Les Premières Ministres suédoise et finlandaise, Magdalena Andersson et Sanna Marin, lors d'une réunion sur l'adhésion à l'OTAN, à Stockholm, le 13 avril 2022.
Les Premières Ministres suédoise et finlandaise, Magdalena Andersson et Sanna Marin, lors d'une réunion sur l'adhésion à l'OTAN, à Stockholm, le 13 avril 2022.
Les Premières Ministres suédoise et finlandaise, Magdalena Andersson et Sanna Marin, lors d'une réunion sur l'adhésion à l'OTAN, à Stockholm, le 13 avril 2022. ©AFP - Paul WENNERHOLM / TT News Agency
Les Premières Ministres suédoise et finlandaise, Magdalena Andersson et Sanna Marin, lors d'une réunion sur l'adhésion à l'OTAN, à Stockholm, le 13 avril 2022. ©AFP - Paul WENNERHOLM / TT News Agency
Les Premières Ministres suédoise et finlandaise, Magdalena Andersson et Sanna Marin, lors d'une réunion sur l'adhésion à l'OTAN, à Stockholm, le 13 avril 2022. ©AFP - Paul WENNERHOLM / TT News Agency
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Résumé

Depuis le début de la guerre en Ukraine, des pays proches de la Russie, comme la Suède et la Finlande, envisagent sérieusement une adhésion à l’OTAN alors qu’ils y étaient auparavant hostiles. La Russie craint cet élargissement : quelles conséquences pourraient avoir ces adhésions potentielles ?

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En un peu plus de soixante dix ans, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, né en pleine Guerre froide, est passé de douze pays-membres à trente. Beaucoup de ces pays ont rejoint l’OTAN, en plusieurs vagues, après la chute du mur de Berlin. L’Alliance s’est donc progressivement rapprochée de ce que la Russie a l’habitude de nommer son "étranger proche", servant ainsi de prétexte à Vladimir Poutine pour attaquer l’Ukraine, qui si elle n’est pas dans l’OTAN, serait, selon lui, susceptible de tomber dans son orbite. Or la guerre en Ukraine a eu un effet contraire à ce que souhaitait Vladimir Poutine car elle a poussé des Nations jusqu’alors hostiles à une adhésion à l’OTAN, comme la Finlande et la Suède, à envisager une candidature express, justifiée par la crainte d’une future agression russe contre elles.

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), ancien ambassadeur de France en Russie (2009-2013), Camille Grand, secrétaire général adjoint pour l’investissement de défense à l’OTAN (depuis 2016), ancien directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (de 2008 à 2016) et Amélie Zima, chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem), chercheuse en relations internationales au Centre Thucydide de l’Université Panthéon-Assas Paris II.

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Jean de Gliniasty souligne les risques que présente l'élargissement de l'OTAN : "Dire qu'il y avait avant l'invasion de l'Ukraine une architecture de sécurité en Europe me paraît abusif. (...) L'invasion de l'Ukraine a provoqué exactement ce que la Russie affirmait redouter, c'est-à-dire l'élargissement de l'OTAN, non seulement à l'Est mais au Nord. (...) Ce qui va poser des problèmes, c'est que la Baltique va devenir un lac OTAN. Ca risque de vulnérabiliser les Etats baltes, qui vont être en première ligne. (...) La Suède et la Finlande ont actuellement une coopération très étroite avec l'OTAN. La seule différence d'entrée dans l'OTAN c'est l'article 5, c'est-à-dire l'engagement automatique des Alliés en cas d'attaque russe. Le problème, c'est que s'il y a des élections américaines et que Trump revient au pouvoir, ils auront les inconvénients sans les avantages. (...) Non seulement Poutine a revitalisé l'OTAN mais il a tué une défense européenne indépendante."

Camille Grand met en lumière l'aspect souverain des décisions suédoises et finlandaises, en soulignant les avantages de l'élargissement à ces pays scandinaves : "La Suède et la Finlande sont devenues nos partenaires les plus proches et ont avec l'OTAN une relation très étroite. (...) La Suède et la Finlande ont décidé d'agir de concert, ils réfléchissent conjointement à tout ça. On a deux pays souverains qui réfléchissent à la meilleure solution pour leur sécurité dans un environnement où la Russie utilise la force pour redessiner les frontières de son voisinage. (...) C'est un choix très réfléchi, très délibéré, de peser le pour et le contre, pour savoir s'ils veulent franchir une nouvelle étape dans cette proximité avec l'OTAN. C'est une discussion démocratique et souveraine. (...) Ce processus peut être très rapide."

Amélie Zima revient sur l'article 5 du Traité, et sur les critères qui facilitent l'adhésion de la Suède et la Finlande à l'OTAN : "L'article 5 n'est pas une clause automatique, c'est pas parce qu'un Allié est attaqué que tous les autres s'engagent. (...) Les menaces de la Russie sont assez contre-productives, ça ne fait que renforcer la volonté des pays de rejoindre l'Organisation Atlantique. (...) Il y a des pays qui pourraient être marris que la Suède et la Finlande leur passe devant, mais le plan d'action pour l'adhésion est très clair pour beaucoup de critères. La Suède et la Finlande sont des états de droit, des démocraties libérales avec une économie de marché, ils n'ont pas de conflits territoriaux. "

Bibliographie :

  • Jean de Gliniasty, La Russie, un nouvel échiquier, Editions Eyrolles, 2022
  • Amélie Zima, L'OTAN, Que sais-je ?, PUF, 2021
Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration
Juliette Mouëllic
Collaboration