Peut-on préserver les océans tout en profitant de ses richesses ? Mieux connaitre les fonds marins permettra-t-il de mieux encadrer l’exploitation ?
Peut-on préserver les océans tout en profitant de ses richesses ? Mieux connaitre les fonds marins permettra-t-il de mieux encadrer l’exploitation ?
Peut-on préserver les océans tout en profitant de ses richesses ? Mieux connaitre les fonds marins permettra-t-il de mieux encadrer l’exploitation ? ©Getty - David Merron
Peut-on préserver les océans tout en profitant de ses richesses ? Mieux connaitre les fonds marins permettra-t-il de mieux encadrer l’exploitation ? ©Getty - David Merron
Peut-on préserver les océans tout en profitant de ses richesses ? Mieux connaitre les fonds marins permettra-t-il de mieux encadrer l’exploitation ? ©Getty - David Merron
Publicité
Résumé

Le "One Ocean Summit" de Brest s’interroge sur les territoires méconnus des mers et océans. Mieux les connaître signifie mieux les explorer, mais leur exploitation intensive est une menace de plus en plus présente.

avec :

Catherine Le Gall.

En savoir plus

L’année qui vient de commencer semble importante dans la prise en compte de la place des mers et océans au cœur de notre environnement. Dans cinq mois, se tiendra à Lisbonne, au Portugal, la conférence de l’ONU sur les océans. Hier, à Brest, s’est ouvert le "One Ocean Summit", organisé dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne. La pression environnementale se fait de plus en plus forte sur les mers du globe sans qu’un traité, espéré depuis longtemps pour protéger la haute mer, ne soit encore signé. 

De nombreuses entreprises multinationales voient dans les océans des relais pour exploiter les métaux rares qui commencent à manquer sur nos continents. Mais avant d’exploiter, il nous faut davantage de savoirs au sujet de ces espaces encore méconnus qui fourmillent d’espèces à découvrir et d’une biodiversité peu étudiée. Il faut donc explorer pour mieux comprendre ce qui arrive en matière de réchauffement climatique et de pollution des eaux. Cette exploration précède-t-elle forcément une exploitation ? 

Publicité

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Julian Barbière, chef de la section de la politique marine et de la coordination régionale à la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO, Catherine Le Gall, journaliste, autrice de L'imposture océanique : le pillage écologique des océans par les multinationales et Sophie Arnaud-Haond, chercheuse en écologie et évolution à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). 

Catherine Le Gall insiste d'abord sur l'importance de se pencher sur ce qu'il se passe sur Terre pour mieux explorer la mer : "Les océans sont la nouvelle planète à découvrir : ils restent largement méconnus et attisent les appétits de toutes les industries qui restent gourmandes de croissance économique. La croissance économique à terre ayant atteint ses limites, les industries se tournent vers l’univers bleu. (…) Mais pour soigner la mer, la législation doit se tourner aussi sur ce qu’il se passe à Terre, comme la pollution, les plastiques, les pesticides.". 

Julian Barbière met en lumière le rôle des océans dans le maintien de la vie humaine, et d'une nécessaire hausse de la connaissance des océans pour pouvoir efficacement les "gouverner" : '"Il faut comprendre quels services l’océan nous rend en tant que société : les emplois, la nourriture, les ressources minières. Mais aussi tout ce qui reste invisible, c'est-à-dire le rôle de l’océan dans la capture du carbone : l’océan régule le climat, il stocke l’énergie thermique, c’est le poumon de la planète. (…) Il faut organiser la science pour pouvoir avoir des réponses, et fournir aux Etats des outils qui peuvent permettre de planifier l'économie. Il faut mettre en place des processus de planification maritime, sur la  base de la science et de l’information. (…) Il y a toute une gouvernance à créer autour de cette nouvelle approche de protection.".

Sophie Arnaud-Haond souligne les difficultés rencontrées dans les sciences océaniques, et les moyens considérables qu'il mettre en œuvre aujourd'hui faire pour parvenir à une connaissance approfondie de ce qui représente deux tiers de la planète : "On a des problèmes d’accès à l’environnement marin. Les grands fonds sont difficiles à étudier, ils nécessitent des moyens colossaux. (...) Deux tiers de la planète se trouve sous la surface des océans. La biodiversité qui s’y trouve reste encore considérablement méconnue. (…) On ne connaît pas l’impact des changements dramatiques liés au réchauffement climatique, à la pollution et aux micro-plastiques, sur la biodiversité marine et notamment dans les grands fonds, puisqu’on connaît mal cette biodiversité elle-même (…) Il est important de se tourner vers la Terre, et d’apprendre des leçons de ce qu’il s’est passé sur Terre. Il faut prioriser la connaissance à l’exploitation.".

Bibliographie :

  • Catherine Le Gall, L'imposture océanique : le pillage écologique des océans par les multinationales, La Découverte, 2021

En savoir plus : Faut-il donner un prix à la nature pour la protéger ?

À lire : Sciences : 12 émissions sur les océans

Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration
Juliette Mouëllic
Collaboration