Dessin humoristique de Plantu sur les professions des futurs médecins. Panneau installé sur le site de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Le 14 juin auront lieu les épreuves classantes nationales.
Dessin humoristique de Plantu sur les professions des futurs médecins. Panneau installé sur le site de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Le 14 juin auront lieu les épreuves classantes nationales.
Dessin humoristique de Plantu sur les professions des futurs médecins. Panneau installé sur le site de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Le 14 juin auront lieu les épreuves classantes nationales.  ©Radio France - Anne Fauquembergue
Dessin humoristique de Plantu sur les professions des futurs médecins. Panneau installé sur le site de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Le 14 juin auront lieu les épreuves classantes nationales. ©Radio France - Anne Fauquembergue
Dessin humoristique de Plantu sur les professions des futurs médecins. Panneau installé sur le site de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre. Le 14 juin auront lieu les épreuves classantes nationales. ©Radio France - Anne Fauquembergue
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Résumé

A quelques jours des épreuves classantes nationales qui désignent aujourd'hui le concours de l'internat, les facultés de médecine font entrer sur les campus des techniques dites d'optimisation du potentiel (T.O.P) pour les aider à dépasser leurs angoisses.

En savoir plus

Les étudiants en médecine ont passé une année particulièrement difficile. Comme les autres élèves de leur âge, certains ont été contraints de suivre des cours en ligne dont on sait aujourd'hui qu'ils génèrent un sentiment d'isolement. D'autres déplorent ne pas avoir pu voir leurs amis et développer des activités pour décompresser de leurs emplois du temps chargés. Mais surtout beaucoup disent avoir été confrontés à des situations perturbantes sur leur terrain de stage au fil de la crise sanitaire. Cinq internes se sont ainsi donnés la mort depuis janvier dernier ce qui a donné lieu à la signature d'un plan contre les risques psychosociaux pour les étudiants en santé. A quelques jours des épreuves classantes nationales qui désignent le concours de l'internat depuis 2004, des professeurs forment les étudiants à de nouvelles méthodes pour les aider à dépasser cette période difficile. 

La faculté de médecine de l'université Paris-Saclay développe un programme de psycho-éducation

Dans le Val de Marne, sur le site de l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, les étudiants en médecine de l'Université Paris-Saclay ont la possibilité de suivre des séances de techniques d'optimisation du potentiel dite T.O.P. Cette méthode a été développée dans les années 1990 au sein des armées par la médecin militaire Edith Perreaut-Pierre. Il s'agit d'un ensemble de stratégies mentales qui est sensé permettre à chacun de mobiliser au mieux ses ressources physiques et psycho-cognitives en fonction des situations et des actions à réaliser. Ce dispositif psychologique a été mis en place pour les pilote de l'armée de l'air ou encore les soldats de retour de mission d'Afghanistan. Il est actuellement déployé dans la gendarmerie et dans la police. A l'université Paris-Saclay, le neuropédiatre Yann Mikaeloff proposera des stages à la rentrée pour les professionnels de la protection de l'enfance et dès à présent dans le cadre du PAMPS (le programme d'aide aux étudiants en médecine) de l'université Paris-Saclay. Ce spécialiste des thérapies de 3ème génération et de pleine conscience explique l'intérêt des techniques d'optimisation du potentiel :

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Yann Mikaeloff : "les concepts sont relativement simples, c'est l'entraînement qui fait la différence"

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Séance de techniques d'optimisation du potentiel organisé par le Professeur Mikaeloff (à gauche)
Séance de techniques d'optimisation du potentiel organisé par le Professeur Mikaeloff (à gauche)
© Radio France - Anne Fauquembergue

Un colloque pour trouver un juste équilibre entre les exigences des formations et la nécessité de prendre en compte le bien-être des étudiants en santé sera organisé à la rentrée à La Sorbonne

L'introduction de ces nouvelles méthodes sur les campus n'est pas sans lien avec la crise sanitaire qui a mis à rude épreuve les étudiants en médecine. Cinq internes se sont ainsi donnés la mort depuis le début de l'année 2020. Ces dernières semaines, le dialogue s'est retissé entre les représentants étudiants et leurs autorités. Un plan contre les risques psycho-sociaux vient d'être signé et des groupes de travail lancés pour améliorer le bien-être des élèves. Au delà de séances de relaxation, de techniques d'optimisation du potentiel ou encore d'ateliers diététiques comme à l'université de Tours, une attention particulière a été prise concernant les terrains de stages. Les explications d'Anne Fauquembergue dans le journal d'Aurélie Kieffer le 25 mai 2021 :

"Il faudrait retirer les agréments de stage en cas de violences avérées dans les services"

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Plusieurs rapports ont en effet révélé des situations de maltraitance envers des étudiants, aussi bien dans les établissements de santé qu’à l’université ou dans les instituts de formation. En mars dernier, l’Association des étudiants en médecine de France estimait que, durant leur stage à l’hôpital, quatre étudiants en médecine sur dix ont reçu au moins une fois une remarque à caractère sexiste ou sexuel, près d’un tiers ont été victimes de harcèlement sexuel et 5 % d’une agression dans leur environnement professionnel. 

Selon le Président de la conférence des Doyens des facultés de médecine, en septembre prochain se tiendra à la Sorbonne un colloque européen sur la qualité de la formation des étudiants en santé qui abordera notamment cette question des risques psycho-sociaux.

Références

L'équipe

Anne Fauquembergue
Journaliste