Des électeurs font la queue devant un bureau de vote lors des élections de mi-mandat, à Kissimmee, en Floride, le 8 novembre 2022.
Des électeurs font la queue devant un bureau de vote lors des élections de mi-mandat, à Kissimmee, en Floride, le 8 novembre 2022. ©AFP - GREGG NEWTON
Des électeurs font la queue devant un bureau de vote lors des élections de mi-mandat, à Kissimmee, en Floride, le 8 novembre 2022. ©AFP - GREGG NEWTON
Des électeurs font la queue devant un bureau de vote lors des élections de mi-mandat, à Kissimmee, en Floride, le 8 novembre 2022. ©AFP - GREGG NEWTON
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Aux Etats-Unis, la vague rouge n’a pas eu lieu, mais le négationnisme électoral inquiète alors que tous les résultats ne sont pas encore connus. Après deux années tendues pour la démocratie américaine, quel bilan pour ces élections de mi-mandat qui voient la Chambre et un tiers du Sénat renouvelés ?

Avec
  • Amy Greene politologue, chargée de mission à Sciences Po Paris
  • Anne Deysine professeure émérite de droit et de civilisation américaine à l’Université Paris-Nanterre
  • Alice Béja Maîtresse de conférences en études américaines à Sciences Po Lille, chercheuse au CERAPS/CNRS

Quoi de mieux pour tester la solidité d’un système démocratique que de le confronter a l’épreuve des élections ? C’est ce que vivent les États-Unis dans l’attente des résultats définitifs pour les 435 élus de la chambre des représentants, pour un tiers des sénateurs mais aussi pour les postes de Gouverneurs dans 36 états mais aussi pour une multitude de sujets soumis à référendum dans certains états.

Une démocratie vivante marquée cependant, depuis plusieurs années, par la contestation des résultats électoraux et le procès en illégitimité du pouvoir en place à Washington.

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Pour en débattre, Emmanuel Laurentin reçoit Anne Deysine, juriste et américaniste, professeure émérite à l'Université Paris -Nanterre ; Amy Greene, enseignante à Sciences Po Paris et à Boston University, spécialiste de la vie politique américaine ; Alice Béja, enseignante à Sciences Po Lille en civilisation américaine.

Midterms : la démocratie gagnante ?

"On s'attendait à quelque chose de terrible, à des contestations, et elles peuvent encore tout à fait arriver" explique Alice Béja. "Néanmoins, on se retrouve face à un paysage d'une apparente normalité électorale, à savoir : un parti au pouvoir qui risque de perdre la Chambre des représentants, ce qui est très fréquent. Pourtant cela masque une polarisation, aussi bien au niveau de l'électorat qu'au niveau des représentants, qui s'aggrave d'année en année et qui pose un véritable problème de blocage institutionnel". Pour Anne Deysine*,* cette normalité doit beaucoup au fait "que tous les médias et certains candidats et surtout, ce qui est intéressant, beaucoup de responsables électoraux républicains aient pris la peine de prévenir à l'avance que le dépouillement prendrait du temps, que selon les États, ce serait d'abord rouge puis bleu. Les Démocrates rattraperaient donc les Républicains ou à l'inverse, qu'il y aurait d'abord une apparente victoire des Démocrates, mais qu'ensuite les Républicains rattraperaient tout ça. Je trouve ça assez rassurant". Si le calme règne effectivement jusqu’ici, Amy Greene reste prudente : "aujourd'hui, on peut constater que les élections se sont déroulées de façon assez normale, avec effectivement très peu de violences. Après, il y a cette deuxième étape qui est de voir la progression des résultats parce qu'il y a des votes qui ont été envoyés par correspondance, qui n'ont pas encore été complètement comptabilisés. Donc, il reste à voir justement la réaction des différents candidats vis-à-vis d'une possible défaite".

En attendant la belle !

Si la démocratie américaine semble renouer avec le calme, à travers une très forte mobilisation et une participation électorale particulièrement élevée, il lui reste une épine au pied droit explique Anne Deysine : "le Parti républicain est déchiré parce qu'ils n'ont pas envie d'avoir Donald Trump de nouveau au pouvoir. Mais quelque part, Trump a fait le boulot pendant les quatre années. Sauf que pour l'avenir, il est devenu un handicap puisque les sondages montrent que 30 % d’Américains le soutiennent. 65 % de personnes dans le pays, pour rien au monde, ne veulent un deuxième mandat de Trump".

15 min

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Production
Cécile Bidault
Production déléguée
Stéphanie Villeneuve
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Mathias Mégy
Collaboration
Daphné Leblond
Réalisation