Rayons des archives consacrées à la colonisation de l'Algérie aux Archives Nationales (Aix-en-Provence)
Rayons des archives consacrées à la colonisation de l'Algérie aux Archives Nationales (Aix-en-Provence) - Laurent MAOUS/Gamma-Rapho
Rayons des archives consacrées à la colonisation de l'Algérie aux Archives Nationales (Aix-en-Provence) - Laurent MAOUS/Gamma-Rapho
Rayons des archives consacrées à la colonisation de l'Algérie aux Archives Nationales (Aix-en-Provence) - Laurent MAOUS/Gamma-Rapho
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France / Algérie ou la difficile réconciliation des mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie

Avec
  • Karima Lazali
  • Akram Belkaïd Essayiste et journaliste au Monde Diplomatique.
  • Raphaëlle Branche Professeure d’histoire contemporaine à l’université de Paris-Nanterre

Benjamin Stora a remis mardi 19 janvier un rapport qui vise à réconcilier « l_es mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie_» à Emmanuel Macron qui en a fait un enjeu important de son quinquennat. Mais, comme on vient de l’entendre avec les différents présidents français depuis Jacques Chirac auxquels répondaient ici les présidents algériens Abdelaziz Bouteflika et Abdelmadjid Tebboune, la démarche est ancienne, et bute sur la question des excuses et de la repentance.

Fort de plusieurs décennies de travaux sur ce sujet qu’il a mis à l’agenda du débat public dès 1991 avec son livre La Gangrène et l'Oubli, Benjamin Stora en connait tous les pièges, et tente dans ce rapport de les déjouer. Car, dit-il c’est une mémoire complexe, instrumentalisée, « communautarisée » et qui ouvre à beaucoup de « fantasmes ». L’enjeu est à la fois diplomatique et identitaire, historique et politique… il pose nécessairement la question de savoir à qui on s’adresse, s’il est possible d’œuvrer « en même temps » des deux côtés de la Méditerranée et au sein des différents groupes.

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On comprend bien qu’il est alors très difficile de s’extraire de la question des excuses. Peut-on dans ce cas affirmer comme Benjamin Stora que « La repentance est un piège politique » ?

Je pense que politiquement ce n'est pas une question qui nous fera avancer beaucoup... La question de la repentance telle qu'elle a été posée en France, à propos de la guerre d'Algérie et de la colonisation, nous enferme dans une forme de piège qui évite les questions principales autour de ce qui s'est vraiment passé et de ce qu'on peut faire aujourd'hui et demain de ce passé. - Raphaëlle Branche

De manière officielle, si ce n'est les paroles récentes du président Tebboune, il n'y a jamais eu une exigence officielle, côté algérien, d'excuses... Les revendications algériennes étaient plus d'ordre politique, portaient plus sur les questions de mettre un cadre général entre les deux pays... C'est un débat franco-français qui a fini par déborder en Algérie. - Akram Belkaïd

A qui s'adresse les excuses ? Je ne suis pas sûre que ça s'adresse à l'Algérie. (...). La colonisation ne concerne pas uniquement les Algériens (les Algériens en Algérie, les immigrés, les harkis, les pieds-noirs)... C'est un débat autour de la responsabilité dans cette histoire : comment assume-ton une responsabilité face à cet épisode dramatique de l'histoire et pour qui l'assume-t-on ? - Karima Lazali