Le Conseil de défense s'est réuni vendredi dernier pour décréter le maintien du couvre-feu.
Le Conseil de défense s'est réuni vendredi dernier pour décréter le maintien du couvre-feu. ©AFP - Thibault Camus
Le Conseil de défense s'est réuni vendredi dernier pour décréter le maintien du couvre-feu. ©AFP - Thibault Camus
Le Conseil de défense s'est réuni vendredi dernier pour décréter le maintien du couvre-feu. ©AFP - Thibault Camus
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Malgré la recrudescence des contaminations, le gouvernement a choisi de maintenir le couvre-feu. Est-ce le fruit d'un nouvel arbitrage entre l'économie et le sanitaire ? La continuité d'une politique visant à la fois à protéger et ménager les français ? Tout est une question de temps, et de risques.

Avec
  • Yaëlle Amsellem-Mainguy Sociologue, chargée d'études et de recherche à l'Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire (Injep)
  • Pascal Crépey enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’Ecole des hautes études en santé publique à Rennes.
  • Philippe Martin Économiste et président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE)

Au départ c’était une guerre éclair contre le virus. En presque un an de crise, la guerre éclair s’est muée en guerre d’usure. 

Et bien entendu, les moyens pour lutter ont évolué. Le ministre des comptes publics Olivier Dussopt vient de dire qu’il fallait sortir en 2021 du « quoi qu’il en coûte «  par ailleurs la possibilité d’un troisième confinement est remis en cause en raison de son coût économique et psychologique. D’autant qu’en ce domaine, les plus jeunes sont  en passe d’inquiéter grandement les autorités quant à leur situation.

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Le nouveau président du Conseil d’Analyse Économique, Philippe Martin relativise la redéfinition des priorités que l’on pourrait percevoir dans les décisions de l'exécutif : 

_« _Je ne sais pas si les priorités ont changé. C'est plutôt qu’on sait mieux s'ajuster et on voit beaucoup plus clairement les coûts économiques et sociaux du confinement. Il faut donc prendre en compte toutes ces dimensions et c’est extrêmement difficile.

Les changements de cap du gouvernement et leur mauvaise réception s’expliquent par la divergence des temporalités scientifique et politique, explique Pascal Crépey, épidémiologiste :

En politique_,_ c'est très mal vu de revenir en arrière et de s'adapter, alors qu'en science, c'est nécessaire. Lorsque dans une crise, le politique est obligé de s'appuyer sur les scientifiques et de les écouter pour pouvoir s'orienter, il est jugé selon selon sa grille politique, tandis que c'est la grille scientifique qu’il aurait peut-être fallu utiliser.

En revanche, tous s’accordent pour dire que les jeunes paient un tribut particulièrement lourd :

C’est un état psychologique, mais aussi économique, précise Yaëlle Amsellem-Mainguy : comme il n'y a pas eu de reprise des jobs, des emplois étudiants qui leur permettent de sortir la tête de l'eau, il y a une continuité depuis le mois de mars. Le confinement ne s'est pas arrêté pour les jeunes.

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Production
Hugo Boursier
Collaboration
Rémi Baille
Collaboration
Bruno Baradat
Production déléguée
Fanny Richez
Collaboration
Alexandre Manzanares
Réalisation
Adèle Rosier
Collaboration