Albert Camus en 1956
Albert Camus en 1956
Albert Camus en 1956 ©AFP - © Usis-Dite/Leemage
Albert Camus en 1956 ©AFP - © Usis-Dite/Leemage
Albert Camus en 1956 ©AFP - © Usis-Dite/Leemage
Publicité
Résumé

Entretien avec Jacques Ferrandez qui signe l'adaptation en BD du récit inachevé d'Albert Camus "Le premier homme".

avec :

Jacques Ferrandez (Auteur de bande dessinée), Alice Kaplan (Écrivaine, historienne et professeure de littérature française à l'Université de Yale.).

En savoir plus

Vendredi BD dans le Réveil culturel, avec :

Jacques Ferrandez, auteur de BD, pour Le premier homme, aux éditions Gallimard.

Après avoir adapté L'étranger d'Albert Camus, Jacques Ferrandez reprend le roman inachevé Le premier homme, un texte où l'écrivain déroule l'histoire de sa vie et de ses souvenirs à travers la fiction. L'histoire d'Albert Camus se lie dans le temps à celle de Jacques Ferrandez par leur lien à Alger. L'auteur de BD y naît en 1955 et sa famille habitait tout proche du domicile d'Albert Camus.
Son adaptation du Premier homme tire le roman du côté de la fiction. Il ne raconte pas l'histoire de Camus mais celle de son alter-ego, Jacques Cormery, il lui fallait un peu d'espace pour raconter ce récit. Au travers de celui-ci, il esquisse une Algérie de la colonisation et tisse en filigrane le portrait d'Albert Camus.

Publicité

Dans ce récit, Camus veut rendre justice aux siens, cette communauté dont il est issu, et mettre l’accent sur le fait que l’Algérie, à l’époque de la colonisation, comprenait une population française qui n’était pas que des gros colons, il y avait aussi cette population de petits blancs à laquelle il veut rendre hommage.

Planche de "Le premier homme" de Jacques Ferrandez
Planche de "Le premier homme" de Jacques Ferrandez
- Gallimard BD

Ce qui m’a touché dans "Le premier homme" c’est que Camus, plus ou moins excommunié du milieu intellectuel parisien, décide de faire ce roman en dehors de toutes les polémiques journalistiques. Il ne pouvait pas se résoudre, dans le déchirement qui était le sien à cette époque-là, à envisager une Algérie sans cette communauté à laquelle il appartenait, ces petits blancs, ces Français de peu qui habitaient le pays. Il fait un travail de mémoire par rapport à son père mort à la guerre de 14, une famille maternelle qui n’avait pas les mots pour raconter cette histoire, il prend en charge ce témoignage, cette mise en perspective de tout ce parcours qui est aussi le sien.

Planche de "Le premier homme" de Jacques Ferrandez
Planche de "Le premier homme" de Jacques Ferrandez
- Gallimard BD

Si Camus avait eu le temps de terminer son roman, peut-être aurait-il davantage parlé de ses propres engagements, quand, par exemple, en 1938/1939 il dénonce la misère en Kabylie et le système colonial, c’est une forme d’engagement qui du coup ne le rend pas suspect d’être un nostalgique de cet ordre colonial français en Algérie.

Pour aller plus loin, écoutez ces deux émissions bonus, enregistrées avec le concours de l'Institut Français à Alger

Ecoutez Jacques Ferrandez et Tewfik Hakem, en balade dans le quartier de Belcourt à Alger, rencontrant l'algéroise Assia qui raconte l'Algérie de sa jeunesse et partage ses souvenirs :

Moi j’ai été élevée comme ça, il fallait s’accepter, nous sommes tous des êtres humains, je rentrais à l’église avec mes camarades pieds-noirs, chrétiens et moi musulmane, c’est tout !

Assia

Jacques Ferrandez et Assia

25 min

Jacques Ferrandez dans le quartier Belcourt à Alger
Jacques Ferrandez dans le quartier Belcourt à Alger
© Radio France
Jacques Ferrandez avec Assia
Jacques Ferrandez avec Assia
© Radio France

Ecoutez un entretien avec Alice Kaplan, essayiste et universitaire américaine, auteure d'un ouvrage consacré à Albert Camus : En quête de «L'Étranger», aux éditions Gallimard, et évoque l'importance du Premier homme dans l'oeuvre de Camus et son adaptation en BD par Jacques Ferrandez :

Alice Kaplan

7 min