Qui doit financer la transition et quel sera le coût économique de l’inaction ?
Qui doit financer la transition et quel sera le coût économique de l’inaction ?
Qui doit financer la transition et quel sera le coût économique de l’inaction ? ©Getty - picture alliance
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Résumé

Le GIEC publie aujourd’hui le 3e volet de son 6e rapport consacré aux solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Malgré les efforts du secteur financier et des acteurs étatiques, le soutien de la transition écologique doit s’accélérer si l’on veut atteindre la neutralité carbone.

avec :

Clément Sénéchal (membre de Greenpeace France).

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Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Édouard Fernandez-Bollo, membre du conseil de surveillance prudentielle du mécanisme de surveillance unique de la Banque centrale européenne (BCE), Baptiste Perrissin Fabert, économiste du développement durable, directeur exécutif de l’Expertise et des Programmes de l'Ademe, l'Agence de la transition écologique, membre du comité éditorial de Terra Nova et Clément Sénéchal, chargé de campagne climat à Greenpeace France.

Édouard Fernandez-Bollo souligne les efforts réalisés par la BCE, et la nécessité pour les banques d'investir pour financer la transition écologique : "Le temps passe, et il est de plus en plus urgent de dégager les moyens financiers pour financer la transition écologique. Il est temps que les banques aillent au-delà de leur soutien, et qu’elles deviennent concrètes dans le fait de soutenir cette transition, par les chiffres. Les banques doivent définir des objectifs d’action compatibles avec tous les scénarios de transition. (...) Les banques doivent intégrer dans leurs calculs les risques liés à la transition ou l’absence de transition climatique. (...) Ce que nous voulons, c’est pousser les banques à investir, à augmenter leur financement de la transition. Nous voulons que leur trajectoire future soit cohérente avec les scénarios de transition."

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Baptiste Perrissin Fabert met en lumière l'idée que la pression sur les banques doit être maintenue, et que l'argent public a un rôle clé à jouer : "On peut déplorer le fait que les Banques centrales n’aillent pas assez vite, mais ce qui est sûr c’est qu’aujourd’hui elles prennent sérieusement en considération le sujet. (...)  On y va pas à pas. Il faut développer des outils méthodologiques mais il faut aussi continuer à maintenir la pression sur les banques centrales pour qu’elles aillent plus fort. (...) L’enjeu est d’accompagner les banques pour faire transitionner les entreprises qu’elles ont dans leur portefeuille. (...) L’argent public doit être l’étincelle pour déclencher l’investissement. Il faut calibrer les subventions qui permettent le déclenchement des investissements privés."

Clément Sénéchal insiste sur l'urgence de désinvestir, et la nécessité de lutte contre l' "inflation des températures" :  "L’urgence est de réencastrer notre économie dans les limites planétaires. La Banque centrale européenne a un rôle primordial à jouer, car c’est une instance qui a un rôle matriciel. Le problème c’est qu’aujourd’hui elle finance plus le chaos climatique que l’atténuation car elle définit sa politique monétaire en fonction du principe de la neutralité de marché. Elle reproduit et amplifie les défaillances climatiques. (...) Le désinvestissement est prioritaire. Il faut que l’Etat arrête de financer les énergies fossiles. L’Etat français et les banques français financent davantage les énergies fossiles que les énergies renouvelables. (...) La stabilité des prix est impossible à tenir dans le monde à +3,2 degrés vers lequel on se dirige. Il faut lutter contre l’inflation des températures.(...) Le secteur financier est fondamentalement réticent à intégrer la question climatique dans ses opérations. Il faut se demander que faire structurellement pour ramener ce secteur dans les limites planétaires."

Bibliographie :

  • Valérie Charolles, Bernard Colasse, Frédérique Déjean, Alexandre Rambaud, Jean-Louis Weber, Didier Blanchet, Xavier Timbeau, Transition écologique : comment refaire les comptes, L'économie politique n°93, Alternatives économiques, février 2022
  • Baptiste Perrissin Fabert et Natacha Valla, De la dette en commun à un nouveau modèle de prospérité pour le continent européen, Note, Terra Nova, 18 mars 2021
Références

L'équipe

Emmanuel Laurentin
Emmanuel Laurentin
Rémi Baille
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Chloë Cambreling
Production déléguée
Mathias Mégy
Collaboration
Juliette Mouëllic
Collaboration