Où commence l'exploitation animale ?

Manifestation contre l'usage des animaux dans le cirque, le 12 avril 2018, à Strasbourg (France).
Manifestation contre l'usage des animaux dans le cirque, le 12 avril 2018, à Strasbourg (France).  ©AFP - Fréderick Florin
Manifestation contre l'usage des animaux dans le cirque, le 12 avril 2018, à Strasbourg (France). ©AFP - Fréderick Florin
Manifestation contre l'usage des animaux dans le cirque, le 12 avril 2018, à Strasbourg (France). ©AFP - Fréderick Florin
Publicité

L’opinion publique se divise sur le sort que réservent nos sociétés modernes aux animaux. En-deçà d’un débat sur les pratiques humaines, des visions éthiques du statut animal s’opposent. Où commence le droit des animaux ? L'Homme est-il moralement responsable de leur bien-être ?

Avec

La ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé il y a une semaine la fin prochaine des spectacles de fauves, de dauphins ou d’orques en captivité devançant certaines des demandes d’un référendum d’initiative partagée (RIP) ainsi qu’une proposition de loi portée par d’anciens Marcheurs sur les conditions de vie des animaux.

Un faisceau d’initiatives qui montrent une évolution des opinions sur la question de l’exploitation animale même si bien des défenseurs de ces animaux considèrent que ces annonces gouvernementales ne vont pas assez loin, en ne s’attaquant ni à l’élevage en cage ni à la chasse à courre.

Publicité

Élevage = exploitation ?

Il y a une distinction entre élever les animaux et les produire, c'est-à-dire entre l'élevage et les productions animales nées avec le capitalisme industriel au XIXe siècle. A partir de la naissance de la zootechnie, les animaux deviennent des objets industriels : c'est dans ce nouveau statut animal que réside le problème et la souffrance des animaux. Jocelyne Porcher

Il y a un paradoxe entre une plus grande individuation des animaux et une plus grande sensibilité à leur sort, et d'autre part la fonction utilitaire des relations entre les humains et les autres animaux qui continue de primer. Ce paradoxe arrive peut-être aujourd'hui à un paroxysme, qui s'exprime dans une demande populaire forte pour une réforme des relations anthropo-zoologiques, notamment les initiatives citoyennes telles que le RIP [référendum d'initiative partagée]. Emilie Dardenne 

Les cages et les objets ne sont pas des choses à infliger à des sujets, à des personnes que sont les animaux. (...) Comment peut-on, en 2020, se demander encore ce qui se passe dans la tête d'un cochon dans un élevage et se demander comment on peut l'améliorer, alors qu'on sait déjà que la proximité cognitive entre les animaux et les humains est très grande ? Camille Brunel 

L'équipe