Louis Amilton (apprenti) et Jeff Lambert (Chef restaurateur) au Restaurant Franska Skafferiet à Göteberg, en Suède. Le 14 décembre 2021.
Louis Amilton (apprenti) et Jeff Lambert (Chef restaurateur) au Restaurant Franska Skafferiet à Göteberg, en Suède. Le 14 décembre 2021. ©Radio France - Alexandre Descorps
Louis Amilton (apprenti) et Jeff Lambert (Chef restaurateur) au Restaurant Franska Skafferiet à Göteberg, en Suède. Le 14 décembre 2021. ©Radio France - Alexandre Descorps
Louis Amilton (apprenti) et Jeff Lambert (Chef restaurateur) au Restaurant Franska Skafferiet à Göteberg, en Suède. Le 14 décembre 2021. ©Radio France - Alexandre Descorps
Publicité

La France vient de prendre la présidence de l’Union européenne pour les six prochains mois. Elle entend bien faire de la jeunesse l’une des priorités de son mandat. Le programme Erasmus+ fête cette année ses 35 ans. Reportage en Suède.

Chaque année, 100 000 étudiants français, dont 5 000 apprentis, profitent d'Erasmus à travers les universités ou les centres de formations professionnels européens. Que se soit pour six mois ou un an, tous les participants sont marqués et motivés par le fait de vivre une expérience à l'étranger.

Ce dispositif est désormais ouvert depuis 2017 aux apprentis qui sont dans des secteurs comme la restauration ou la boulangerie.

Publicité

Hakim Kasmi s'est rendu à Göteborg en Suède à la rencontre des apprentis qui peuvent désormais suivre le programme européen Erasmus Plus.

Nicolas le Maître a 20 ans. Titulaire d'un CAP boulangerie, il est venu à Göteborg six mois pour se perfectionner et apprendre de nouvelles méthodes de travail, comme la pâtisserie. Car en France il ne faisait que du pain. Originaire de Chambéry en Savoie, il a toujours été marqué par la Scandinavie. Quoi de plus normal pour ce jeune homme habitué à la température hivernale ?

Alors, même s'il reconnait que les premiers jours ont été difficiles du fait de l'éloignement avec sa famille, aujourd'hui, il ne regrette rien :

En fait, c'est apprendre une nouvelle langue, une façon de faire notre propre métier, mais dans un autre pays et il va y avoir des façons différentes de faire. En France, on travaille normalement cinq jours par semaine, aux alentours de 7 ou 8 heures. Et là, on travaille quatre, cinq jours par semaine, aux alentours de 10 heures. Il faut s'ouvrir surtout je pense.

La transmission du savoir est bien plus qu’une devise, elle est un devoir !

Nicolas Le Maitre, apprenti et Sylvain Marron, formateur et pâtissier de la pâtisserie-chocolatier Sylvain Marron à Göteborg en Suède. Le 14 décembre 2021.
Nicolas Le Maitre, apprenti et Sylvain Marron, formateur et pâtissier de la pâtisserie-chocolatier Sylvain Marron à Göteborg en Suède. Le 14 décembre 2021.
© Radio France - Alexandre Descorps

Nicolas suit son apprentissage auprès de Sylvain Marron. Ce Français de 43 ans a grandi en Ardèche. Il est marié à une Suédoise et ils vivent dans le pays depuis vingt ans. Sylvain Marron possède aujourd'hui sa propre pâtisserie dans un quartier pavillonnaire en périphérie de Göteborg.

Il forme des apprentis en Erasmus depuis cinq ans. Car pour ce boulanger pâtissier la transmission du savoir est bien plus qu'une devise, elle est un devoir. Ce n'est pas juste une question d'argent pour ses apprentis qui sont rémunérés 1 700 euros par mois via Erasmus et Pôle emploi qui financent intégralement leur salaire mensuel.

Cela prend du temps, il faut très longtemps pour assimiler tous nos produits. Et quand on a des jeunes pendant quatre, six mois, un an, on a le temps de transmettre nos connaissances et notre passion. On espère, du moins. Moi, j'ai fait un apprentissage en France, et le fait de ne pas avoir eu d'apprentis, ça me manquait un petit peu pour être honnête. C'est comme un enfant qu'on peut voir avancer professionnellement.

L'apprentissage de l'anglais comme vecteur social

Mais l’objectif du programme Erasmus Plus est aussi de se perfectionner en langue. En l’occurrence, en anglais qui comme souvent dans les pays nordiques est ausi la seconde langue la plus parlée. Ce qui n’est pas toujours facile pour les apprentis qui ont un parcours scolaire plus court que les étudiants qui sont en licence à l’université.

Comme nous l'explique Louis Amilhon, 17 ans, originaire de Clermont-Ferrand. Il est apprenti cuisinier dans un restaurant franco-suédois dans le quartier de Selma Lagerlöf Torg. Comme Nicolas le Maître, il a été envoyé en Suède par le CFA Institut des Métiers de Clermont-Ferrand (qui dépend de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat).

J'ai commencé à prendre des cours, effectivement, car je suis parti d'un niveau vraiment très bas en anglais. Donc pour répondre c'était assez compliqué, vu que je n'ai pas vraiment de vocabulaire.

Ces difficultés en anglais n'empêchent pas Louis d'être un étudiant très apprécié  par ses tuteurs de stages pour la qualité de son travail. Damien est l'un de ses formateurs. Il travaille avec lui en cuisine et considère que l'intégration ne doit pas être que professionnelle, mais aussi sociale :

On fait souvent des sorties hors du restaurant et je l'oblige un peu à se dépatouiller pour qu'il parle un petit peu en anglais. Je pense que ça l'aide. Que ce soit professionnelle ou quoi que ce soit. C'est surtout un but social qu'il faut garder en tête essentiellement lors de son stage. Apprendre l'anglais et apprendre comment on vit en communauté en Suède. C'est très important, ça !

Pour améliorer la maîtrise des langues des apprentis, l'agence Erasmus, qui propose déjà des cours en ligne, va également profiter de la hausse de son budget pour la période 2021/2027 pour mettre en place des formations pour les enseignants qui reçoivent des étudiants Erasmus dans leur établissement, comme par exemple dans les lycées professionnels. Ces derniers peuvent donc aussi partir se perfectionner dans les pays de l'Union européenne. Enfin, chaque année, 5 000 apprentis français profitent du programme Erasmus. Un chiffre qui reste stable malgré la crise sanitaire et le Brexit.

4 min

À écouter aussi :

Alors que la crise sanitaire a fortement bouleversé la vie des étudiants qui ont dû depuis deux ans jongler entre cours en présentiel et en distanciel, quelles ont été les conséquences pour les 100 000 étudiants français en mobilités qui participent au programme Erasmus Plus ? Eléments de réponse avec Laure Coudret-Laut, directrice de l'agence française Erasmus Plus, interrogée par Hakim Kasmi :

Laure Coudret-Laut : "Ce qui apparaît, c'est la solidité des liens entre les établissements".

2 min

4 min

L'équipe

Caroline Bennetot
Collaboration
Hakim Kasmi
Journaliste