la même particularité de ne pas transpirer et souffrent beaucoup de la chaleur. A Sèvres-Anxaumont, près de Poitiers, Yves Debien, le responsable de la Baie des Champs, un élevage de porcs, a aménagé ses bâtiments il y a une vingtaine d'années déjà, pour faire face aux canicules. A l'extérieur, un système de "cooling", des grands panneaux de carton imbibés par un goutte à goutte, créent des voiles d'eau qui font entrer de l'air rafraîchi d'une dizaine de degrés à l'intérieur des porcheries. L'éleveur a en outre installé des "sprinklers", des brumisateurs qui permettent d'adoucir l'atmosphère dans les bâtiments les jours de fortes chaleurs. "C'est le confort des animaux, mais aussi le confort des humains qui travaillent à l'intérieur" souligne Yves Debien, "on parle beaucoup des animaux mais les hommes sont aussi importants".

"Une modification des mentalités"

Johann Fonteniaud est animateur de la filière bovin-lait à la chambre régionale d'agriculture de Nouvelle Aquitaine. Il explique que depuis la canicule de 2003, le monde de l'élevage a pris conscience du réchauffement climatique en adaptant les bâtiments aux vagues de chaleur. "C'est une modification des mentalités parce qu'historiquement on construisait des bâtiments pour les adapter à la période hivernale, c'est-à-dire la gestion du froid, et là on doit aussi investir et structurer des bâtiments pour gérer les pics de chaleur en période de canicule".

Johann Fonteniaud, technicien à la chambre régionale d'Agriculture de Nouvelle Aquitaine
Johann Fonteniaud, technicien à la chambre régionale d'Agriculture de Nouvelle Aquitaine
© Radio France - Olivier Vogel

"On sait maintenant que pour tout projet, tout investissement de bâtiment neuf, l'adaptation du matériel à la gestion des pics de chaleur est quelque chose de primordial", explique Johann Fonteniaud. "Il y a plus d'enjeux sur les anciens bâtiments qui n'ont pas été construits et conçus pour gérer les pics de chaleur et là il y a quand même un gros travail à faire au niveau des éleveurs". Ce sont des investissements conséquents, qui peuvent aller jusqu'à la construction de nouveaux bâtiments d'élevage. Il en va du bien-être des animaux mais aussi de la préservation des rendements : au dessus de 25 degrés, une poule pond moins d'œufs, une vache produit moins de lait et les fortes températures peuvent aussi perturber la reproduction.

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