Portrait de Jean Castex, nommé Premier ministre par Emmanuel Macron, le vendredi 3 juillet 2020 ©AFP - Ludovic Marin / AFP
Portrait de Jean Castex, nommé Premier ministre par Emmanuel Macron, le vendredi 3 juillet 2020 ©AFP - Ludovic Marin / AFP
Portrait de Jean Castex, nommé Premier ministre par Emmanuel Macron, le vendredi 3 juillet 2020 ©AFP - Ludovic Marin / AFP
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Résumé

Sous la Ve République, le rôle du Premier ministre dans la mise en œuvre du programme présidentiel est remis en cause, alors que le chef de l’État endosse l’ensemble de la responsabilité politique. Mais cette "hyper-présidence" peut-elle se passer de Matignon ?

avec :

Philippe Raynaud (Professeur émérite de science politique à l'université Panthéon-Assas, membre de l'Institut universitaire de France), Raphaëlle Bacqué (grand reporter au quotidien "Le Monde"), Marie-Anne Cohendet (Constitutionnaliste, professeure de droit public à Paris I - Panthéon-Sorbonne, spécialiste des institutions de la Vème république).

En savoir plus

Ce lundi 6 juillet, dans les Matins d'été de France Culture menés par Chloé Cambreling, l’historien des institutions Nicolas Rousselier déclarait ne pas croire que le nouveau Premier ministre pouvait aujourd'hui être qualifié de « collaborateur ». On peut alors se demander à quoi sert réellement le Premier ministre ?

De nombreux observateurs notent aussi que le rôle de Premier ministre s’est progressivement érodé avec le passage au quinquennat, la volonté sarkozyste de défendre l’idée d'une "hyper-présidence" et le positionnement d’Emmanuel Macron en chef jupitérien. 

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Alors qu’est-ce qu'un Premier ministre : un vice-président ? Un fusible ? Un collaborateur ?

Pour répondre à cette question, nous recevons Raphaëlle Bacqué, grand reporter au journal Le Monde, familière des coulisses du pouvoir_,_ Marie-Anne Cohendet, constitutionnaliste et professeure de droit public à Paris 1 et Philippe Raynaud, professeur de science politique à l’Université Paris 2 - Panthéon-Assas.

30 min

L’autonomie du Premier ministre rendue caduc avec les évolutions institutionnelles

Dans le système très centralisé de la Ve République, le Premier ministre est une soupape de sécurité nécessaire au président de la République. Si toute la responsabilité revenait directement au chef de l’État, ça ne pourrait pas fonctionner, il faut que l’exécutif ait deux têtes.                
Philippe Raynaud  

Les Premiers ministres ont eu une autonomie inégalée au cours des périodes de cohabitations, qui sont des « accidents » de la Ve République. Grâce à la légitimité des élections législatives, ils ont pu décider de leur politique et de la composition du gouvernement. Aujourd’hui, avec le quinquennat et l’alignement de l’élection présidentielle avec les élections législatives, le chef du gouvernement ne peut plus avoir le dernier mot face au Président.                
Raphaëlle Bacqué

Un rééquilibrage nécessaire 

Le président de la République a complètement intérêt à asservir le chef du gouvernement. Mais cette situation est problématique car elle prive les représentants du peuple, les députés, de leur pouvoir fondamental de légitimer et de contrôler la politique nationale en révoquant à tout instant le chef de la majorité qu’est le Premier ministre. Pour compléter la démocratie représentative et répondre au problème de la monarchie républicaine, faisons une Convention citoyenne sur la réforme des institutions.                
Marie-Anne Cohendet

Pour aller plus loin :

Actualités :

« Macron acte, en partie, l’effacement symbolique de la fonction de premier ministre », par Solenn de Royer, Le Monde, le 04.07.2020.

« Macron : 22, v'là Jupiter », par Cécile Cornudet, Les Échos, le 03.07.2020.

Analyses :

Delphine Dulong.  Le premier ministre en actes et en coulisses.  L’histoire comme outil et objet d’analyse sociologique des institutions. Histoire et science politique, Rennes, PUR, 2008.

André Bellon & Anne-Cécile Robert. La Ve République en coma politique. Le Monde diplomatique, Avril 2020.

Joseph Pini. « Le Premier ministre, clé de voûte de l'Exécutif ? ». Revue française de droit constitutionnel, vol. hs 2, no. 5, 2008.

Musique

Musique composée par Ennio Morricone : " Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon " de Elio Pétri 

Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Pascaline Bonnet
Collaboration
Nicolas Berling
Collaboration
Sophie Alavi
Production déléguée
Audrey Dugast
Collaboration
Anne Depelchin
Réalisation