"Devenez riches ou partez", message dénonçant la hausse des prix de l'immobilier sur la jetée du port du Rosmeur, à Douarnenez., le 8 juillet 2021. ©Maxppp - Le Télégramme
"Devenez riches ou partez", message dénonçant la hausse des prix de l'immobilier sur la jetée du port du Rosmeur, à Douarnenez., le 8 juillet 2021. ©Maxppp - Le Télégramme
"Devenez riches ou partez", message dénonçant la hausse des prix de l'immobilier sur la jetée du port du Rosmeur, à Douarnenez., le 8 juillet 2021. ©Maxppp - Le Télégramme
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Résumé

Depuis les confinements liés au Covid, l'attrait pour la Bretagne s'est accentué et il devient de plus en plus difficile de se loger pour les locaux. Tout l'été, des actions sont prévues pour alerter sur cette situation et des réflexions sont en cours pour limiter les logements momentanés.

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En Bretagne, les prix de l'accession à la propriété s'envolent, tandis que les offres de location longue durée se raréfient. Sur la route des vacances vers la région de plus en plus prisée depuis le Covid et ses confinements répétés, postés sur un pont au-dessus d'une quatre voies proche de Nantes, des membres du collectif Dispac'h ont déployé des banderoles. Ewan Thebaud, son porte-parole, explique l'opération du jour : "On sait qu'il y a beaucoup de résidents secondaires, beaucoup de touristes aussi qui viennent en Bretagne, qui vont forcément avoir besoin de se loger et qui voilà potentiellement vont utiliser des logements secondaires ou des logements courte durée gérés par AirBnB etc. Donc nous on n'est pas contre les touristes, au contraire, mais il y a une problématique du logement et il faut que les gens soient sensibilisés à ça aujourd'hui".

"Ça prive les locaux de pouvoir acheter, mais maintenant c'est carrément de louer"

Pouvoir se loger dans leur région est l'une des premières revendications de ce groupe de "jeunes indépendantiste, anticapitaliste, féministe, écologiste, et internationaliste". Depuis plusieurs années, ils tentent de se faire entendre. "On a tous été travailleurs saisonniers, on a tous galéré à se loger en Bretagne. Donc on a commencé dès 2018 en collant des affiches sur les volets fermés l'hiver un peu partout en Bretagne et ensuite on a fait des actions, un peu de happening pendant l'été. Et ça s'est accentué avec le Covid. Il y a eu un intérêt pour l'immobilier en Bretagne. Ça prive les locaux de pouvoir acheter, mais maintenant c'est carrément de louer. Et c'est plus que sur le littoral, maintenant c'est toutes les zones, rurales, urbaines, qui sont impactées". Alors le collectif interpelle les élus.

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Un manifeste pour un statut de résident en Bretagne

Certains prennent la question à bras-le-corps et réfléchissent à des solutions. Comme Nil Caouissin, élu régional affilié à l'Union démocratique bretonne, auteur d'un manifeste pour un statut de résident en Bretagne : "Le principe c'est que le droit d'acheter un logement ou un terrain à bâtir est réservé aux gens qui habitent sur place depuis un certain temps. Et ça, ça fait qu'il y a pratiquement plus d'achats de résidences secondaires parce que très peu de gens achètent une résidence secondaire là où ils vivent. Après, cela dépend du périmètre : si on en prend un très grand, on aura encore un peu de résidences secondaires. Plus on le réduit, moins il y en aura. Moi, je prône donc au niveau des intercommunalités ou des pays. Et je pense qu'avec cette règle-là, on arrivera d'abord à détendre le marché, parce que la demande de résidences secondaires c'est le fait de la partie la plus riche de la population, des gens qui peuvent acheter sans visiter, en payant cash, sans négocier, donc ça contribue vachement à l'emballement du marché. Et à plus long terme cela devrait faire baisser les résidences puisque les nouveaux acheteurs sont des gens qui vivent-là. Cela veut donc dire que l'on va recréer du logement accessible pour la population, sans avoir besoin forcément de construire".

Résidences secondaires aux volets fermés en bord de mer à Saint-Gildas-de-Rhuys, dans le Morbihan, le 17 novembre 2021.
Résidences secondaires aux volets fermés en bord de mer à Saint-Gildas-de-Rhuys, dans le Morbihan, le 17 novembre 2021.
- Francois Destoc / Le Télégramme

L'encadrement lancé par le maire de Saint-Malo

À Saint-Malo, la mairie a décidé de s'attaquer au phénomène des locations courte durée. D'abord, en demandant à tous les propriétaires de ces logements de faire une déclaration de changement d'usage. Dans l'hôtel de ville au pied des remparts, Gilles Lurton, maire Les Républicains depuis 2020, explique qu'il est allé encore plus loin l'année dernière, en instaurant des quotas. : "Quand nous sommes arrivés, nous avons considéré le nombre de logements par quartier qui avaient fait leur demande de changements d'usage. En principe, tous devait l'avoir fait. Et nous avons dit 319 logements sont loués en courte durée dans Saint-Malo intra muros. On arrête au chiffre de 319. Inutile de vous dire qu'on en a eu plus que 319 et il y en a qui n'ont pas la possibilité de louer".

Cette disposition originale est toutefois combattue par des propriétaires au tribunal administratif. Mais pour le maire, "Il fallait prendre une mesure. Sinon, c'en était fini du logement à Saint-Malo". À l'automne, le conseil régional de Bretagne doit débattre autour de la crise du logement et des outils à disposition pour y faire face.

Saint-Malo, une des villes bretonnes les plus sollicitées pour des séjours de courte durée.
Saint-Malo, une des villes bretonnes les plus sollicitées pour des séjours de courte durée.
© Radio France - Benjamin Fontaine
Références

L'équipe

Éric Chaverou
Collaboration
Mathilde Doiezie
Journaliste