Les records du marché de l'art, la face émergée de l'iceberg

Le "Nu couché" de Modigliani, vendu pour 157 millions de dollars chez Christie's, à New York.
Le "Nu couché" de Modigliani, vendu pour 157 millions de dollars chez Christie's, à New York. ©AFP - Timothy A. Clary
Le "Nu couché" de Modigliani, vendu pour 157 millions de dollars chez Christie's, à New York. ©AFP - Timothy A. Clary
Le "Nu couché" de Modigliani, vendu pour 157 millions de dollars chez Christie's, à New York. ©AFP - Timothy A. Clary
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Les ventes de grandes œuvres d'art ont atteint de nouveaux sommets. Très exposées médiatiquement, ces ventes font beaucoup parler d'elles mais elles ne sont pas représentatives de la réalité du marché de l'art.

Avec
  • Fabrice Bousteau Directeur de Beaux-Arts magazine
  • Alexandre Giquello président de Drouot Patrimoine et commissaire-priseur

En mai dernier chez Christie's, un “Nu couché” de Modigliani était vendu pour 157,2 millions de dollars à New York. La toile du maître italien est devenue l'œuvre la plus chère vendue en 2018 et la quatrième de tous les temps.

Pour le président de Drouot Patrimoine et commissaire-priseur, Alexandre Giquello, si les prix des chefs d’œuvre tutoient les centaines de millions, c'est que les hautes sphères du marché de l’art répondent à la loi de l’offre et de la demande : 

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Les chefs d’œuvre n’ont jamais été aussi chers. Aujourd’hui, les objets rares et importants, ce qu’on appelle dans notre jargon “de qualité musée”, sont de plus en plus chers et seront de plus en plus chers dans le futur, dans la mesure de leur raréfaction et parce que les potentiels acquéreurs ont des moyens de plus en plus importants.

Le marché de l'art devient un marché à deux vitesses

D'un côté, bien loin du livre des records, plus de 80% des œuvres sont vendues à moins de 5 000 euros. D'autre part, un marché plus élitiste apparaît sur le devant de la scène médiatique : le monde des grandes œuvres d'art, des records et de la surenchère, selon Fabrice Bousteau, directeur de Beaux-Arts Magazine. 

Ce sont des sommes obscènes par rapport à la valeur réelle d’autres œuvres. C’est anormal qu’une oeuvre de Courbet soit vendue trois millions d’euros et qu’une œuvre de Jeff Koons puisse être vendue plus de cinquante millions. Personne ne me donnera la justification d’un tel écart de prix.

Reportage de Guillemette Franquet.

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