Des jeunes, stupéfaits, devant l'un des feux qui ont ravagé l'île grecque d'Eubée en août 2021 ©AFP - ANGELOS TZORTZINIS
Des jeunes, stupéfaits, devant l'un des feux qui ont ravagé l'île grecque d'Eubée en août 2021 ©AFP - ANGELOS TZORTZINIS
Des jeunes, stupéfaits, devant l'un des feux qui ont ravagé l'île grecque d'Eubée en août 2021 ©AFP - ANGELOS TZORTZINIS
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Résumé

Alors que la COP26 vient de s’ouvrir, certains chercheurs pensent qu’il est nécessaire de partager sa peur et sa colère afin que citoyens et gouvernants prennent pleinement conscience du désastre qui nous menace. Un chercheur peut-il abandonner sa neutralité et montrer ses émotions ?

avec :

Guillaume Carbou (Maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université de Bordeaux–IUT GACO Agen, membre de L'Atelier d’écologie politique (Atécopol)), Françoise Waquet (Historienne, directrice de recherche au CNRS, autrice d'« Une histoire émotionnelle du savoir XVIIe-XXIe siècle » (CNRS éditions, 2019)), François-Marie Bréon (Physicien-climatologue, chercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, un des laboratoires de l'Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), président de L'Association française pour l'information scientifique (Afis)).

En savoir plus

"Lorsque l’avenir de l’humanité et d’une grande partie du vivant est en jeu (...) comment ne pas avoir envie de crier « J'ai peur et je voudrais que tout le monde prenne conscience de ce qui nous attend si nous continuons ainsi ? »"

Cette phrase est extraite d’une tribune publiée en juillet dernier dans Libération, et qui posait clairement cette question des scientifiques et de leurs émotions. Alors que la COP26 se tient  à Glasgow, nous ouvrons ce soir le débat sur le rôle, la place et les mots de ceux qui sont aux premières loges : est-il possible de rester neutre lorsque l’on travaille sur la catastrophe ? L’alerte résonne-t-elle davantage sur le registre de la colère ou de la peur ? Un chercheur perd-il sa légitimité, s’éloigne-t-il de l’ idéal d’objectivité, s’il dit qu’il est effrayé ?  

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L’émotion pousse-t-elle à l’action ? Et toutes ces questions se posent-elles de manière spécifique lorsqu’il s’agit d’urgence climatique ?

Pour ce débat, Chloë Cambreling reçoit Guillaume Carbou, maître de conférences en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université de Bordeaux, François-Marie Bréon, physicien-climatologue et chercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement et Françoise Waquet, historienne, directrice de recherche au CNRS.

"Cette tribune s'inscrit dans une logique relativement classique chez les scientifiques, une logique d'alerte, en l'occurrence, d'alerte sur l'état de la planète. Cette tribune démarrait du constat qu'il y a quand même des limites à l'exposé simplement froid, à base de graphiques, de chiffres, de courbes du désastre environnemental en cours parce qu'il n'est pas forcément mobilisateur" Guillaume Carbou

"Effectivement, au moment où on rédige le rapport (du GIEC), on essaie d'avoir un langage le plus scientifique possible, le plus neutre possible parce qu'on estime que c'est le rôle du scientifique. Son rôle n'est pas de prendre des décisions, d'encourager mais il est là pour donner les éléments, permettant au politique de prendre les décisions. Je pense qu'il est très important de bien séparer les rôles" François-Marie Bréon

"Depuis les années centrales du XIXème siècle, le chercheur scientifique a été formé, dressé à avoir quand il écrit une neutralité de fait, l'écriture scientifique telle qu'elle est normée est une écriture absolument neutre, simplement par le fait qu'on ne s'exprime pas à la première personne. La science se fait, on ne la fait pas" Françoise Waquet

12 min
Références

L'équipe

Baille Rémi
Collaboration
Sarah Marx
Collaboration
Fanny Richez
Collaboration
Louise André
Réalisation
Mathias Mégy
Collaboration