Une influenceuse préparant un live instagram. ©Getty - Westend61
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Résumé

Sur les réseaux sociaux, il existe des arnaqueurs d'un nouveau genre - des arnaqueurs dont le visage est connu, dont l’image même, et la notoriété, sont les appâts qui permettent d’attirer des proies nombreuses dans leurs filets... Alors, qui doit réguler le monde de l'influence ?

avec :

Jean-Baptiste Boisseau (Co-fondateur de Signal Arnaques, plateforme communautaire de signalement de l’escroquerie en ligne), Marjolaine Koch (Auteure), Yannick Pons (Directeur de création chez Reech, entreprise experte de l’influence marketing créée en 2015 qui accompagne des marques dans leurs stratégies d’influence).

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Ce jeudi 28 juillet, un coup de projecteur a été porté en direction des influenceurs. Par qui ? Le rappeur superstar Booba, qui, après avoir été lui-même piégé, accuse plusieurs influenceurs d’escroquer leurs abonnés.

Alors, quelles nouvelles formes prennent les arnaques, vieilles comme le monde, à travers Internet et les réseaux sociaux, et en particulier à travers les influenceurs ? Y a-t-il de réelles nouveautés ou s'agit-il toujours des mêmes bons vieux procédés ? Quelle est la réalité de ces accusations d’escroquerie, d’arnaque, ou même de dérive sectaire ? Sont-elles justifiées ? Y a-t-il au contraire des influenceurs vertueux ? Et surtout, qui peut agir et comment agir face aux dérives ? Qui doit réguler le monde de l’influence ?

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Pour discuter de ces questions, Quentin Lafay reçoit Yannick Pons, directeur de création chez Reech, entreprise experte de l’influence marketing créée en 2015 qui accompagne des marques dans leurs stratégies d’influence, Jean-Baptiste Boisseau, co-fondateur de Signal Arnaques, plateforme communautaire de signalement de l’escroquerie en ligne, et Marjolaine Koch, journaliste indépendante membre du collectif de presse Extra Muros, qui a publié plusieurs enquêtes, à France Inter et dans Les Jours, sur le marketing sectaire et les influenceurs.

Pour Yannick Pons, il existe des dérives, cependant le monde de l’influence reste majoritairement vertueux. "Ces activités ne sont pas inhérentes à l’influence, ces arnaques existent via d’autres médiums. L’influence est un vecteur plus rapide et fort, par le lien qui est partagé entre l'influenceur et sa communauté." Face aux dérive, il remarque un déplacement sémantique dans la qualification de ce nouveau métier : "Le terme de créateur de contenu est un terme usé pour se différencier des influenceurs, nom aujourd'hui désavoué à cause de ces activités malveillantes." Les actions de modération disponibles au niveau des plateformes existent mais sont faibles : "L'outil principal reste la mécanique de signalement qui doit être massivement utilisée. Cependant, celle-ci est difficile pour les contenus audios ou vidéos dont la thématique est une arnaque."

Selon Jean-Baptiste Boisseau, il existe trois types d’arnaques. "D'abord le type d'arnaque vente, souvent illégale comme des ventes de permis de conduire. Puis, les jeux, comme les faux concours et pronostics. Enfin, la dernière catégorie, ce sont les placements financiers alternatifs ou schémas pyramidaux." Il note également que le profil des piégés est plus hétéroclite que l'on pourrait intuitivement le penser. "Ces arnaques ne sont pas réservées au moins de vingt-cinq ans, il existe des victimes de tout âge qui entrent en contact avec nous". Concernant les actions d'assistances aux victimes proposées, Jean-Baptiste Boisseau se plaint d'un manque de procédures proposées par le droit français : "On n'a pas de vraies class actions à la française. De plus, les actions de groupes créés par la loi Hamon, qui permettent aux particuliers de se réunir pour porter plainte collectivement, sont souvent inefficaces."

Dans son enquête, Marjolaine Koch met au jour le profil particulier des victimes de systèmes de Ponzi. "Ce sont souvent des jeunes, bons élèves des classes populaires issus de banlieue. Ils se lancent dans le trading, car il n'y a pas de place pour eux dans le marché du travail. Alors ils se créent leur propre société, avec des codes, un langage, des activités sportives partagées. Il est dur pour les victimes de s'extraire de cette nouvelle communauté car la dérive sectaire les entraîne à exclure de leurs fréquentations ceux qui ne sont pas en accord avec leurs projets."

Références

L'équipe

Quentin Lafay
Production
Jeanne Coppey
Collaboration
Aliette Hovine
Production déléguée
Anna Pheulpin
Collaboration