Des travailleurs chinois, photos exposés dans le centre d’interprétation de Vignacourt dans la Somme. - Antoinette et Louis Thuillier
Des travailleurs chinois, photos exposés dans le centre d’interprétation de Vignacourt dans la Somme. - Antoinette et Louis Thuillier
Des travailleurs chinois, photos exposés dans le centre d’interprétation de Vignacourt dans la Somme. - Antoinette et Louis Thuillier
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Résumé

Les travailleurs chinois ne sont pas dans nos livres d’histoire. Pourtant, ils furent 140 000 à venir en France entre 1915 et 1918 pour participer à l’effort de guerre. Dans la Somme, un camp de travailleurs chinois était installé à Vignacourt. Un couple de fermier les a photographiés.

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Les travailleurs chinois ne font pas partie des livres d'histoire. Ils ont pourtant été 140 000 à venir en France durant la Première guerre mondiale, pour venir en aide aux alliés. Un camp de travailleurs était installé à Vignacourt dans la Somme. Un couple de fermiers les a photographiés, des tirages oubliés et redécouverts près d'un siècle plus tard.

200 portraits de travailleurs chinois retrouvés

Pendant la Première Guerre mondiale, Vignacourt était une importante base arrière pour les soldats alliés. Et c’est dans une ferme, au cœur du village situé au nord d’Amiens, que des dizaines et des dizaines de soldats du Commonwealth ont posé devant l’appareil d’Antoinette et Louis Thuillier. Le couple a pris plus de 4 000 clichés pendant la Grande Guerre. Ces plaques photographiques ont été oubliées puis retrouvées presque un siècle plus tard, en 2011, dans le grenier. Un véritable trésor qui contient notamment 200 portraits de travailleurs chinois.

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Des travailleurs chinois, en tenue traditionnelle. Les photos sont exposées dans le centre d’interprétation de Vignacourt dans la Somme.
Des travailleurs chinois, en tenue traditionnelle. Les photos sont exposées dans le centre d’interprétation de Vignacourt dans la Somme.
- Antoinette et Louis Thuillier

"L’armée française et anglaise avaient fait appel à des contingents chinois pour venir travailler dans les usines d’armements et à l’arrière", explique Valérie Vasseur, la responsable du centre d’interprétation Vignacourt 14-18, créé dans l’ancienne ferme des Thuillier. Sur les photos, on voit des travailleurs chinois, en habit de travail ou en tenue traditionnelle. "Un vrai choc culturel pour la population de Vignacourt, s’amuse la responsable*, sur certaines photos, on les voit poser avec des enfants du village. Il y a aussi des photos où ils font du kung-fu, que les Français ne connaissaient absolument pas*."

À la recherche de leurs descendants

En 2019, elle monte une exposition sur ces oubliés de la guerre. L’association de région parisienne Hong Guang, qui promeut la culture chinoise, découvre par la presse l’existence de ces photos à Vignacourt. Ensemble, ils nouent un partenariat et l’artiste Wen Wu, arrivé en France il y a cinq ans, est sollicité pour peindre ces portraits.

l’artiste Wen Wu.
l’artiste Wen Wu.
© Radio France - Lise Verbeke

"En Chine, je n’ai jamais entendu parler de cette histoire, raconte-t-il. Quand je l’ai découverte j’ai été surpris. Pourtant, ils ont joué un rôle important dans l’effort de guerre. Quand je suis venu à Vignacourt, en voyant leurs photos, j’ai senti leurs âmes." Il a peint sur la pierre 30 portraits, accrochés aujourd’hui dans le jardin de la ferme des Thuillier. "Sans ce musée, on n’aurait jamais vu les visages de ces travailleurs chinois, ils seraient tombés dans l’oubli. On espère retrouver leurs descendances."

L’association Hong Guang a déjà envoyé un dossier de photos de ces travailleurs en Chine, pour tenter de retrouver leurs familles. David Hu Yang, 17 ans, veut, avec les deux fils de l’artiste peintre, monter une exposition pour raconter cette histoire. Ils fouillent toutes les archives qu’ils peuvent trouver. "C’est important, car ce sont nos origines, et personne ne connaît cette histoire."