Dans la grande banlieue de Tianjin, cet hôtel modeste, réquisitionné par les autorités, est dédié à la quarantaine des voyageurs en provenance de l'étranger.
Dans la grande banlieue de Tianjin, cet hôtel modeste, réquisitionné par les autorités, est dédié à la quarantaine des voyageurs en provenance de l'étranger. ©Radio France - Sébastien Berriot
Dans la grande banlieue de Tianjin, cet hôtel modeste, réquisitionné par les autorités, est dédié à la quarantaine des voyageurs en provenance de l'étranger. ©Radio France - Sébastien Berriot
Dans la grande banlieue de Tianjin, cet hôtel modeste, réquisitionné par les autorités, est dédié à la quarantaine des voyageurs en provenance de l'étranger. ©Radio France - Sébastien Berriot
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C’est une illustration de la stratégie "zéro Covid" appliquée par la Chine : les voyageurs qui arrivent par avion dans le pays sont soumis à une longue quarantaine. Un enfermement total de deux à trois semaines dans une chambre d’hôtel. Sébastien Berriot, notre correspondant en Chine, témoigne.

L’avion d’Air France a à peine atterri à Tianjin – au nord de la Chine, à 140 kilomètres de Pékin – que les voyageurs sont déjà plongés dans l’ambiance de la quarantaine chinoise. Dans l’aile de l’aéroport réservée aux vols internationaux, du désinfectant est pulvérisé en permanence dans l’air. Toutes les personnes que vous croisez sont vêtues d’une tenue de protection intégrale blanche et leurs yeux masqués par des lunettes en plastique sont à peine visibles.

Le circuit de santé démarre par un test PCR dans un couloir suivi d’un prélèvement dans la gorge, une technique très utilisée en Chine depuis le début de la pandémie. Le travail des douaniers semble être uniquement accaparé par les questions sanitaires. À aucun moment les bagages à main ne sont contrôlés. Seules des questions d’ordre sanitaire sont posées.

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Dès l'aéroport de départ, ici Roissy, à Paris, les passagers à destination de la Chine sont considérés comme des vecteurs du virus.
Dès l'aéroport de départ, ici Roissy, à Paris, les passagers à destination de la Chine sont considérés comme des vecteurs du virus.
© Radio France - Sébastien Berriot

Les passagers, clairement considérés comme potentiellement contaminés par le Covid, sont ensuite invités à monter dans un bus qui prend la direction de l’hôtel de quarantaine. Comme un convoi dangereux, le véhicule circule à vitesse très réduite sur l’autoroute et il est escorté par des voitures de police qui ont les gyrophares allumés.

Contaminés en puissance

Le groupe arrive dans l’hôtel situé dans la grande banlieue de Tianjin. L’établissement, réquisitionné par les autorités, est uniquement dédié à la quarantaine. Il n’accueille pas de « clients classiques ». La réception est d’ailleurs fermée.

Chacun est placé dans une chambre, avec interdiction formelle d’en sortir, pendant au moins deux semaines. La surveillance est maximale. Des caméras sont positionnées partout dans les couloirs et si vous tentez d’ouvrir la porte de votre chambre, une puissante alarme retentit dans tout le bâtiment pour alerter le personnel.

Un couloir froid, aseptisé, dessert les chambres de l'hôtel, dont nul ne peut sortir sans déclencher une tonitruante alarme.
Un couloir froid, aseptisé, dessert les chambres de l'hôtel, dont nul ne peut sortir sans déclencher une tonitruante alarme.
© Radio France - Sébastien Berriot

Chacun vit cette longue privation de liberté à sa manière. Les Chinois, qui sont majoritaires dans le groupe, semblent plutôt bien accepter la situation comme Wusuping, 36 ans, qui rentre d’un voyage d’affaire au Maroc. Elle explique que les journées sont longues, mais que cette quarantaine est positive, car « elle permet aux Chinois de vivre dans un environnement sans virus ». Claire, une autre Chinoise qui vit la quarantaine enceinte, va dans le même sens. Elle assure que ces mesures sont nécessaires pour contrôler le virus, en particulier à l’approche des Jeux olympiques d’hiver à Pékin. 

Routine carcérale

Mais cet enfermement total est aussi mal vécu par certains, comme Lilian, un Français qui vient rejoindre sa famille à Pékin et qui a lui effectué sa quarantaine dans la ville de Chengdu. Il estime que cela a des allures de séjour en prison. « C’est même pire que la prison », dit-il, car il n’y a pas de possibilité de promenade ou de sortie pendant toute la durée du séjour. Il juge cet enfermement excessif.

Le quotidien des voyageurs est rythmé par un protocole sanitaire strict et très chargé tout au long de la quarantaine. À plusieurs reprises, les infirmières pénètrent dans la chambre pour prélever des échantillons sur le lit, précisément sur l’oreiller, pour détecter d’éventuelles traces de covid.

La veille du départ, il y a aussi un test anal réservé à tous ceux qui prennent la direction de Pékin. La capitale est ultra protégée. Pour pouvoir s’y rendre, il faut d’ailleurs effectuer une semaine supplémentaire de quarantaine.

L'équipe

Sébastien Berriot
Sébastien Berriot
Sébastien Berriot
Journaliste