Depuis 2014, le label "La french tech" promeut l'activité des start-ups françaises auprès notamment des investisseurs étrangers.
Depuis 2014, le label "La french tech" promeut l'activité des start-ups françaises auprès notamment des investisseurs étrangers. ©AFP - Frederic J. Brown
Depuis 2014, le label "La french tech" promeut l'activité des start-ups françaises auprès notamment des investisseurs étrangers. ©AFP - Frederic J. Brown
Depuis 2014, le label "La french tech" promeut l'activité des start-ups françaises auprès notamment des investisseurs étrangers. ©AFP - Frederic J. Brown
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Le nombre de "licornes", ces start-up valorisées à plus d'un milliard de dollars, a explosé en France cette année : 22 contre 3 en 2017. Lydia, Back Market, Alan… Toutes ont profité d'un "effet pandémie", révélateur d'une tendance de fond selon les spécialistes.

Quelques plantes vertes, de jolis néons lumineux mais aussi beaucoup de bureaux inoccupés. Nous sommes ici chez Alan, start-up fondée il y a cinq ans. Alan est une application d’assurance santé devenue en avril dernier une "licorne", c'est-à-dire une start-up non cotée en bourse mais valorisée à plus d'un milliard de dollars. C'est le résultat logique d'une levée de fonds de plus de 180 millions d’euros. Et si certaines chaises restent vides dans les locaux parisiens de l'entreprise, c’est parce que les plus de 400 salariés peuvent télétravailler librement d’où ils veulent. lls n’ont d’ailleurs ni horaire de travail, ni réunion obligatoire : un moyen de se différencier dans un marché du recrutement très tendu. Et de donner envie aux jeunes diplômés de rejoindre l'entreprise. 

Si le recrutement de jeunes talents est un véritable enjeu, c’est parce que la concurrence est féroce. Comme beaucoup de start-up qui évoluent dans le domaine du numérique, Alan a profité de la crise sanitaire. La France compte désormais une vingtaine de licornes, contre seulement trois en 2017. En un an, elle en a gagné treize : du jamais vu ! Avec les confinements à répétition, le recours aux nouvelles technologies s’est accéléré en quelques mois à peine. Il a validé le modèle économique de ces entreprises, selon le cofondateur d'Alan, Charles Gorintin : 

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Charles Gorintin, co-fondateur de Alan

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La dynamique ne profite pas seulement aux start-up de la santé. Dans l’éducation par exemple, l’entreprise Open Classrooms a également levé plusieurs dizaines de millions d’euros cette année. Cette plateforme propose des formations et des cours à distance. Des produits qui là encore se sont généralisés avec la crise sanitaire.

Charles Gorintin, le cofondateur de Alan.
Charles Gorintin, le cofondateur de Alan.
© Radio France - Damien Mestre

Mais au-delà de l'aspect conjoncturel, l'émergence des licornes est aussi révélateur d'une tendance de fond. Depuis plus de  dix ans, les réseaux d’entrepreneurs se développent, tout comme les lieux de coworking, ou les laboratoires de recherche spécialisés. Tout cela a structuré la filière selon Servane Delanoë-Gueguen, chercheuse à la Toulouse Business School. 

Mais reste selon elle à réussir la conquête de nouveaux marchés pour ces entreprises. À commencer par le marché européen, qui pourrait permettre à ces start-up de rivaliser, pour de bon, avec les géants américains.