Face au déni climatique, que peut la fiction ? ©AFP - Menahem KAHANA
Face au déni climatique, que peut la fiction ? ©AFP - Menahem KAHANA
Face au déni climatique, que peut la fiction ? ©AFP - Menahem KAHANA
Publicité
Résumé

Le film d’Adam McKay Don’t look up : Déni cosmique sorti en décembre est un succès mondial. Sa portée satirique et critique a suscité de nombreux débats sur l’irresponsabilité des politiques et des médias face au défi climatique. La fiction peut-elle jouer un rôle face au réchauffement climatique ?

avec :

Irène Langlet (Professeure de littérature contemporaine à l’université Gustave Eiffel), Pierre Charbonnier (Philosophe, chercheur à Sciences-po), Anne-Caroline Prévot (Directrice de recherche au CNRS, chercheuse au Cesco au Muséum d’histoire naturelle.).

En savoir plus

Le succès mondial du film d’Adam McKay paru à la veille de Noël sur la plateforme Netflix et mettant en scène une multitude de stars hollywoodiennes dans une comédie apocalyptique n’aurait été qu’un succès de plus de la plateforme états-unienne si le réalisateur et les acteurs n’en avaient fait une métaphore de l’insouciance et de l’irresponsabilité des politiques et des médias face au réchauffement climatique. Car, comme les scientifiques du GIEC, les astrophysiciens incarnés par Leonardo di Caprio et Jennifer Lawrence lancent l’alerte mais quasiment personne ne veut les entendre.

Sauf les scientifiques du GIEC, comme Jean Jouzel ou Valerie Masson Delmotte, qui , une fois le film visionné, reconnaissent dans cette fiction l’aveuglement des politiques ou des médias qui les ont reçus ces dernières décennies et voient donc dans cette comédie grinçante le moyen de faire prendre conscience au plus grand nombre des menaces qui pèsent sur la planète.

Publicité

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Pierre Charbonnier, philosophe, chercheur à Sciences-po, Anne-Caroline Prévot, directrice de recherche au CNRS, chercheuse au Cesco au Muséum d’histoire naturelle et Irène Langlet, professeure de littérature contemporaine à l’université Gustave Eiffel.

« On été très nombreux, parmi les chercheurs en sciences sociales à être interloqués par la métaphore choisie pour parler du changement climatique, à savoir la comète. C’est vrai que c’est une métaphore assez trompeuse dans la mesure où le changement climatique n’est pas un événement singulier, extraterrestre arrivé du jour au lendemain » Pierre Charbonnier

« Ce film joue beaucoup sur nos émotions, et nos émotions sont fondamentales à prendre en compte pour agir. Il ne suffit pas de connaitre et de pouvoir intellectualiser pour pouvoir prendre des décisions. C’est ça un peu le rôle des fictions, de rajouter de l’émotionnel à nos façons de voir le monde mais aussi de créer du commun » Anne-Caroline Prévot

« La critique des médias telle quelle apparait dans ce film est extrêmement classique(...). D’ailleurs, il n’y a que de temps en temps l’apparition à l’écran des réseaux sociaux(...). Même sur le plan du language, ça reste UNE parole vers DES individus » Irène Langlet

Pour aller plus loin dans la réflexion, quelques pistes de lecture...

Essais

Amitav Ghosh, Le Grand dérangement, Wildproject, 2021

Susan Sontag, Against Interpretation and other essays, Farrar, Straus & Giroux, New York, 1966

Fictions

Barbara Kingsolver, Dans la lumière, Payot et rivages, 2013

Kim Stanley Robinson, The ministry for the future, Orbit,2020 (pas encore traduit)

Kim Stanley Robinson, New York 2140, Bargelonne, 2020

Kim Stanley Robinson, La Trilogie martienne, Omnibus, 2012

58 min
Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Sarah Marx
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Chloë Cambreling
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration