Le Museum of Crypto Art, installé dans le monde réel à Paris pour quelques jours ©Radio France
Le Museum of Crypto Art, installé dans le monde réel à Paris pour quelques jours ©Radio France
Le Museum of Crypto Art, installé dans le monde réel à Paris pour quelques jours ©Radio France
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Résumé

Le marché de l’art est révolutionné par les NFT, poussant tout un écosystème à s’intéresser à l’art numérique. Un NFT (jeton non fongible en français) garantit la propriété d'un objet numérique, qu'il s'agisse d'un tweet ou d'une œuvre d’art. Reportage au musée du crypto-art, passé par Paris.

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Dans le hall du Museum of Crypto Art, installé quelques jours dans le monde réel à Paris au mois de décembre 2021, une fresque numérisée affichée au mur : celle d’une Marianne entourée de "Gilets jaunes". Une œuvre réalisée par le street artist Pascal Boyart, sur l’un des murs de la rue d’Aubervilliers dans le XIXe arrondissement de Paris.

Thuy-Tien Couty, co-organisatrice de l’évènement "Cryptoart Revolution", aux côtés de Benoît Couty, décrit l’œuvre aux visiteurs : "Pascal Boyart, à l’origine, est un grapheur. Il a pris son œuvre en photo et vidéo avant qu’elle soit effacée, il a ensuite 'tokenisé' des parties de sa fresque murale. Les NFT, c’est aussi une manière de sauvegarder le street art, qui soulève toujours des débats sur son côté éphémère. »

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Thuy-Tien Couty analyse la fresque de Pascal Boyart

1 min

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Un peu plus loin dans le MOCA (Museum of Crypto Art), de nombreux écrans numériques sur lesquels d’autres NFT (Non fungible token, jeton non fongible) sont affichées. Devant l’une de ses créations, l’artiste Pixel2chop, présent pour l’occasion, explique aux visiteurs comment son œuvre a vu le jour grâce à un clavier et une souris. Le créateur, initialement graphiste, s’est lancé dans l’aventure NFT il y a moins de 2 ans. Désormais, il concilie sa première activité professionnelle avec son talent d’artiste : "J’ai vendu ma première toile en août 2020…. Je ne suis pas prés d’arrêter", explique-t-il. Si Pixel2chop qualifie son art de "procédural", tous les artistes du numérique ont en fait une identité et un style qui leur est propre, comme dans le monde réel.

L'artiste Pixel2chop, à côté de l'une de ses œuvres, au MOCA
L'artiste Pixel2chop, à côté de l'une de ses œuvres, au MOCA
© Radio France

Orabel peut en témoigner. Cette jeune artiste, qui n'a pas pu faire le déplacement pour l'évènement "Crypto Art Revolution" au MOCA, vit dans la région d’Aix en Provence, et est également graphiste. Grâce aux NFT, elle vit désormais pleinement de son activité d’artiste. En cette fin d’année 2021, elle a donc décidé de démissionner de son emploi. Elle décrit son art comme figuratif : "Dans le milieu, il y a des gens qui aiment travailler en 3D, avec du motion. D’autres comme moi qui préfère le 2D. Il y a tellement de monde et tellement de goûts différents…"

"C’est l’écran qui est ma toile ! Mon style est figuratif et en 2D… Un peu surréaliste, il parle d’émotions." Orabel, artiste

Orabel : "J'ai tenté l'aventure NFT"

47 sec

Orabel : "C'est l'écran qui est ma toile"

1 min

Une des œuvres / NFT de l'artiste Orabel
Une des œuvres / NFT de l'artiste Orabel
© Radio France - Orabel

Beaucoup d’artistes, comme Pixel2chop et Orabel, espèrent percer dans le monde de l’art numérique, et vivre de leur passion. Léo Simon, co-fondateur de "Cryptagency" (une agence très récente spécialisée dans les NFT) entend régulièrement ce souhait chez ses clients, qui sont notamment des artistes qui aimeraient se lancer, ou encore des entreprises qui souhaitent investir dans des NFT. "L’art digital était surtout gratuit avant, c’est compliqué d’en vivre… avec les NFT c’est en train de changer", analyse-t-il, "un NFT est non fongible, il garde ses propriétés, sa certification… Je peux l’envoyer de n’importe où."

La certification – l’authentification - de ces œuvres est en effet validée grâce à la "blockchain", une technologie qui permet à ses utilisateurs - connectés en réseau - de partager des données sécurisées et transparentes, sans intermédiaire. Ces NFT sont donc une véritable révolution dans le monde de l’art, explique Mathilde Le Roy, fondatrice de KAZoART, galerie d’art en ligne : "Les NFT poussent plusieurs acteurs du milieu à s’adapter. Ce mouvement est là pour durer, on s’interroge : quel sera le monde de l’art demain ?" La galeriste estime que son rôle d’intermédiaire va perdurer : "Un artiste peut-il vraiment se promouvoir tout seul ?" interroge-t-elle.

Mathilde Le Roy, fondatrice de la galerie d'art en ligne "Kazoart", au MOCA
Mathilde Le Roy, fondatrice de la galerie d'art en ligne "Kazoart", au MOCA
© Radio France

"Ce qui est sûr, c’est que les NFT bouleversent le marché de l’art traditionnel", assure Benoît Couty, fondateur du MOCA. "Le crypto art, a repris les valeurs crypto initiales", explique-t-il. "C’est-à-dire : la décentralisation, la désintermédiation, l’inclusion financière, le respect de la vie privée, les libertés individuelles, ou encore la lutte contre la censure. D’ailleurs, tous les galeristes n’ont pas forcément sauté le pas pour s’intéresser aux NFT". Selon lui, l’art digital permet à de nouveaux artistes et à leurs œuvres de s’imposer d’une manière inattendue dans le milieu artistique. Certains, plus que d'autres, avec force : l’un des pionniers en la matière, Beeple, a vendu une de ses œuvres à 69 millions de dollars en mars dernier.