Devant le Palazzo Vecchio, l’hôtel de ville de Florence, les touristes sont nombreux à observer une copie du David de Michel-Ange. Mai 2022
Devant le Palazzo Vecchio, l’hôtel de ville de Florence, les touristes sont nombreux à observer une copie du David de Michel-Ange. Mai 2022
Devant le Palazzo Vecchio, l’hôtel de ville de Florence, les touristes sont nombreux à observer une copie du David de Michel-Ange. Mai 2022 ©Radio France - Bruce de Galzain
Devant le Palazzo Vecchio, l’hôtel de ville de Florence, les touristes sont nombreux à observer une copie du David de Michel-Ange. Mai 2022 ©Radio France - Bruce de Galzain
Devant le Palazzo Vecchio, l’hôtel de ville de Florence, les touristes sont nombreux à observer une copie du David de Michel-Ange. Mai 2022 ©Radio France - Bruce de Galzain
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Résumé

Depuis le début du mois de mai, la terre tremble à Florence et dans le Chianti, en Italie. Au point que des mesures de surveillance sont prises par la ville qui veut être prête si les secousses se renforcent.

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Dans le berceau de la Renaissance, les œuvres d'art font aussi l'objet d'une attention toute particulière.

Dans les rues de Florence, le flot de touristes est presqu'ininterrompu tellement le centre historique est concentré. La plupart des touristes en visite actuellement n'ont pas ressenti les derniers tremblements de terre mi-mai mais les autorités sont particulièrement attentives au flux et à la manne touristique estime Gilberto Saccorotti, il est chercheur à l’Institut national de géophysique et de volcanologie :

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"On a le sentiment que ça a compté énormément car les tremblements de terre ont vraiment été ressentis DANS la ville. Une ville qui en ce moment est remplie de touristes et donc on y fait de plus en plus attention et l’on sent les institutions préoccupées pour la sécurité du patrimoine culturel !"

Le Duomo de Florence, la cathédrale Santa Maria del Fiore, n’a subi aucun dégât après les tremblements de terre qui ont secoué la ville ce mois-ci. Mai 2022.
Le Duomo de Florence, la cathédrale Santa Maria del Fiore, n’a subi aucun dégât après les tremblements de terre qui ont secoué la ville ce mois-ci. Mai 2022.
© Radio France - Bruce de Galzain

Au bar d’un café florentin, en face d’une des nombreuses églises de la ville, Gilberto Saccarotti nous explique que dans l’histoire sismique de l’Italie les tremblements de terre à Florence ne sont pas très signifiants. Il y a eu 4 secousses autour de 3,5 de magnitude en une dizaine de jours mais il est essentiel de rester prudent.

"On ne peut pas prévoir les tremblements de terre comme vous le savez, même une séquence comme celle-ci - de magnitude modérée - doit donc nous conduire à élever notre niveau d’attention. Il faut savoir qu’il y a très peu de cas de faibles tremblements de terre suivis d’une secousse importante : L’Aquila est l’un des rares cas où cela s’est produit !"

L’Aquila c’était en 2009, une grande partie de la ville a été détruite et plus de 300 personnes sont mortes.

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À Florence, dès le 6 mai et les premières secousses, la mairie a mis à jour les plans de la protection civile qui prévoient la mise en place de 21 zones dans la ville destinées à accueillir la population pour la mettre en lieu sûr ; le plan prévoit aussi une surveillance accrue des hôpitaux et des écoles notamment ou encore une information simplifiée pour les habitants : que faire en cas de tremblements de terre ? Se mettre à proximité d’un mur porteur par exemple… Elisabetta Meucci est chargée de la Protection civile à la mairie de Florence, elle se veut rassurante en rappelant ce qu’est la Protection civile :

"La Protection civile est née à Florence - je peux rassurer tous les habitants et ceux qui visitent la ville – le concept même de Protection civile en Italie est lancé avec les inondations de Florence en 1966. C’est là, à ce moment précis, que l’on comprend qu’il faut une organisation spécifique et ciblée pour ce type de catastrophe qui bouleverse une ville !"

Le David de Michel-Ange réalisé en marbre entre 1501 et 1504 mesure 5,17 17 et pèse 5660 kg.
Le David de Michel-Ange réalisé en marbre entre 1501 et 1504 mesure 5,17 17 et pèse 5660 kg.
© Radio France - Bruce de Galzain

À la Galerie de l’Académie, les visiteurs se pressent, passent les contrôles de sécurité avant d’entrer dans le musée et d’apercevoir au milieu d’une foule compacte le David de Michel-Ange, derrière lequel nous retrouvons la directrice de l’Académie, Cecilie Hollberg. Le David est surveillé, dépoussiéré chaque mois de la tête au pied, contrôlé continuellement.

"S’il devait y avoir un tremblement de terre si fort qu’il ferait tomber 5 660 kg de marbre, je pense que nous n'aurions plus à nous soucier de quoi que ce soit d'autre. Mais pour prendre soin et conserver toutes les œuvres d’art de ce Musée, nous sommes intervenus sur les points faibles de la structure et notamment la toiture de la salle du Colosse, la plus grande salle à l’entrée du Musée. Si le plafond s’écroulait et faisait tomber le mur en face de nous, tout l’édifice s’effondrerait !"

Les travaux ont duré un an et demi et se sont terminés il y a à peine 3 mois.

Cecilie Hollberg nous accompagne dans les coulisses du Musée tout en haut au niveau du plafond qui a été refait et là apparait une magnifique voute du XIXe siècle, certains treillis - les structures triangulaires du toit - étant pourris, ils ont donc été changé et le plafond consolidé. Cecilie Hollberg :

"C’est un travail très exigeant car on ne pouvait effectuer ces travaux que d’en haut et de l’extérieur. Il y avait toute une installation de climatisation – vous l’entendez – qui reposait sur cette magnifique voute. C’était très dangereux car le moindre mouvement aurait pu provoquer un risque d’effondrement. J’ai donc changé tout le système et maintenant nous avons cette sorte de plafond en métal qui nous permet de mieux positionner les treillis."

Et depuis le début du mois de mai et les premières secousses ressentis même dans le Musée, rien n’a bougé. Il n’y a eu aucun dégât mais le moindre mouvement est toujours contrôlé !