Eisenstein montant Octobre, 1927. RGALI, 1923/1/217, f.1 - Centre Pompidou-Metz - © Russian State Archive of Literature and Art
Eisenstein montant Octobre, 1927. RGALI, 1923/1/217, f.1 - Centre Pompidou-Metz - © Russian State Archive of Literature and Art
Eisenstein montant Octobre, 1927. RGALI, 1923/1/217, f.1 - Centre Pompidou-Metz - © Russian State Archive of Literature and Art
Publicité
Résumé

Rencontre avec la commissaire Ada Ackerman autour de la figure du cinéaste russe, Sergueï Eisenstein (1898-1948), homme de théâtre, dessinateur, théoricien, collectionneur, à l'occasion de l'exposition " L'Oeil extatique. Sergueï Eisenstein, cinéaste à la croisée des arts", au Centre Pompidou-Metz

avec :

Ada Ackerman (Chargée de recherche au CNRS, commissaire d'expositions).

En savoir plus

Mardi-expo

Tewfik Hakem s'entretient avec Ada Ackerman, commissaire - avec Philippe-Alain Michaud - de l'exposition L'Oeil extatique. Sergueï Eisenstein, cinéaste à la croisée des arts, au Centre Pompidou-Metz, jusqu'au 24 février 2020. Une rétrospective qui donne à voir tout le génie créateur de l'artiste, non seulement du cinéaste avec les grands films qui l'ont fait connaître - de La Grève (1925) au Cuirassé Potemkine, (même année), en passant par Octobre (1928) à Alexandre Nevski, (1938) ou encore, Ivan le Terrible (1944-46) - mais aussi de l'homme de théâtre, du dessinateur, du théoricien voire du collectionneur, avec ses expérimentations théâtrales, ses dessins ou ses projets inachevés.

L'extase est un concept absolument central dans la pratique et la théorie d'Eisenstein - "extase" au sens littéral, sortir de soi - Eisenstein veut transformer durablement son spectateur, le faire sortir de lui-même pour qu'il devienne autre, et "extase" au sens mystique, religieux du terme, parce qu'Eisenstein est passionné par les rituels religieux et qu'il cherche à transposer ces techniques de transformation d'affects du corps aux champs du cinéma.

Publicité
Sergueï Eisenstein, Ivan le terrible, 1945
Sergueï Eisenstein, Ivan le terrible, 1945
- Sergueï Eisenstein, Centre Pompidou-Metz 2019

Eisenstein se prête tout particulièrement à être exposé, parce que contrairement à d'autres cinéastes, c'est quelqu'un qui n'a cessé de considérer que le cinéma était en continuité avec l'ensemble de l'histoire de l'art : ses films sont nourris de tout un ensemble de sources picturales plastiques, et par ailleurs, c'est aussi un cinéaste théoricien qui a beaucoup réfléchi à l'histoire de l'art à partir du point de vue du cinéma.

Eisenstein, Esquisse de marionnette pour la pièce “Arlequin honnête“  1921  paper,  graphite pencil, watercolor, ink, bronze paint, 36 х 19,9
Eisenstein, Esquisse de marionnette pour la pièce “Arlequin honnête“ 1921 paper,  graphite pencil, watercolor, ink, bronze paint, 36 х 19,9
- Eisenstein © Russian State Archive of Literature and Art

Avec cette exposition, on a l'ambition de faire redécouvrir un cinéaste de génie mais plus largement, un artiste polyvalent, visionnaire, qui accueille toutes les innovations avec enthousiasme, se saisit de chaque medium avec énormément d'inventivité, est capable d'absorber autant l'héritage passé que les réalisations de ses contemporains. C'est aussi un artiste indissociable des révolutions russes, et qui voudra mettre son art au service de cette nouvelle société en construction.

Sergueï Eisenstein, Le Cuirassé Potemkine, 1925
Sergueï Eisenstein, Le Cuirassé Potemkine, 1925
- Sergueï Eisenstein - Centre Pompidou- Metz 2019

Dès les années 30 - Eisenstein est un artiste dont les relations au pouvoir doivent être expliquées car complexes - s'il embrasse d'emblée ce nouveau régime, on lui reprochera très vite d'être trop révolutionnaire au niveau artistique, trop avant-gardiste et incompris des masses. 

Ses relations avec Staline vont se détériorer, beaucoup de ses films sont censurés, mutilés voire détruits, il est attaqué par ses contemporains. Il doit subir l'exercice très humiliant de l'auto-critique, voit beaucoup de ses confrères arrêtés voire exécutés, et s'il meurt à 50 ans, et c'est en grande partie à cause des pressions qu'il a subies tout au long de sa carrière.

Programmation musicale

Edmund Meisel, musique composée pour le film de Sergueï  Eiseinstein, Le Cuirassé Potemkine, en 1925. Version de l’Orchestre de la Suisse Italienne dirigé par Mark Andreas en 1987. Le Cuirassé Potemkine / The Harbor of Odessa ( Label, Edel Company ) 

59 min
Références

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Vincent Abouchar
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration