Depuis le mois de janvier 2022, une quinzaine d'étudiants des ENS se donnent régulièrement rendez vous, comme ici à l'ENS Lyon, pour repenser la recherche.
Depuis le mois de janvier 2022, une quinzaine d'étudiants des ENS se donnent régulièrement rendez vous, comme ici à l'ENS Lyon, pour repenser la recherche.
Depuis le mois de janvier 2022, une quinzaine d'étudiants des ENS se donnent régulièrement rendez vous, comme ici à l'ENS Lyon, pour repenser la recherche. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
Depuis le mois de janvier 2022, une quinzaine d'étudiants des ENS se donnent régulièrement rendez vous, comme ici à l'ENS Lyon, pour repenser la recherche. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
Depuis le mois de janvier 2022, une quinzaine d'étudiants des ENS se donnent régulièrement rendez vous, comme ici à l'ENS Lyon, pour repenser la recherche. ©Radio France - Cécile de Kervasdoué
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Résumé

Après les étudiants d'Agro Paris Tech qui ont fustigé leur diplôme qui selon eux "participe aux ravages sociaux et écologiques en cours", des étudiants de l'École Normale Supérieure se mobilisent pour une recherche qu'ils veulent plus impliquée dans les transformations de notre planète.

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Après qu'un petit groupe d'étudiants d'Agro Paris Tech a appelé fin avril à bifurquer ou à déserter les métiers auxquels ils ont été formés parce qu'ils refusent de "participer aux ravages sociaux et écologiques en cours" ; 150 étudiants des ENS les Écoles Normales Supérieures ont signé une tribune le 11 mai dernier dans le journal Le Monde pour aligner la recherche scientifique sur les enjeux impérieux de ce siècle. Leur idée, inventer collectivement une recherche qu'ils appellent impliquée.

Sur le campus de l'ENS Lyon, comme sur celui de Saclay, d'Ulm, ou de Rennes, une quinzaine de normaliens se donnent régulièrement rendez-vous depuis le mois de janvier 2022 pour repenser ensemble la recherche, c'est-à-dire leur futur métier. Ils ont suivi les prises de position de certains étudiants d'Agro Paris Tech le 30 avril dernier mais ne se reconnaissent pas dans leur rébellion.

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"Nous sommes moins exposés que ces ingénieurs agronomes parce que beaucoup se destinent au monde privé et donc la probabilité de se retrouver à co-construire un monde que l'on ne veut pas voir advenir est plus grande pour eux que pour nous. Nous, nous sommes de futurs chercheurs et nous avons une liberté académique réelle. Notre démarche ne va donc pas contre mais dans le sens d'impulser quelque chose." explique Anouk Hannot, étudiante en première année en économie à l'ENS Saclay

Léo, Anouk et Tom sont membres du collectif Effisciences qui veut repenser une recherche plus impliquée
Léo, Anouk et Tom sont membres du collectif Effisciences qui veut repenser une recherche plus impliquée
© Radio France - Cécile de Kervasdoué

En avril dernier, un groupe d'une quinzaine de normaliens issus de toutes les écoles normales a fondé le Collectif Effisciences qui veut adapter la recherche aux enjeux du réchauffement climatique, des pandémies, des inégalités nord sud ou de la destruction des écosystèmes.

Il appelle à une recherche plus ouverte, moins compartimentée (c'est-à-dire interdisciplinaire) et qui ne suivrait plus ni les effets de modes, ni la disparité des financements, avec ses logiques court-termistes, ni la seule curiosité du chercheur.

Ces étudiants des ENS s'inspirent ainsi directement du Conseil international des sciences, une ONG qui regroupe 180 organisations scientifiques autour de thématiques comme la faim dans le monde, l'accès à l'eau, les dangers des déplacements massifs de population. Leur idée est de proposer une plateforme pour définir d'un agenda collectif de recherche. Il s'agit donc de dépasser le cadre des Normales Sup pour faire tâche d'huile dans autres écoles. Des ponts et des discussions sont déjà en cours avec Centrale Supelec et l'École Polytechnique.