Roland Joffé : "Desmond Tutu avait bien compris que pardonner n'est pas seulement un mot"

Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker
Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker - © Sage Distribution
Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker - © Sage Distribution
Forgiven, de Roland Joffé, avec Forest Whitaker - © Sage Distribution
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Rencontre avec le réalisateur de " Forgiven ", film qui revient sur l'Afrique du Sud, à la sortie de l'Apartheid, avec Forest Whitaker qui joue le rôle de Desmond Tutu, l'Archevêque qui a présidé la commission Vérité et réconciliation.

Mercredi-ciné

Tewfik Hakem s'entretient avec le réalisateur, Roland Joffé, à l'occasion de la sortie de son film, Forgiven, qui raconte ce moment très particulier (en 1994) de la sortie d'un pays, d'une guerre, mais surtout d'un système qui aura duré très longtemps, celui de l'Apartheid. 

Ce qui a été tellement important pour moi dans cette situation, c'est qu'il n'y a pas eu de guerre civile en Afrique du Sud, et cela, grâce à la mentalité, à l'habileté, à l'honnêteté de Nelson Mandela et de l'Archevêque Desmond Tutu, qui ont compris qu'il ne fallait pas hésiter à voir la vérité, qu'il fallait admettre que dans ce régime d'apartheid où il s'était passé des choses tellement affreuses - tortures, meurtres - il était bien possible qu'un désir de revanche puisse saisir n'importe qui.

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Mandela avait bien compris ce prix de la violence, il en avait souffert, étant lui-même violent, jeune. Il l'avait encore plus compris en prison : que la violence se paie avec plus de violence encore, que pardonner n'est pas seulement un mot.

Forgiven, de Roland Joffé, avec Eric Bana
Forgiven, de Roland Joffé, avec Eric Bana
- © Saje Distribution

On ne peut pardonner à quelqu'un qui n'admet pas avoir eu tort, mais si on confronte quelqu'un qui dit : c'est la vérité, je l'ai fait, une fois dit, cela libère. Nelson Mandela et Desmond Tutu ont compris qu'on peut trouver le pardon et la rédemption si on confronte les issues avec honnêteté.

La sagesse de Mandela est d'avoir compris qu'il n'existe pas de formule type, de guérison totale, mais il s'agit quand même de guérison. Cette confrontation avec un ancien policier tortionnaire emprisonné qui va progressivement évoluer, dans un sens, c'est vrai. Il est incapable peut-être de demander pardon, mais en même temps il commence à se connecter à sa propre humanité. C'est ça qui m'intéresse.

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