Les militants de la France Insoumise rassemblés dans leur local marseillais au soir du second tour de l'élection présidentielle.
Les militants de la France Insoumise rassemblés dans leur local marseillais au soir du second tour de l'élection présidentielle.
Les militants de la France Insoumise rassemblés dans leur local marseillais au soir du second tour de l'élection présidentielle. ©Radio France - Julie Pacaud
Les militants de la France Insoumise rassemblés dans leur local marseillais au soir du second tour de l'élection présidentielle. ©Radio France - Julie Pacaud
Les militants de la France Insoumise rassemblés dans leur local marseillais au soir du second tour de l'élection présidentielle. ©Radio France - Julie Pacaud
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Résumé

Emmanuel Macron a été réélu président de la République en partie grâce au report de voix des électeurs de Jean-Luc Mélenchon. A Marseille, où le leader de la France insoumise est arrivé en tête au premier tour avec 31,1% des suffrages, les électeurs ont été très partagés au moment d'aller voter.

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Au cœur du 14e arrondissement de Marseille, dans les quartiers nord de la ville, Katia Yakoubi sort de son bureau de vote. Membre de l'Union populaire, elle vient d'accomplir son devoir citoyen à reculons. "J'ai voté en me pinçant le nez", regrette-t-elle. Travailleuse sociale, elle s'était jurée de ne jamais revoter pour Emmanuel Macron, comme ce fut le cas au second tour de l'élection présidentielle de 2017. "J'ai encore voté pour un projet qui n'était pas le mien. Je vote à contrecœur, même si Marine Le Pen et Emmanuel Macron ce n'est pas la même chose, mais la violence sociale va perdurer durant les cinq années à venir, sans qu'on ait de politique écologique ni sociale. Cela me fait beaucoup de mal."

A quelques mètres, Fadela et sa fille Sabrine ont été moins tiraillées dans l'isoloir. "Notre avenir en dépend !" lance Sabrine, la vingtaine. De confession musulmane, les deux femmes qui ont "une double culture, une française et une maghrébine" redoutaient une victoire de Marine Le Pen. Elles ont donc pris le chemin des urnes, même si leurs maris respectifs n'ont pas voté pour le second tour. "On sait très bien que le vote de Macron n'est pas non plus la solution mais il y a des choses dites par Marine Le Pen qui sont dangereuses pour nous et notre communauté. On se sent agressées. Je suis soignante, je m'occupe de personnes en difficulté, je suis de nationalité française même si j'ai une double culture et nous attaquer sur cela, c'est super dangereux", déplore Fadela.

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"C'est dégueulasse ce que tu fais parce que tu ne t'appelles pas Karim"

Un vote afin de faire barrage à Marine Le Pen que certains électeurs de Jean-Luc Mélenchon, qui a recueilli jusqu'à 80% des suffrages au premier tour dans certains bureaux marseillais, ont refusé d'opérer pour ce second tour.

Gaël, professeur à l'université, a "beaucoup réfléchi. J'ai été amené à parler avec beaucoup de gens et à trois reprises, 2002, 2017, 2022 et pour moi la décision n'était pas très difficile à prendre : voter blanc. Je pense qu'il y a eu un tel degré de violence antisociale depuis cinq ans, de violences antidémocratiques et de politiques complètement anti-écologiques, je ne pouvais pas dans mon for intérieur pour une politique que je crois profondément néfaste, j'ai donc pris la décision de voter blanc. Je pense que c'est un acte citoyen aussi important que de voter pour un candidat," explique Gaël qui a été critiqué par certains de ses camarades. "Certains m'ont dit : 'c'est dégueulasse ce que tu fais parce que tu ne t'appelles pas Karim.'"

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L'espoir des législatives

Au moment des résultats, dans le local marseillais de la France Insoumise, les militants ont tout de même ressenti une forme de soulagement. Leur objectif est désormais de retourner sur le terrain pour remotiver les électeurs, avec en ligne de mire les élections législatives. "Rapidement, il va falloir organiser la lutte sociale. On va devoir aller manifester avec les syndicats le 1er mai pour bien dire que la gauche dans ce pays ne veut pas de la retraite à 65 ans, ni de cette politique anti-sociale et de la casse de l'école. Il y a un troisième tour électoral car le pays est divisé en trois blocs identiques en nombre de voix. Il y a la possibilité si le bloc populaire écologiste se rassemble d'avoir une majorité au moins relative à l'Assemblée nationale", estime Hendrik Davi, chef de file LFI dans la 5e circonscription de Marseille.

Des discussions avec Europe Ecologie Les Verts, le Parti Socialiste et le Parti Communiste devraient se poursuivre activement afin de trouver un accord pour le scrutin. Un accord qui doit être conclu avant la convention nationale de l'Union Populaire, le 7 mai prochain.

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