En 2019, les moins de 20 ans ont passé en moyenne 4 heures 37 chaque semaine à lire des magazines. ©Radio France - Héloïse Décarre
En 2019, les moins de 20 ans ont passé en moyenne 4 heures 37 chaque semaine à lire des magazines. ©Radio France - Héloïse Décarre
En 2019, les moins de 20 ans ont passé en moyenne 4 heures 37 chaque semaine à lire des magazines. ©Radio France - Héloïse Décarre
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Résumé

Du 1er au 6 décembre 2021, le Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis a lieu à Montreuil. L’occasion d’observer les évolutions de la presse destinée aux plus jeunes. Des titres qui se lisent de plus en plus en vignettes...

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Pour inciter les jeunes à lire l'actualité en 2021, les éditeurs ont trouvé un moyen redoutable : l'illustrer. Du 1er au 6 décembre 2021, le Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis, à Montreuil, est l'occasion d'observer cette évolution. Alors que les douze livres les plus achetés grâce au Pass Culture sont des mangas, de plus en plus d’éditeurs indépendants misent sur la BD et l’illustration pour attirer les jeunes. C’est ainsi que l’actualité se lit de plus en plus en vignettes… 

De 10 à 20 ans, une passion commune : la bande dessinée

Au kiosque Presse jeunesse du salon, il y a foule. Les revues s'empilent aux pieds des enfants, et passent de main en main chez les ados. L'offre ne manque pas de diversité. Mais de 11 à 18 ans, un type de magazine fait l'unanimité : l'illustré. 

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Moi, je préfère : je trouve que ça parle plus aux enfants et on comprend mieux quand c’est en dessin.                      
Yéléna, 11 ans

En 2019, la France comptait 9 millions de jeunes lecteurs - âgés de moins de 20 ans - selon le Syndicat des éditeurs de la presse magazine. Pas de doute, la presse jeunesse a du succès, et encore plus quand elle mêle actualité et bande dessinée. C'est ce que confirme Emmanuelle Rodriguez, professeur-documentaliste au collège Jean Jaurès de Montreuil. 

Au CDI, on a des abonnements pour les élèves qui ne seraient pas abonnés à la maison : c’est important parce que ça leur permet d’avoir une première vision de l’actualité. On est abonnés à Topo et il a pas mal de succès : les élèves aiment bien le côté documentaire transmis par le dessin.

Une presse indépendante, créative et plus accrocheuse

Topo, c'est le petit frère de la Revue dessinée, magazine destiné aux adultes. Sur le même principe, le plaisir de la BD est associé au sérieux du journalisme pour raconter l'actualité aux moins de 20 ans. Explications de Laurence Fredet, rédactrice en cheffe.  

On essaie de séduire les jeunes avec de la BD, mais en choisissant aussi des thématiques qui les concernent. Les magazines jeunesse partent souvent du principe qu’ils n’aiment pas lire, donc les articles sont très courts. Grâce à la BD, on n'a pas cette problématique : dans une image on peut raconter énormément de choses, prendre le temps de recontextualiser chaque information...

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En associant le point de vue des journalistes à celui des dessinateurs, de nombreux éditeurs indépendants ont aussi le projet de représenter un monde plus diversifié. C'est en tout cas ce que tente de faire Julie Staebler dans son journal Biscoto, à destination des 8-13 ans. A l'intérieur, les personnages ne sont pas hypersexualisés, ni représentés par des rôles stéréotypés.

Être amené à voir des supports différents, des images différentes, qui sont moins normées, ça cultive une forme de curiosité.

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Le caractère graphique est donc essentiel dans ce type de presse jeunesse. La revue devient un objet que l'on peut garder, voire collectionner. C'est le cas de Baïka Magazine, à destination des 8-12 ans. Loin des photos traditionnelles, les couleurs vives de la couverture de ce trimestriel, qui explore un pays étranger à chaque numéro, attire instantanément le regard. 

On n'a quasiment pas de photos. La place de l’illustration est centrale. Je voulais m’éloigner de la presse traditionnelle documentaire que je lisais petite et créer un univers graphique différent : faire du documentaire illustré.                    
Noémie Monnier, éditrice et créatrice du magazine. 

Impression en France, papier recyclé, absence de publicité... Ce sont les points communs des nouveaux magazines indépendants de la presse jeunesse.
Impression en France, papier recyclé, absence de publicité... Ce sont les points communs des nouveaux magazines indépendants de la presse jeunesse.
© Radio France - Héloïse Décarre

La bande-dessinée : porte d’entrée vers la lecture

La forme, c'est important, mais pas question de négliger le fond. Le contenu de ces revues dessinées est tout aussi soigné. Anne Bensoussan est co-éditrice à la Maison Georges. Dans ses magazines, Graou pour les 3-7 ans, et Georges pour les 7-12 ans, on ne sous-estime pas les enfants.

La force de Georges, c’est qu'on ne prend pas les enfants pour des idiots. On est exigeantes sur le vocabulaire aussi : ça passe par l’image mais nos lectrices et lecteurs sont également intéressé.e.s par le texte !

La presse jeunesse est d'ailleurs un des éléments clés pour développer la pratique de la lecture chez les jeunes. En atteste Sonia de Leusse-Le Guillou, directrice de l'association Lecture Jeunesse, qui a pour but de développer la lecture et l'écriture des ados.

La presse adolescente et jeunesse entretient une pratique de lecture, et la développe tout au long de la construction des jeunes. Un abonnement, c’est vraiment un rendez-vous, il y a un effet d’attente. L’intérêt, c’est aussi cette proximité avec le lectorat et cette capacité à traiter des sujets qui sont au cœur des préoccupations des ados.

Et cela fonctionne : en 2019, les moins de 20 ans ont passé en moyenne 4 heures 37 chaque semaine à la lecture de leurs magazines.

Pour un abonnement d'un an à ces revues indépendantes, il faut compter entre 38 et 70 euros selon les titres, qui ne comportent aucune publicité.
 

Références

L'équipe

Héloïse Décarre
Journaliste