A l'école primaire Jule Verne, à Noisy le Grand, en Seine Saint Denis, les enfants agissent contre leur "éco-anxiété" avec un poulailler.
A l'école primaire Jule Verne, à Noisy le Grand, en Seine Saint Denis, les enfants agissent contre leur "éco-anxiété" avec un poulailler. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
A l'école primaire Jule Verne, à Noisy le Grand, en Seine Saint Denis, les enfants agissent contre leur "éco-anxiété" avec un poulailler. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
A l'école primaire Jule Verne, à Noisy le Grand, en Seine Saint Denis, les enfants agissent contre leur "éco-anxiété" avec un poulailler. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
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Il y a un an, the Lancet publiait une vaste étude qui révélait qu'un jeune de 15 à 25 ans sur deux est sujet à l'éco-anxiété, cette angoisse existentielle face au changement climatique. Mais qu'en est-il des enfants ? En France, le phénomène n'est pas étudié. Pourtant, il est très présent à l'école.

L'école primaire Jules Verne de Noisy-le-Grand (93), classée en réseau d'éducation prioritaire, est située entre l'autoroute, un couloir aérien et les arènes de Picasso, deux tours massives en forme de camembert imaginées au début des années 80 par l'architecte post-moderne Manuel Nuñez Yanowsky.  Dans ce quartier dit "sensible", la nature n'a pas été privilégiée.

En 2016, les enfants du groupe scolaire Jules Verne ont donc demandé et obtenu d'élire des éco-délégués dans chaque classe. Les élus se sont ensuite réunis une fois par semaine, afin de réfléchir à des "actions climatiques". Effarés du volume de déchets, et du gaspillage alimentaire de la cantine, dont les portions produites à distance sont toutes pensées pour des enfants de 10 ans, ils ont demandé et obtenu d'installer un poulailler dans la cour de récréation.

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A l'école Jule Verne, les enfants s'occupent à tour de rôle de nettoyer le poulailler et récolter les oeufs qui, parfois, deviennent des poussins.
A l'école Jule Verne, les enfants s'occupent à tour de rôle de nettoyer le poulailler et récolter les oeufs qui, parfois, deviennent des poussins.
© Radio France - Cécile de Kervasdoué

Aujourd'hui, avec 6 poules et plusieurs oeufs par jour, le poulailler leur permet de recycler leurs déchets alimentaires tout en les initiant au cycle de la vie mais aussi à la protection du vivant. Alors, après le poulailler, ils ont accueilli un lombricomposteur, qui tourne dans les classes, et grâce au terreau produit, ils ont aménagé dans leur cour un potager qui ne cesse de grandir grâce aux efforts collectifs des élèves de primaire, de maternelle et aussi de la crèche de ce groupe scolaire.

Plus leur inquiétude grandit, plus ils ont envie d'agir. Ils ont donc écrit au maire de leur ville, ce mois-ci, pour demander davantage de poubelles jaunes dans leur quartier. Dans cet environnement très bétonné, ils souhaitent aussi créer des jardins partagés et surtout ils demandent à leurs parents d'utiliser moins de plastique, de manger moins de viande et de moins "télécharger d'applications".

Une goutte d'eau ? Certains enfants le disent : "Bien sûr, ce n'est pas grand chose par rapport à tout ce qu'il faudrait faire ; mais c'est mieux que rien". Au moins, ils se sentent mieux connectés avec la nature ou comme le dit une élève de CM2 : " La nature, ça fait du bien à l'humain. Moi, mon corps en avait besoin !"

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