Ce quartier est particulièrement visé par l’armée russe. La plupart des habitants sont partis.
Ce quartier est particulièrement visé par l’armée russe. La plupart des habitants sont partis. ©Radio France - Franck Mathevon
Ce quartier est particulièrement visé par l’armée russe. La plupart des habitants sont partis. ©Radio France - Franck Mathevon
Ce quartier est particulièrement visé par l’armée russe. La plupart des habitants sont partis. ©Radio France - Franck Mathevon
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C’est l’une des villes les plus bombardées par les Russes : Kharkiv, dans l’est de l'Ukraine, a été en grande partie détruite. La deuxième ville du pays subit des frappes incessantes qui font encore de nombreux morts chaque jour. Plus de 500 personnes y ont été tuées. L'armée russe est à ses portes.

Oleh, physique de poids lourd, tenue militaire de camouflage, plisse les yeux face au soleil, dans un froid glacial. Les températures sont encore nettement en dessous de zéro dans cette région de l’est, à 40 km de la frontière russe.

Ce colosse des forces de défense territoriale, kalashnikov en bandoulière, nous guide dans un bâtiment dévasté du nord de la ville où s’est déroulée l’une des principales batailles pour défendre la ville :

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Ma fille était dans cette école. Par ici, il y a eu une percée russe. Et des Russes se sont installés dans cette école. Et on les a virés. Il y a eu une bataille terrible. Puis un incendie a tout détruit. Ils ont bombardé la ville, les zones résidentielles. Dans mon quartier en périphérie, ils ont encore bombardé une maison hier… Comment qualifier ça ? La moitié de la ville est en ruines.

Oleh et son collègue Maksim remontent dans leur voiture, non pas un véhicule militaire mais une petite citadine noire sale et fatiguée. Direction Saltivka, quartier du nord-est pilonné par l’armée russe.

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"La moitié de la ville est en ruines"

Chaque jour, ce secteur subit les tirs d’artillerie de l’ennemi.

Hier, une roquette est tombée sur un centre commercial. Le marché adjacent a aussi été pris pour cible. Il s’est embrasé. Tout est parti en fumée. Une forte odeur de plastique brûlé règne encore sur place. Tous les stands sont dévastés.

Maksim, barbe rousse, des yeux clairs, se tourne vers les immeubles hauts qui dominent le quartier.

Dans ces immeubles que l’on voit, c’est sûr qu’il n’y a personne car les tanks russes étaient là-bas récemment. Parfois, les Russes s’approchent, tirent et s’en vont. C’est le chaos, la barbarie. Ce sont des barbares. Il n’y a pas d’autres mots. C’est peu probable qu’ils reculent. Ils sont sans doute en train d’amasser plus de troupes, plus d’armes, pour lancer de nouvelles opérations.

Oleh assure que les chars russes sont au bout de cette route, sans doute à un ou deux kilomètres.
Oleh assure que les chars russes sont au bout de cette route, sans doute à un ou deux kilomètres.
© Radio France - Franck Mathevon
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13 min

Débris de tôles et de pierres, voitures calcinées

La visite continue plus au nord, dans un quartier désert. De part et d’autre d’une grande avenue, un bâtiment sur deux a été anéanti par l’armée russe. C’est le paysage de la guerre : débris de tôles et de pierres, voitures calcinées. Nous arrivons tout près des faubourgs de Kharkiv. Les chars russes ne sont plus qu’à un ou deux kilomètres, selon Oleh.

Près d’ici, à 1 km à peine, c’est détruit à 80%. Nous contrôlons nos territoires autant que possible. Mais nous n’avons pas autant d’armes qu’eux. Si nous en avions plus, nous pourrions lancer des contre-offensives.

Les tirs d’artillerie s’intensifient. Une salve de roquettes vient d’être tirée. Il faut vite repartir vers le sud.

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Sur la route, Oleh et Maksim s’arrêtent à Barabashova, un immense marché parti en fumée la semaine dernière après un incendie déclenché par une frappe russe. Dans les allées sinistrées par le feu, Wladimir tente de sauver un peu de marchandises.

Je vends de la vaisselle… Des assiettes, des tasses. C’est le résultat d’un bombardement, il ne reste presque rien. Et je n’ai pas qu’un stand ici, j’en ai six. Ils ont tous brûlé. Ils veulent nous terroriser, nous les citoyens de Kharkiv. Ils prennent pour cible les zones résidentielles. Ils ne s’attaquent jamais aux sites militaires.

"On a besoin de votre aide, aidez-nous avec des armes"

Son amie Victoria est venue l’aider à trier les monceaux de vaisselle brisée dont Wladimir espère sortir une tasse ou un bol intact :

Je ne veux pas partir. C’est ma maison, mon pays. Où irais-je ? Je veux que ces Russes foutent le camp… Je n’irais nulle part. Je suis travailleuse médicale, je vais au travail sous les bombes tous les jours, dans un hôpital psychiatrique. Vous imaginez nos patients ? Ils sont terrifiés par les bombardements. On a besoin de votre aide, aidez-nous avec des armes. Nous avons des hommes courageux, mais nous avons besoin d’armes. Il nous faut la victoire, ils doivent partir.

Pour le moment, à Kharkiv, les Ukrainiens résistent. L’armée russe ne parvient toujours pas à encercler la ville…

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Ukraine : l'avancée des troupes russes (point de situation lundi 21 mars à 19h30)
Ukraine : l'avancée des troupes russes (point de situation lundi 21 mars à 19h30)
© Visactu - .

L'équipe

Micro France Culture
Micro France Culture
Éric Chaverou
Collaboration
Franck Mathevon
Journaliste
Jérémy Tuil
Réalisation