Le Temps du débat / Et Maintenant, quelles idées neuves ?
Le Temps du débat / Et Maintenant, quelles idées neuves ? ©Getty - Ilona Nagy
Le Temps du débat / Et Maintenant, quelles idées neuves ? ©Getty - Ilona Nagy
Le Temps du débat / Et Maintenant, quelles idées neuves ? ©Getty - Ilona Nagy
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Dans le cadre du festival "Et Maintenant ?", Le Temps du débat vous propose, pendant une émission spéciale d'une heure et quarante minutes, d'explorer cinq idées neuves sous la forme du débat : Genderfluid, Temps, Effondrement, MeToo et Animal, en compagnie de nos dix invités.

Avec
  • Lexie . Militante et animatrice du compte aggressively_trans
  • Pascal Chabot philosophe
  • Thierry Hoquet Philosophe, professeur à l’Université Paris Nanterre
  • Isabelle Rome Ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances
  • Catherine Larrère Philosophe, professeure émérite à l'université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, spécialiste des questions éthiques et politiques liées à la crise environnementale et aux nouvelles technologies
  • Anne Simon directrice de recherche au CNRS, rattachée au centre République des Savoirs à l’École normale supérieure
  • Charles Stépanoff Anthropologue, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales
  • Chloé Moglia Trapéziste
  • Marine Turchi Journaliste à Mediapart
  • Florian Forestier Écrivain, philosophe et conservateur à la BNF

À l’occasion du festival Et maintenant ? créé par France Culture et Arte, en direct de la Maison de la Radio et de la Musique, Emmanuel Laurentin et Chloë Cambreling ont le plaisir de vous présenter Le Temps du débat des idées neuves.

Cinq discussions de vingt minutes chacune sur cinq idées neuves ou renouvelées par la crise que nous vivons depuis bientôt deux ans : la fluidité de genre qui réunit Lexie et Thierry Hoquet, puis une discussion sur le temps entre Pascal Chabot et Chloé Moglia. Après 19h00, la pensée de l’effondrement est abordée avec Catherine Larrère et Florian Forestier, puis nous parlons du mouvement MeToo face à la justice avec Marine Turchi et Isabelle Rome, avant de conclure en traitant des rapports entre l’homme et l’animal, avec le lauréat du prix de l’essai France Culture-Arte Charles Stépanoff qui dialogue avec Anne Simon.

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- « GenderFluid » : notre genre est-il fixe ?

Avec Lexie, militante et animatrice du compte aggressively_trans et Thierry Hoquet, philosophe, professeur à l’Université Paris Nanterre

"Je pense que la notion de fluidité de genre et la prise de parole par les personnes fluides impliquent une prise de conscience que le genre est largement construit, et du coup une ouverture sur des possibilités d'expression dans l'espace social, et qui demande de fait la mise en place de solutions d'inclusivité" Lexie

"La fluidité de genre est avant une ouverture de possibilités mais en aucun cas une assignation de devoir être fluide ou encore non-binaire. C'est d'abord une ouverture dans le champ de position qui était en général jugé stable, et jugé être un choix exclusivement entre deux. La fluidité propose donc une alternative" Thierry Hoquet

-"Temps" : Veut-on vraiment ralentir ?

Avec Pascal Chabot, philosophe et Chloé Moglia, artiste

"Plus nous sommes dans l'espace, moins nous sommes dans le temps, et plus nous sommes dans le temps, particulièrement devant un écran, devant un ordinateur, dans le temps des machines, moins nous sommes dans l'espace. Il semble qu'il y ait quelque chose comme des vases communicants, entre le temps et l'espace, et l'expérience contemporaine du temps est une expérience où il est massif, omniprésent" Pascal Chabot

"Dans mon travail de suspension, je n'ai jamais eu l'impression de suspendre le temps, je suspends une forme d'agitation au sens où j'ai les mains prises et où mes pieds ne rejoignent pas un sol sur lequel je peux galoper. Je m'empêche de pouvoir faire quoique ça soit d'autre que d'être à l'affut de ce que je sens des données du monde. Cela ne revient pas à aller lentement, c'est ni lent ni rapide, c'est schème d'attention dont je fais l'expérience" Chloé Moglia

- "Effondrement" : Peut-on ne pas être collapsologue ? 

Avec Catherine Larrère, philosophe, spécialiste des questions environnementales et Florian Forestier, écrivain, philosophe et conservateur à la BNF

"L'idée de la certitude du pire, l'idée de l'effondrement, c'est l'idée de tout fixer dans un avenir unique où tout le sort se joue dans l'avenir unique : c'est ça qui est irrationnel" Catherine Larrère

"L'idée qu'il n'y ait pas d'avenir est une idée déjà ancienne (...), l'élément positif cette fois je dirais, est que les gens ne sont pas passifs, resignés. La situation est insupportable, et quand c'est insupportable, on se met à bouillir et à délirer beaucoup" Florian Forestier

- "#MeToo" : Comment la justice répond-t-elle à #Metoo ?

Avec Marine Turchi, journaliste et Isabelle Rome, haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes

"La présomption d'innocence, il faut le rappeler, est un principe judiciaire et doit être utilisé dans la sphère pénale et judiciaire. Aujourd'hui, il est utilisé à tout bout de champ, même dans des sphères où on ne devrait pas la retrouver. Quand il n'y a pas d'enquêtes pénales en cours, il n'y a pas de présomption d'innocence. En revanche, il y a tout un tas de principes que nous, journalistes, devons respecter, à commencer par le respect du contradictoire" Marine Turchi

"La présomption de crédibilité, c'est le contraire de l'État de droit. L'État de droit, ça veut dire que pour établir une culpabilité, il faut faire des investigations, il faut rechercher la vérité. Quand on est juge, c'est quand même l'objectif premier de rechercher la vérité aussi avec le principe du contradictoire" Isabelle Rome 

- "Animal" : Qu’attendons-nous des animaux ?

Avec Charles Stépanoff, éthnologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et Anne Simon, directrice de recherche au CNRS

"Est-ce qu'on est plus proche des animaux sauvages ? En réalité, non. D'un côté, on s'en éloigne, et d'un autre, on s'en rapproche mais sur des modes complétement différents" Charles Stépanoff

"La littérature est un excellent poste d'observation de la relation de l'homme à l'animal puisqu'elle offre du recul, puisqu'elle existe depuis des millénaires (...)Elle permet d'observer non pas l'animal mais les animaux au pluriel, dans des cultures différentes mais surtout dans des langues différentes" Anne Simon 

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