Cours de soudure au Pôle formation de l'UIMM Lorraine, Maxéville (54), le 08/11/22
Cours de soudure au Pôle formation de l'UIMM Lorraine, Maxéville (54), le 08/11/22 ©Radio France - Camille Magnard
Cours de soudure au Pôle formation de l'UIMM Lorraine, Maxéville (54), le 08/11/22 ©Radio France - Camille Magnard
Cours de soudure au Pôle formation de l'UIMM Lorraine, Maxéville (54), le 08/11/22 ©Radio France - Camille Magnard
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L'annonce par Emmanuel Macron début 2022 de la construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR2 d'ici 2035 a relancé une filière qui ces dernières années semblait vouée au démantèlement. Mais notre pays a-t-il les moyens de former les ingénieurs et ouvriers nécessaires à cette relance ?

Selon Armand Dehass, du Pôle formation de l'IUMM Lorraine, à Maxéville près de Nancy, il faut former d'urgence près de 6 000 travailleurs spécialisés dans la soudure, la tuyauterie, la chaudronnerie, pour mener à bien les chantiers EPR2 annoncés par Emmanuel Macron. Dans le secteur de la formation professionnelle à ces spécialités, c'est donc le branle-bas de combat pour monter des formations et y recruter des jeunes, du CAP au Bac Pro. Ces formations sur mesure pour les besoins de l'industrie nucléaire sont toujours menées en partenariat avec les grandes entreprises recruteuses du secteur, ce qui favorise l'accès au marché du travail, principalement en apprentissage, mais pose aussi des questions sur la manière dont le nucléaire est enseigné à ceux qui travailleront ensuite dans les centrales, avec les risques que cela représente.

L'autre défi, c'est de former des milliers d'ingénieurs pour concevoir et construire ces nouveaux réacteurs.

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"Si on écoute les donneurs d'ordres du nucléaire, les Framatome, EDF et Orano, on parle de milliers d'ingénieurs qu'il faudrait fournir. Il faudrait multiplier par trois ou quatre le nombre d'étudiants que nous formons. Nous n'avons clairement pas les moyens actuellement de le faire".

Christian Lerminiaux, directeur de Chimie ParisTech et président du groupement d'écoles d'ingénieur ParisTech.

L'autre écueil que rencontre la filière, c'est que jusqu'à récemment, elle n'attirait plus les jeunes, et les formations d'ingénieurs nucléaires fermaient faute de candidats, C'est en train de changer, doucement, reconnaissent les professeurs de l'Ecole des Mines de Nancy, en même temps que change l'image de l'énergie nucléaire dans l'esprit de leurs étudiants. Mais il reste clair que la formation, en compétences et en main d'œuvre, sera l'un des principaux défis de cette relance du nucléaire en France... poussée par l'Elysée et le gouvernement mais, rappelons-le, toujours soumise à la décision du Parlement courant 2023 après un grand débat public national sur notre stratégie énergétique pour les prochaines années.

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