Aidée pour cela par la mairie, l'école Heidelberg de Montpellier propose à ses élèves des heures de soutien scolaire en petits groupes.
Aidée pour cela par la mairie, l'école Heidelberg de Montpellier propose à ses élèves des heures de soutien scolaire en petits groupes. ©Radio France - Rosalie Lafarge
Aidée pour cela par la mairie, l'école Heidelberg de Montpellier propose à ses élèves des heures de soutien scolaire en petits groupes. ©Radio France - Rosalie Lafarge
Aidée pour cela par la mairie, l'école Heidelberg de Montpellier propose à ses élèves des heures de soutien scolaire en petits groupes. ©Radio France - Rosalie Lafarge
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Le projet de loi confortant les principes de la République est examiné dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale depuis lundi. Il vise à renforcer la lutte contre le séparatisme en France. Une lutte que tentent déjà de mener certains maires. A Montpellier, on mise sur le soutien scolaire.

Il est présenté comme l’un des derniers grands textes du quinquennat : le projet de loi confortant le respect des principes de la République est soumis à l'examen des députés dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale depuis ce lundi. Ce texte vise à renforcer la lutte contre le séparatisme en France. Cette lutte, certains maires la mènent déjà à leur échelle. A Montpellier, la mairie a lancé un vaste plan de soutien scolaire laïque, public et gratuit, qui s'inscrit dans le cadre de ce combat.

A 16h30, à l’école Heidelberg, dans le quartier prioritaire de La Mosson, certains élèves quittent l'établissement, mais pas tous. Certains restent une heure de plus pour un peu de soutien scolaire. Répartis en petits groupes de douze enfants maximum, ils ont alors leur professeur rien que pour eux. "C'est bien", "c'est calme", commentent les CP. "Quand on finit nos devoirs à l'école, c'est mieux parce que quand on rentre chez nous, on peut faire ce qu'on veut", résume un jeune garçon. 

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Redonner le choix dans des quartiers où il n'existait plus

Une fierté pour le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse. C’était l’un des engagements de campagne de ce professeur d’histoire-géographie : mettre en place un soutien scolaire public, laïque et gratuit. Déployé aujourd’hui dans 53 établissements, il a vocation à s'étendre aux 65 écoles primaires de la ville, et à être développé également dans les médiathèques et les maisons pour tous. 

Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier et professeur d'histoire-géographie au collège
Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier et professeur d'histoire-géographie au collège
© Radio France - Rosalie Lafarge

L'idée est partie de plusieurs constats établis par le maire, dont celui-ci : "Dans certains quartiers de Montpellier, le tissu de soutien scolaire associatif d’éducation populaire s’est, petit à petit, à cause des baisses de subventions, considérablement fragilisé. Mais il y a un offre d’aide aux devoirs qui s’est beaucoup développée, qui est d’ordre confessionnel, et donc communautaire parfois. Je crois que c’est très important que les familles aient la liberté de choix. Certains peuvent aller au catéchisme ou à l'école coranique, mais il doit y avoir en face du soutien scolaire public, laïque, et gratuit".

Quand des écoles confessionnelles se déploient, de manière parfois hors contrat, le soutien scolaire devient une forme d'appel d'air... et ça, ça peut participer du séparatisme. Ce phénomène est réel dans la société".  
Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier

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Cela fait partie des motifs qui ont séduit Philippe Barbera, le directeur de l'école Heidelberg de Montpellier. "C'est un engagement fort, difficile à évaluer pour l'instant, mais qui ne peut que produire des résultats. Ce temps et cette offre permettent d'avoir un outil supplémentaire dans la relation avec les familles donc c'est très important. Parce qu'il faut qu'on réussisse évidemment le temps scolaire, mais si on échoue sur le temps périscolaire, c'est aussi catastrophique que si on échoue sur le temps scolaire", met-il en avant.

Un soutien précieux pour les enfants, les enseignants et les parents

Dans cette école de 13 classes, six professeurs ont choisi de participer à ce soutien scolaire. Élodie Brial et Serge Daniel en font partie. "Ces enfants ont besoin de ces petits temps en plus", souligne Serge Daniel, enseignant en CE1. Il remarque que les soirs où il n'assure pas cette heure supplémentaire, il est "obligé de faire un peu plus les devoirs en classe", sinon ils sont mal ou moins bien faits, voire pas faits du tout. 

Sa collègue de CP, Élodie Brial trouve également "important que les enfants restent dans le contexte de l'école et n'aillent pas dans des associations plus ou moins réglementaires". Ces heures de soutien apportent, selon elle, aux élèves "une rigueur et une habitude de travail", mais aussi de "l'autonomie", et "tout cela leur servira plus tard"

L'initiative est franchement bienvenue pour les mères d'élèves croisées à la sortie de l'établissement. "Il y a des parents qui travaillent, d'autres qui ne comprennent pas la langue française, donc je trouve ça très important", souligne une maman. "J'ai inscrit mon fils immédiatement, c'est un plus pour lui", poursuit une autre, "c'est une aide complémentaire, parfois, on ne peut pas les aider comme il faut, les professeurs eux le peuvent". "Il y a d'autres structures qui aident aussi, mais à l'école, ce n'est pas plus mal", complète une parent déléguée. 

Philippe Barbera, le directeur de l'école primaire Heidelberg dans le quartier de la Mosson à Montpellier
Philippe Barbera, le directeur de l'école primaire Heidelberg dans le quartier de la Mosson à Montpellier
© Radio France - Rosalie Lafarge

Des comportements qui "gangrènent la République"

Pour ces heures en plus, les enseignants sont payés par la ville. Cela représente un coût, évidemment, estimé par la mairie à 700 000 euros par an. "C'est un choix budgétaire", appuie Michaël Delafosse. C'est donc, avant tout, une question de choix, revendique l'élu également référent laïcité au sein de l'Association des maires de France. 

"On peut toujours dire qu'on veut plus de moyens, je veux plus de moyens, ça y est, c'est dit ! Mais on peut aussi agir, et bien agir. Les élus locaux connaissent les réalités de leurs villes, on voit les problèmes des familles, on voit les difficultés, on entend. Je pense que, clairement, on a une responsabilité autour des enjeux de laïcité. En tout cas, les maires ont un rôle à jouer, et il y a des élus, ils sont une minorité mais je me dois de le dire, qui composent avec le communautarisme, cela gangrène la République", tranche Michaël Delafosse qui plaide, parfois un peu seul à gauche, pour un retour de la laïcité comme projet de société. 

La mairie de Montpellier, où siège le socialiste Michaël Delafosse depuis juin 2020
La mairie de Montpellier, où siège le socialiste Michaël Delafosse depuis juin 2020
© Radio France - Rosalie Lafarge
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