Comment les institutions judiciaires, civiles, militaires et privées prennent en compte les menaces?
Comment les institutions judiciaires, civiles, militaires et privées prennent en compte les menaces?
Comment les institutions judiciaires, civiles, militaires et privées prennent en compte les menaces? ©Getty - ANDRZEJ WOJCICKI/SCIENCE PHOTO LIBRARY
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Résumé

En contexte de guerre et d’élection présidentielle, le risque de manipulation des données s’accroît. L’Union européenne tente alors de réguler les cybermenaces en mettant en œuvre de nouveaux outils. A quelles menaces faisons-nous face ? Comment mesurer le risque et lutter contre celui-ci ?

avec :

Olivier Tesquet (Journaliste), Julien Nocetti (Chercheur au centre GEODE (Géopolitique de la datasphère, Université Paris 8), professeur à Saint-Cyr Coetquidan, directeur de la chaire Cybersécurité à Rennes School of Business), Didier Danet (maître de conférences à l'université de Rennes, responsable du Pôle Action globale et forces terrestres).

En savoir plus

Les soupçons de manipulation des élections aux États-Unis en 2016 et les MacronLeaks publiées à l’avant-veille du deuxième rendez-vous de la présidentielle de 2017 ont mis en avant les capacités de malveillance de certains groupes ou états cybercriminels.

Depuis ces dates, la France comme d’autres états européens, s’est dotée d’un commandement de la cyber défense et d’une agence chargée de lutter contre les fake news venues de l’étranger.

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Mais la guerre en Ukraine a rajouté à ces menaces sur la vie démocratique et économique d’un pays et de ses entreprises l’exercice en temps réel du mélange entre attaques militaires armées et attaques informatiques, comme celle menée le 24 février, jour de l’offensive russe, contre la société américaine Viasat et ses communications par satellite.

Nous allons donc essayer de comprendre ce qu’il y a d’offensif et de défensif dans ces cyberguerres. Attention ! Les défenseurs de la langue française risquent d’avoir les oreilles agressées par le nombre d’acronymes et d’expressions anglo-saxonnes qui peuvent être utilisées lors de cette émission.

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Didier Danet, maître de conférences à l’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, directeur du Mastère "Opérations et Gestion des crises en Cyberdéfense", Julien Nocetti, chercheur associé au Centre Russie/NEI de l'Institut français des relations internationales (Ifri), chercheur au centre GEODE (Géopolitique de la datasphère), enseignant-chercheur à l’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan et Olivier Tesquet, journaliste à Télérama, spécialiste des questions numériques.

Didier Danet met en lumière la nécessité d'intégrer davantage le cyber espace dans l'action globale des États : "Il y a des actions cyber diverses pendant cette guerre (...) Les russes ont de vraies compétences cyber, de très haut niveau, notamment dans les agences d'État, mais ils ont un problème de coordination entre ce qui est fait dans le domaine cyber et ce qui est fait sur le terrain. Un des premiers enseignements de la guerre en Ukraine est la difficulté de bien coordonner. De plus, il y a une multiplication incontrôlée des acteurs. (...) Il faut intégrer la dimension nouvelle qu'est le cyber espace dans l'action globale des forces armées, et notamment des forces terrestres. Il faut des ingénieurs, des militaires, des philosophes, des juristes. Le cyber ne peut se comprendre que si on en a une vue globale."

Julien Nocetti souligne la nécessité de penser les attaques cyber dans le temps long, et la prise en compte de plus en plus importantes de ces attaques au niveau international :  "Il y a un savoir-faire russe qui a contribué à renforcer la puissance russe. Mais il ne faut pas surestimer la capacité de la Russie. (...) Une "vraie" attaque cyber, avec des conséquences majeures, demandent des mois voire des années de préparation. Il y a un temps long du cyber, qu'il faut garder à l'esprit. (...) Il y a eu une prolifération de doctrines qui font état de ce volet offensif, avec l'évolution d'un contexte international qui utilise le cyber à des fins stratégiques. Il y a une prise en compte beaucoup plus forte de ce versant offensif."

Olivier Tesquet note la difficile coordination de la réponse face aux cybermenaces : "L'élection de Donald Trump et les MacronLeaks ont poussé l'Etat français à se doter d'un certain nombre d'outils afin de se prémunir contre ce type de menace. (...) Le talent de la Russie est d'articuler sa stratégie autour de groupes de hackers. La puissance est plutôt projetée que réelle. (...) C'est très difficile d'organiser une réponse coordonnée. (...) La tentation est grande de la part de la France de mettre en oeuvre des opérations pour rivaliser avec la Russie."

Bibliographie :

  • Olivier Tesquet, État d'urgence technologique : Comment l'économie de la surveillance tire parti de la pandémie, Premier Parallèle, 2021
  • Stéphane Taillat, Amaël Cattaruzza, Didier Danet, La Cyberdéfense : politique de l'espace numérique, Armand Colin, 2018
Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration
Juliette Mouëllic
Collaboration