À l'occasion du 50e anniversaire de l'assassinat de Jean Jaurès, le 30 juillet 1964 à Paris.
À l'occasion du 50e anniversaire de l'assassinat de Jean Jaurès, le 30 juillet 1964 à Paris.
À l'occasion du 50e anniversaire de l'assassinat de Jean Jaurès, le 30 juillet 1964 à Paris. ©Getty - Keystone-France
À l'occasion du 50e anniversaire de l'assassinat de Jean Jaurès, le 30 juillet 1964 à Paris. ©Getty - Keystone-France
À l'occasion du 50e anniversaire de l'assassinat de Jean Jaurès, le 30 juillet 1964 à Paris. ©Getty - Keystone-France
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Résumé

Dans le cadre de la campagne des élections législatives, Le Temps du débat sera délocalisé chaque mercredi jusqu'au premier tour. Première étape ce soir à Toulouse, pour parler de la gauche.

avec :

Rémy Pech (ancien président de l’Université du Mirail et historien spécialisé sur Jean Jaurès.), Mathieu Rigouste, Clothilde Combes (Doctorante en droit public à l'Université Toulouse 1 Capitole).

En savoir plus

Si vous avez écouté les Matins de France Culture ce matin, vous avez pu noter combien la région Occitanie est actuellement tiraillée, dans sa préparation des législatives par les multiples tendances de la gauche.

A l’avant-veille du dépôt des candidatures, nous revenons ce soir sur les différents héritages du socialisme, réformiste et révolutionnaire, révolutionnaire ou réformiste, parlementaire ou extra-parlementaire qui resurgissent, d’une manière ou d’une autre, dans les querelles contemporaines.

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Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Clothilde Combes, doctorante en droit public à l'Université Toulouse 1 Capitole sur le sujet "Jean Jaurès (1859-1914), une théorie de l’Etat juste", Rémy Pech, historien, professeur émérite de l'Université Toulouse 2 Jean-Jaurès, président de l'association Les Amis de Jean Jaurès de Toulouse et Mathieu Rigouste, militant, sociologue et essayiste, chercheur indépendant en sciences sociales, auteur de plusieurs ouvrages sur le système sécuritaire.

Clothilde Combes met en lumière la pluralité du socialisme et les différences entre les tendances au sein de la gauche : "Le socialisme est éminemment pluriel dès son origine. Il y a une opposition entre révolutionnaires et réformistes. Et aujourd’hui, un ancien Président de la République socialiste essayait d’amener dans le débat la différence entre gauche radicale et réformiste. (…) Jaurès a pu dire que dès lors que l’Etat ne tendait plus à faire passer des réformes sociales, il était un devoir de le renverser, pas pour prôner une Révolution violente, mais il pense que le prolétariat est une force politique suffisante pour renverser de manière légale ce système capitaliste qui limite la possibilité des individus de s’épanouir au sein de la société. (…) Cette gauche radicale ne veut pas autre chose que condamner les rapports d’exploitation, et préconiser une politique économique de redistribution des richesses. Dire que cette gauche serait antiparlementaire alors qu’elle participe au jeu démocratique est un non-sens. (…) Le programme de la NUPES n’est pas le plus ambitieux des programmes de la gauche, mais permet de renouer avec le débat d’idées autour des notions de justice sociale et fiscale, et d’envisager une large redistribution des richesses."

Rémy Pech revient sur les idées de Jaurès et sur le lien que l'on peut faire entre celles-ci et la situation présente : "Les révolutionnaires en 1908 ne pensaient pas que la Révolution aurait lieu immédiatement, mais voulait la préparer en s’appuyant notamment sur les syndicats. (…) L’unité est un bien fondamental pour Jaurès qui militait depuis longtemps pour ça, quitte à renoncer à son propre point de vue. (…) Selon Jaurès, la République ne doit pas s’arrêter à la République démocratique, il doit y avoir une République sociale qui facilite l’action des travailleurs, du prolétariat, et prépare l’avènement d’une société nouvelle. (…) Jaurès insistait sur le fait qu’il fallait des alliances de classe."

Mathieu Rigouste note les oppositions entre le socialisme institutionnel, et le socialisme qui a lieu en dehors du champ parlementaire : "Il y a une opposition structurelle entre le fait de participer à une société capitaliste, et le fait de lutter pour une transformation générale de la société. (…) Si on parle du socialisme comme rupture avec le système capitaliste, et avec les systèmes de domination en général, le patriarcat, l’ordre raciste, l’impérialisme, je l’observe en dehors de la gauche institutionnelle, en dehors du champ parlementaire. (…) Quand on regarde l’évolution de ce socialisme gouvernemental, on ne voit pas de changement très profond, il y a des réformes de surface. (…) Il semblerait que le mot émancipation soit resté codé comme quelque chose qui est du côté de la rupture avec l’ordre social."

Bibliographie :

  • Mathieu Rigouste, Un seul héros le peuple : la contre-insurrection mise en échec par les soulèvements algériens de 1960, Editions Premiers matins, 2020 (réédition ce 27 mai avec une préface de Kaoutar Harchi et une postface d'Elsa Dorlin)
  • Alain Bergounioux, Gilles Candar, Frédéric Cépède, Rémy Pech, Toulouse 1908 : le congrès pour l'unité socialiste, Editions Midi-Pyrénéennes, mars 2022
  • Clothilde Combes, Delphine Espagno-Abadie, Mathieu Touzeil-Divina, Jean Jaurès & le(s) droit(s), Editions L'Epitoge - Lextension, 2020
Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration
Juliette Mouëllic
Collaboration