Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix des carburants atteignent des taux historiques.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix des carburants atteignent des taux historiques.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix des carburants atteignent des taux historiques. ©Maxppp - Frantz Bouton
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix des carburants atteignent des taux historiques. ©Maxppp - Frantz Bouton
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix des carburants atteignent des taux historiques. ©Maxppp - Frantz Bouton
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Résumé

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les économies européennes sont face à un nouveau défi après deux ans de pandémie. Face à la dépendance aux matières premières russes, l'Union européenne risque-t-elle d’être prise au piège de ses propres sanctions ?

avec :

Nicolas Bouzou (économiste, directeur du cabinet d’analyses Asteres, directeur d’études au sein du MBA Law & Management de l’université Panthéon-Assas (Paris II)), Matthieu Auzanneau (Directeur du think tank The Shift Project).

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Les hausses effarantes des cours du pétrole et du gaz, la baisse de l’Euro, la poussée inédite de l’inflation et la menace de la stagflation : en quelques jours, les scénarios de reprise économique brandis il y a un mois par les prévisionnistes ont été remisés pour être remplacés par des tableaux de l’avenir bien plus sombres. Parmi les ensembles économiques mondiaux, l’Europe apparaît dans ce contexte comme la plus fragile, car trop dépendante des approvisionnements russes.

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Matthieu Auzanneau, directeur du think tank The Shift Project, Nicolas Bouzou, économiste, fondateur du Cabinet d'études économiques et de conseil Asterès, et François Geerolf, professeur d'économie à Sciences Po, rattaché à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

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Matthieu Auzanneau souligne l'aspect mondial de l'inflation actuelle et la nécessité pour l'UE de trouver une stratégie pour être moins dépendante des matières premières russes : "Nous ne sommes pas isolés d’une inflation globale des prix d’énergie en Europe. Cette inflation est mondiale. Il y a des risques récessifs extrêmement élevés, on a des prix du gaz qu’on a jamais vus, on a des modèles d’évolution des investissements dans le secteur de l’énergie qui sont remis en cause aujourd'hui. C’est un contexte extrêmement volatile et dangereux. (...) La dimension géopolitique est une inconnue supplémentaire. (...) On va voir au sommet de Versailles jusqu’à quel point il y a des velléités de la part des partenaires de l’Union européenne de rentrer dans une économie de guerre. Est-ce que les européens veulent rentrer là-dedans ? (...) L’énergie irrigue toute l’économie. On a besoin de s’en passer, donc il faut un plan qui aille au delà des règles habituelles du jeu."

Nicolas Bouzou insiste sur l'importance d'aider les citoyens français les plus fragiles face aux profondes conséquences du conflit en Ukraine : "Je pense que la communication de l’exécutif est correcte. On doit annoncer à nos concitoyens que cette crise aura des conséquences économiques qui sont tangibles, négatives, et médiées essentiellement par les prix de l’énergie et de l’alimentation. L'inflation va monter, ce qui va affecter le pouvoir d’achat et ce qui est susceptible de faire baisser l’activité économique. (...) Il faut protéger les gens. Il ne faut pas toucher au prix par le biais de la fiscalité, mais aider les concitoyens les plus fragiles, avoir une politique d’aide aux plus modestes. (...) C’est le coût de notre stratégie géopolitique, il faut voir dans quelle mesure on va l’assumer. Quand on a pris les sanctions, on savait qu’elles auraient un coût économique important. Dans quelle mesure nos populations sont prêtes à subir le contrecoup des mesures ?"

François Geerolf, lui, affirme que l'Union européenne a appris de ses erreurs et est en mesure de réagir face à ces bouleversements économiques : "Nous ne sommes pas à un niveau équivalent à la stagflation des années 1970, nos économies sont peut-être moins sensibles au prix du pétrole. (...) Les prix de l’électricité et du gaz sont jusqu’ici largement bloqués et réglementés, les Français ont déjà une aide du Gouvernement. (...) L’Euro n’a pas réussi à être cette monnaie de réserve mondiale qu’elle aspirait à être. Ce qui est inhabituel dans cette crise, c’est l’importance de la dévaluation de l’Euro. Cela met la Banque centrale européenne dans une position très difficile, elle est prise en étau entre faciliter le financement des Etats et diminuer l’inflation en augmentant les taux. (...) On a l’impression que la zone Euro a appris de ses erreurs et qu'elle va mieux gérer."

Bibliographie :

  • Nicolas Bouzou, Pour un libéralisme populaire, Éditions de l'Observatoire, 2022
  • The Shift Project, Climat, crises : le plan de transformation de l'économie française, Odile Jacob, 2022
  • Matthieu Auzanneau, Hortense Chauvin, Pétrole : Le déclin est proche, Le Seuil, 2021
Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration
Juliette Mouëllic
Collaboration