Bayon
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Bayon ©AFP - Fred Dufour
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Résumé

Le journaliste et écrivain, Bayon, est l'invité du Réveil Culturel pour son roman "Ictus", paru aux éditions Fayard.

avec :

Bayon (écrivain, journaliste).

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Tewfik Hakem s'entretient avec l'écrivain, Bayon, à l'occasion de la parution de son roman, Ictus, aux éditions Fayard. L'ancien critique de Libération raconte l'histoire d'un écrivain qui ne reconnaît plus ses propres livres. De ce constat, démarre une longue introspection. L'auteur alors, écrit un autre livre afin de re-convoquer les précédents.

"Ictus" désigne un état neurologique spécial, une amnésie brutale, violente, très affective. Au moment où cet enfant - un jeune garçon de 6 ans, proche de l'auteur - me présente mes livres, je ne les connais pas, ce ne sont plus mes livres. C'est terrible, parce que je vois que cet enfant attend quelque chose de moi, qu'il est fier de sa découverte. Au moment où je ressens ce trouble, je ne sais pas comment le dissimuler : une partie de moi n'était plus moi.

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Première page d'Ictus, de Bayon
Première page d'Ictus, de Bayon
- Éditions Fayard

"Ictus" est une sensation totalement inédite de désorientation complète de soi. Son cas est diagnostiqué : "ictus amnésique".

Cet enfant, orphelin, comme sa sœur, de fraîche date est l'enfant d'une femme qui a péri dans un atroce accident de tournage, en Argentine. On peut considérer que l'Ictus vient du remue ménage de cette commotion. Moi je suis à l'extérieur, je ne suis qu'une pièce rapportée à la famille, c'est un dommage collatéral de cette scène de crime épouvantable. Ça produit cet effet curieux qui est qu'au moment où un enfant qui est orphelin, depuis un mois, me parle de mes livres, il y a quelque chose qui se brise en moi. Et le plus troublant, c'est que cette amnésie dure. 

"La lumière qui s'éteint", c'est le titre d'un très beau roman de Rudyard Kipling, une vague réminiscence avec Gainsbourg, Bashung.... Je suis hanté mais pas nostalgique.

Écrire sur le rock, sur le cinéma, sur les livres, tout ça, c'était du journal, du quotidien, ce n'est pas la même forme d'approche de l'écriture. Les articles, même si ils avaient leur poids d'hermétisme et d'incompréhensible, étaient accessibles. Les livres, c'est différent. C'est une Atlantide, c'est un territoire à part. 

Les livres c'est à la fois attirant et en même temps, quelle pénitence ! Il faut ne pas vivre pour écrire, il faut avoir vécu et en même temps, il faut arrêter de vivre, être pur, être religieux. 

Programmation musicale

Alain Bashung, Rebel

A écouter aussi : Bayon, dans A plus d'un titre, le 11 mai 2010.

1h 00
Références

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Vincent Abouchar
Réalisation
Corinne Amar
Collaboration