Des jeunes électeurs lors de la venue de plusieurs candidats à la présidentielle le 22 février 2022 à la maison de la radio. ©Radio France - Christophe Abramowitz / RF - Rasit Aydogan / Anadolu Agency
Des jeunes électeurs lors de la venue de plusieurs candidats à la présidentielle le 22 février 2022 à la maison de la radio. ©Radio France - Christophe Abramowitz / RF - Rasit Aydogan / Anadolu Agency
Des jeunes électeurs lors de la venue de plusieurs candidats à la présidentielle le 22 février 2022 à la maison de la radio. ©Radio France - Christophe Abramowitz / RF - Rasit Aydogan / Anadolu Agency
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Résumé

Les 18-24 ans ont été 42% à s’abstenir au premier tour de la présidentielle d’après Ipsos Sopra-Steria. Et pourtant, cette génération, qu’on dit dépolitisée ou démobilisée, a ses propres moyens et ses propres médias pour s’informer.

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Elles sont lycéennes à Paris et ne votent pas encore à la présidentielle, car elles sont trop jeunes. Mais à 16-17 ans, Heloise, Lily, Louise, Jeanne et Ambre s’intéressent quand même à l’élection !

Je m'informe beaucoup avec la télé, la radio et parfois aussi, via les réseaux sociaux. Quelque part, c'est plus accessible et je trouve que parfois, c'est même plus pratique pour l'interaction entre les gens. On a l'impression d'être plus proche des autres qu'à travers la radio ou la télé.

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Toutes sont très actives sur Instagram. Les "anciens médias", télé, radio, presse, ont parfois leur place mais c’est souvent du fait des parents.

J'utilise Instagram, mais pas uniquement. J'écoute aussi beaucoup la radio et j'ai l'habitude de regarder les infos et de lire certains journaux. Je suis abonné au Monde, je regarde Le Monde diplomatique aussi de temps en temps. Mais cela me vient d'une habitude familiale, depuis que je suis petite. Mes parents regardent les infos et écoutent la radio, donc forcément, j'ai commencé aussi à le faire et c'est intéressant d'avoir plusieurs sources.

Et pour d’autres, suivre l’actualité n’est pas une priorité mais sur les réseaux sociaux, l’actu arrive souvent à vous rattraper…

Je ne m'intéresse pas énormément la politique. Chez moi, on n'a pas de télé, on n'écoute pas la radio. J'ai qu'un seul réseau social : Instagram et quand j'apprends des choses, c'est juste par hasard. Je tombe sur un post sur Instagram. Du coup, je me dis "Ah tiens, il s'est passé ça".

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Et c’est là que les médias peuvent cueillir l’intérêt de ces jeunes. Si la forme  - le ton, l’écriture - leur parlent, alors le fond - l’information - peut aussi les atteindre.

Je suis un compte sur les réseaux sociaux : Hugo décrypte. Il a publié des vidéos de 40 minutes d'interviewu avec chaque candidat, mais sous forme d'un jeu où les candidats appuient sur un bouton. Une emoji apparaît et donne le thème de la question. Et en fait, je trouve ça super parce que c'est peut-être un peu niais ces emojis, mais quand on ne connaît pas la politique, on va regarder cette vidéo par pur divertissement. Mais au final, on finit quand même par avoir un avis sur ce que la personne qui est en face de soi dit et donc oui, je trouve que ça nous a vraiment aidé, ça peut vraiment aider les jeunes à se construire un avis.

Et plusieurs médias visent cette jeune génération, l’un des plus connus, les plus cités, c’est Hugo Décrypte… Il n’a que 25 ans mais emploie une équipe de 15 journalistes de son âge, avec des contenus publiés sur Instagram, Tiktok, Twitch ou YouTube.

On est aujourd'hui un des comptes les plus suivis en France sur TikTok. Et pourtant, on parle d'actualités, on parle de la présidentielle, on parle de l'Ukraine, on parle de tous ces sujets là. Donc très clairement, je pense qu'il y a un intérêt des jeunes pour l'actualité.

Hugo Décrypte compte 1,5 millions d’abonnés sur YouTube, 2 millions sur Tiktok. Avec des formats courts ou longs : 10 des 12 candidats à la présidentielle ont été interviewés sur 40 minutes chacun mais avec une forme adaptée.

C'est la volonté de rendre accessible l'information, de faire en sorte que quelqu'un qui va voter pour la première fois, par exemple, soit en mesure d'avoir des sujets de fond qui sont abordés. Mais le tout avec une approche et un ton qui rendront tout cela accessible, clair et compréhensible.

Et pour Hugo Travers, c’est son vrai nom, la politique intéresse et mobilise toujours les jeunes mais différement…

Les formes d'engagement ont évolué et aux yeux de certains, le vote n'est pas forcément une façon efficace d'avoir un impact. C'est très discutable, forcément comme vision des choses. Mais on peut l'entendre, je pense, chez certains. L'enjeu, avec nos vidéos, c'est de faire comprendre qu'il y a une différence entre la France que veulent chacun des candidats, des différences de vision. Et ces vidéos servent aussi à les mettre en lumière et les faire comprendre.

Et en tout, les vidéos d’Hugo décrypte avec les 10 candidats à la présidentielle ont réuni 52 millions de vues !

Références

L'équipe

Maxime Tellier
Journaliste