Une cinquantaine d'animateurs se sont réunis à Montpellier pour proposer trois jours de live au profit d'Action Contre la Faim.
Une cinquantaine d'animateurs se sont réunis à Montpellier pour proposer trois jours de live au profit d'Action Contre la Faim. - Timo Verdeil
Une cinquantaine d'animateurs se sont réunis à Montpellier pour proposer trois jours de live au profit d'Action Contre la Faim. - Timo Verdeil
Une cinquantaine d'animateurs se sont réunis à Montpellier pour proposer trois jours de live au profit d'Action Contre la Faim. - Timo Verdeil
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Cette année encore, le Z Event a battu des records en récoltant dix millions d'euros au profit de l'association humanitaire Action Contre la Faim. Retour sur un évènement et une communauté qui réinventent l'action caritative.

Cinquante streamers, dix millions d'euros, plus de 700 000 spectateurs au pic d'activité : pour sa sixième édition consécutive, le marathon de jeu vidéo caritatif s'est surpassé.

Pour Alexandre Dachary, co-fondateur du projet, l'évènement a bénéficié d'un effet boule de neige ces dernières années : "La comparaison est un peu audacieuse, mais c'est comme la Coupe du monde de football : il y a des gens qui ne suivent pas du tout le foot dans l'année, voire que cela n'intéresse pas. Mais exceptionnellement, parce que cet évènement est un peu unique, ils en regardent au moins une partie".

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Cette année, la part de néo-consommateurs est d'autant plus importante que le confinement a amené de nouveaux publics vers le jeu et l'ensemble des contenus proposés sur la plateforme Twitch. "En temps normal, les animateurs touchent deux tranches majoritaires" reprend Alexandre Dachary. "Les 12-18 ans, qui regardent du jeu tendance et gratuit et les 18-30 ans, qui, si je caricature, cherchent du jeu indépendant ou du contenu plus varié. Lors du Z Event, on a déjà les parents de ces gens-là. Mais aussi d'autres catégories de population déjà familières du caritatif, parce que habituées au Téléthon par exemple, mais pas du streaming. Eux ne suivent pas forcément l'évènement, ou alors seulement par bribes, mais trouvent cela sympa et font un don à cette occasion."

PV Nova et LittleBigWhale, Fianso, LEJ... Les artistes se sont relayés sur scène lors de la soirée d'ouverture
PV Nova et LittleBigWhale, Fianso, LEJ... Les artistes se sont relayés sur scène lors de la soirée d'ouverture
- Timo Verdeil

Action Contre la Faim : "un combat qui résonne dans notre communauté" 

Les bénéfices sont directement reversés sur le compte d'une association sélectionnée par les organisateurs : "On a toujours choisi des blockbusters de l'associatif, parce qu'on veut être sûrs de se retrouver face à une structure capable de gérer les montants récoltés. Les premières années, on s'est concentrés sur le secteur médical, pour que cela parle à l'ensemble de notre communauté". Les premiers dons ont donc été accordés à l'Institut Pasteur, la Croix-Rouge, ou encore Médecins sans frontières.

Forts de la réputation et de la légitimité acquise par l'évènement, les organisateurs ont récemment décidé d'élargir leur champs d'action : "La crise sanitaire a un peu occulté certains combats : 'Black Lives Matter', l'égalité hommes-femmes, le harcèlement sexuel... C'est pour cela qu'on a fait le choix d'Amnesty en 2020, même si on savait que c'était clivant".

Cette année c'est Action Contre la Faim qui a bénéficié de ce coup de projecteur : "Il n'y avait pas de contexte particulier, mais c'est un combat qui faisait partie de notre liste de priorités. On savait aussi que cela pouvait parler aux jeunes, puisqu'il existe des partenariats entre l'association et l’Éducation nationale avec notamment la course contre la faim. Cela résonnait chez nous, alors on s'est dit... pourquoi pas eux ?" 

Tout au long du week-end, les streamers animent des émissions, se lancent défis et soulèvent des fons via PayPal ou Streamlab
Tout au long du week-end, les streamers animent des émissions, se lancent défis et soulèvent des fons via PayPal ou Streamlab
- Timo Verdeil

Le streaming, une autre manière de mobiliser 

De l'autre côté du compte en banque, Lucie Codiasse, porte-parole d'Action Contre la Faim, n'en revient toujours pas : "Au moment où on a reçu le mail, on était en plein dans la crise en Afghanistan. Toute l'énergie de l'équipe était tournée vers des choses vraiment difficiles... Donc le mail de Dach - Alexandre Dachary - était vraiment une très bonne nouvelle". Du 29 au 31 octobre dernier, Lucie Codiasse s'est rendue à Montpellier pour passer le Z Event aux côtés des streamers : "Il y avait une ambiance absolument incroyable" rapporte-t-elle. "Ce qui m'a vraiment marquée, c'est l'engagement. On sent qu'ils prennent énormément de plaisir à faire quelque chose d'utile". Un engagement partagé par les spectateurs, qui interagissent régulièrement avec les animateurs : "Quand j'ai expliqué les programmes d'Action Contre la Faim en live avec ZeratoR - Adrien Nougaret, co-organisateur du Z Event-, il y a eu énormément de commentaires dans le chat. Les gens étaient vraiment touchés par la problématique de la faim, notamment quand j'ai montré la petite règle qui sert à mesurer le périmètre brachial pour savoir à quel point un enfant est malade".  Cette interaction, et les dons qui en découlent, Lucie Codiasse les interprète comme un message d'espoir : "Le stream, c'est un univers que l'on découvre complètement. Le plus intéressant, c'est la dimension transgénérationnellle, qui nous a vraiment permis de passer un message et de toucher un public jeune qu'on a parfois du mal à atteindre."

Lucie Codiasse, porte-parole d'Action Contre la Faim, est venue présenter les missions de l'association sur le live de Dach (Alexandre Dachary).
Lucie Codiasse, porte-parole d'Action Contre la Faim, est venue présenter les missions de l'association sur le live de Dach (Alexandre Dachary).
- Timo Verdeil

Un budget pour les crises oubliées 

Ces dix millions d'euros, Action Contre la Faim promet de les réinvestir d'ici la fin de l'année de 2022 : "Cet argent est destiné aux crises oubliées, c'est-à-dire celles dont on parle trop peu dans les médias, et pour lesquelles on a du mal à obtenir des financements", souligne Lucie Codiasse. "On a malheureusement plein d'exemples dans nos pays d'intervention. Je pense notamment à la République centrafricaine, où 60% des gens souffrent de la faim et à peine la moitié des besoins sont financés. Sans ces fonds-là, notre centre de soin pédiatrique à Bangui aurait certainement dû fermer". 

Les programmes d'Action Contre la Faim sont divisés en quatre branches : la santé et la nutrition, notamment chez les enfants de moins de cinq ans ; la sécurité alimentaire, c'est-à-dire faire en sorte que chacun puisse bénéficier d'une alimentation de qualité, juste et durable ; la question de l'accès à l'eau ; et enfin celle de la santé mentale et la gestion des chocs traumatiques, puisqu'il n'est pas rares que les populations cibles aient dû fuir pour sauver leur vies.