Nina Bouraoui,
Nina Bouraoui,  ©Radio France - Corinne Amar - janvier 2020
Nina Bouraoui, ©Radio France - Corinne Amar - janvier 2020
Nina Bouraoui, ©Radio France - Corinne Amar - janvier 2020
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Rencontre avec la romancière Nina Bouraoui qui fait paraître "Otages", aux éditions JC Lattès

Avec

Lundi-Livre 

Tewfik Hakem s'entretient avec l'écrivaine Nina Bouraoui à propos de son roman, Otages, paru aux éditions JC Lattès. Avec la chronique d'Oriane Jeancourt, de la revue Transfuge

"Otages", c'est l'histoire de Sylvie Meyer, ouvrière de cinquante-trois ans larguée récemment par son mari - un retour à la fiction - et un roman qui évoque les souffrances intimes liées au travail. Le texte a d'abord été joué au théâtre (mise en scène de Richard Brunel), il a eu du succès. Je l'ai oublié dans un tiroir. Depuis 2015, c'est un livre qui attendait.

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J'ai grandi dans un pays, l'Algérie, où les femmes sont souvent en danger. C'était urgent pour moi de parler de la condition des femmes. 

Cette femme est otage de son chagrin amoureux, de son patron, d'une situation économique - la boîte dans laquelle elle travaille va très mal -son patron lui demande de faire des heures supplémentaires, de surveiller les autres salariés... Un jour, elle se réveille et ne veut plus de tout ce qu'on exige d'elle.   

"Je suis devenue Sylvie Meyer en l'écrivant"

Toutes ces angoisses là, en 2015, sont toujours là en 2020, plus fortes encore ; Sylvie Meyer les a absorbées. J'écris sur la liberté. Nous sommes prisonniers de notre passé, de notre histoire, de notre pays. Sylvie Meyer va devenir elle-même le "violeur" qu'elle a rencontré.

Cet homme qui va la flatter, la faire tomber dans ses filets, je l'ai rencontré. Comme ces jeunes filles à leur âge, le danger masculin je l'ai rencontré, mais mon homosexualité m'a sauvée à ce moment-là.

La littérature aide aussi à dénoncer la violence. Tant que les femmes seront des proies, les étrangers, les enfants, seront des proies - comme si, tant qu'on manquera de respect à une femme, cette indignité se propagera sur les minorités. Face à la crise ? Il faut parler.

Programmation musicale 

Lesley Gore, You don't know me

5 min

Avec la chronique de

Oriane Jeancourt, de la revue Transfuge, qui évoque le numéro de janvier et deux romans ; celui de Vanessa Springora, Le consentement (éditions Grasset), celui de Constance Debré, Love Me Tender (éditions Flammarion)  

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Vincent Abouchar
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration