L'avocate avait notamment milité pour la légalisation de l'avortement et pour les victimes de torture pendant la guerre d'Algérie.
L'avocate avait notamment milité pour la légalisation de l'avortement et pour les victimes de torture pendant la guerre d'Algérie.
 L'avocate avait notamment milité pour la légalisation de l'avortement et pour les victimes de torture pendant la guerre d'Algérie. ©AFP - Jack Guez
L'avocate avait notamment milité pour la légalisation de l'avortement et pour les victimes de torture pendant la guerre d'Algérie. ©AFP - Jack Guez
L'avocate avait notamment milité pour la légalisation de l'avortement et pour les victimes de torture pendant la guerre d'Algérie. ©AFP - Jack Guez
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Résumé

Gisèle Halimi a lutté toute sa vie pour les droits des femmes : du jugement de la militante algérienne Djamila Boupacha en 1961, en passant par le manifeste des 343 en 1971 ou encore le procès Bobigny en 1972 et la criminalisation du viol en 1980. Que nous reste-t-il aujourd'hui de ses combats ?

avec :

Audrey Lasserre (Docteure en littérature et civilisation françaises, chargée de cours à l’université Paris 3, spécialiste des rapports entre littérature et féminisme au XXe siècle.), Samia Kassab-Cherfi (Professeure de littérature à l'université de Tunis), Sylvie Thénault (Historienne, directrice de recherche CNRS au Centre d'histoire sociale du XXe siècle, spécialiste de la colonisation en Algérie et de la guerre d’indépendance algérienne), Ariane Mnouchkine (Metteuse en scène, réalisatrice et scénariste, fondatrice du Théâtre du Soleil), Christine Bard (Professeure à l'université d'Angers, spécialiste de l’histoire des femmes et du genre.), Susan George (Politologue, écrivaine, militante altermondialiste et présidente d'honneur d'ATTAC).

En savoir plus

Nous avons appris ce mardi 28 juillet, le décès de l’avocate, femme politique et militante féministe Gisèle Halimi, à l’âge de 93 ans. 

Avocate au barreau de Tunis dès 1949, elle utilisa le droit et les procès pour faire avancer les causes qui lui étaient chères : celle de la décolonisation, en Tunisie d’abord où elle était née, en Algérie ensuite. Puis ce fut la cause des femmes, qu’elle défendit tout au long des années 1970, et enfin, en 1982, une fois élue députée, celle de la dépénalisation de l’homosexualité. 

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Nous allons tenter de comprendre l’importance de cette femme qui se qualifiait elle-même "avocate irrespectueuse" et qui aimait citer le prêtre dominicain Henri Lacordaire quand il écrivait : "entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et le droit qui affranchit".

Pour cette émission hommage, nous recevons la professeure à l'Université d'Angers et spécialiste de l’histoire des femmes et du genre Christine Bard, l'historienne et directrice de recherche au CNRS Sylvie Thénault, la spécialiste des rapports entre littérature et féminisme au XXe siècle et chargée de cours à l’Université Paris 3, Audrey Lasserre, la professeure de littérature à l'université de Tunis Samia Kassab-Charfi, la metteuse en scène, réalisatrice et scénariste Ariane Mnouchkine et Susan Georges, essayiste, politologue, présidente d'honneur de l'association Attac. 

À réécouter : Gisèle Halimi, la cause des femmes

Défense de la cause des femmes

La question du viol était le fil conducteur de sa vie féministe. Elle excellait dans le procès politique, comme l’ont prouvé les affaires de Bobigny et d'Aix-en-Provence : elle transformait ses procès et ses plaidoiries en tribunes, c’était une avocate à l’efficacité politique remarquable.  
Christine Bard

Dans le contexte des mouvements féministes des années 1970, l’autobiographie était un acte politique. A partir du récit d’une expérience personnelle, on comprenait l’inégalité et l’oppression du système pour les femmes. L’idée était de faire passer un message avec une écriture lisible et efficace, et c'est ce qu'ont fait, à l'époque, Gisèle Halimi ou bien Simone de Beauvoir.  
Audrey Lasserre

Toute sa vie elle a plaidé, elle a défendu, elle a travaillé pour le droit des femmes. Elle ne s’est jamais mise sur la tribune du procureur, elle n’a jamais été accusatrice. C’est quelque chose qui manque au débat aujourd’hui.  
Ariane Mnouchkine

Engagement anticolonialiste 

Elle a eu le courage de s’exposer physiquement aux menaces et aux répressions. Aujourd’hui, on ne se rend pas compte de la force qu’il fallait, à cette époque, pour s’engager dans la défense des insurgés et des nationalistes algériens.  
Sylvie Thénault

Elle a toujours lutté contre les discriminations et le rejet de l’autre. Pour les femmes en Tunisie, c’est une figure primordiale. Elle est inscrite dans la chair de l’histoire de l’anticolonialisme, car elle s’y était engagée corps et âme.  
Samia Kassab-Cherfi

On la connaît surtout pour son combat féministe, mais étant née en Tunisie, elle avait aussi une grande sensibilité pour les peuples du Tiers-Monde. C’était une femme qui luttait pour un monde plus juste pour tous.  
Susan Georges

À réécouter : Combats de femmes : de mai 68 à #MeToo

Pour aller plus loin : 

Remerciements à l'IMRC (Institut de recherche sur le Maghreb contemporain) pour son aide à la construction de cette émission.

Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Nicolas Berling
Collaboration
Sophie Alavi
Production déléguée
Emily Vallat
Réalisation
Audrey Dugast
Collaboration
Alexandra Delbot
Collaboration